LIME - communauté d'affaires rafraîchissante

Les groupes LinkedIn: qu’est-ce que ça rapporte?

par LIME - communauté d'affaires rafraîchissante, le 31 mars 2015


Avez-vous un groupe LinkedIn ou avez-vous déjà envisagé d'en créer un? Si vous vous adressez à des professionnels ou à des gens d'affaires, un groupe LinkedIn pourrait vous aider à accroître votre visibilité, à condition d'avoir une stratégie qui s'aligne sur vos objectifs. Il pourrait même contribuer à réduire votre boite de courriel... sous certaines conditions.

Qu'est-ce qu'un groupe LinkedIn?

Si vous êtes familier avec le concept de forums de discussion, ou plus concrètement les groupes Facebook ou les communautés Google+, vous avez sans doute une petite idée de ce que sont les groupes sur le réseau social professionnel le plus important au monde sur Internet. Ce qui différencie les groupes LinkedIn de ceux des autres plateformes, c’est leur vocation et leur clientèle. Personnellement, je distingue nettement les rôles des communautés Google+ et mes groupes LinkedIn.

Pourquoi avoir un groupe LinkedIn?

J'utilise les groupes LinkedIn depuis presque le début de mes activités, y ayant flairé le potentiel d'affaires. Vous en doutez? Vous avez en partie raison, surtout si vous pensez que les groupes vont directement augmenter vos ventes. Si c'est ce que vous pensiez faire dès le départ, oubliez ça. Les groupes sont faits pour autre chose. Sont-ils pour autant une perte de temps?

Pourquoi les gens joignent-ils un groupe?

Quand quelqu'un décide de joindre un groupe LinkedIn, il y a forcément une raison. Certaines entreprises, incluant les associations, font le pari qu'en créant un groupe à leur nom, celui-ci fera croître leur visibilité. C'est possible, et il faudra leur demander si c'est ce que vous pensiez faire. Moi j'ai choisi une autre formule.

Trois types de groupes LinkedIn

Sur mon blogue personnel, il y a deux ans, j'avais présenté une typologie des groupes LinkedIn: les groupes identitaires, les groupes d'intérêts communs ou thématiques, et les groupes fonctionnels. Évidemment, un même groupe peut appartenir à plusieurs catégories. Des exemples?

Le groupe identitaire

Un excellent exemple de groupe identitaire est celui d'une école, d'une association professionnelle ou même d'une entreprise. Les gens qui choisissent de joindre ces groupes ont, du moins pour la majorité, une affiliation ou une affinité avec le nom de l'entité, et ils en sont sans doute très fiers. Ils seront d'ailleurs très heureux d'afficher le logo du groupe sur leur profil LinkedIn.

Un autre exemple dans cette catégorie est le groupe basé sur le territoire géographique. Le groupe Linked Québec - Régions intègre plusieurs sous-groupes au nombre de régions administratives de la province. Lorsque quelqu'un joint un sous-groupe régional, c'est qu'il souhaite généralement afficher son appartenance à son coin de pays.

Enfin, certaines personnes pourraient joindre un groupe associé au nom d'une entreprise ou d'un organisme qu'ils souhaitent encourager (pour lui faire de la publicité), s'il s'agit d'une «jeune pousse» (communément appelée startup) ou de l'entreprise d'une personne de leur entourage. Même chose pour ceux qui souhaitent joindre des groupes qui sont associés à des noms prestigieux, des entreprises qui leur ressemblent ou les inspirent.

Le groupe thématique

Les groupes d'associations professionnelles sont à cheval entre le groupe identitaire et le groupe que j'appellerai thématique pour simplifier les choses. Ces groupes visent avant tout à créer un lieu d'échange entre des personnes qui s'intéressent à un sujet en particulier. Un groupe nommé simplement Gestion de projets en petites entreprises pourrait intéresser toutes les personnes qui s'intéressent à ce sujet, ou qui souhaitent rencontrer des gens qui ont cet intérêt.

À vocation hybride, le groupe d'une association de professionnelle dans un domaine en particulier peut intéresser à la fois ses membres en règle que d'autres personnes simplement curieuses, intriguées ou intéressées par le sujet. Ce peut d'ailleurs être très bénéfique pour faire connaître l'association. Le groupe LinkedIn de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (OCRHA), par exemple, affiche près de 17 000 membres, ce qui dépasse largement sa communauté adhérente (9500 selon son site web).

Le groupe fonctionnel

Le dernier type de groupe est celui qui vise un usage bien précis, plus limité et plus « concret », si l'on veut. Souvent réservés aux membres, voire privés, les groupes fonctionnels peuvent servir à regrouper des gens qui ont une raison bien précise de se retrouver ensemble. Ces petits groupes ont généralement une portée restreinte, et les critères de sélection peuvent être très rigoureux.

Par exemple, certains groupes peuvent être créés lors d'évènements pour regrouper les gens qui étaient sur place ou qui sont inscrits, de sorte de créer un esprit de communauté plus fort. Dans ce groupe, les membres pourraient recevoir des informations exclusives, et pouvoir s'adresser aux autres membres de manière plus personnelle. La discussion pourrait y être plus informelle aussi. Le fait que les groupes soient privés contribue à créer cette « aura » de faire partie des privilégiés ou le sentiment d'être une personne importante (VIP).

D'autre part, les groupes de cette catégorie peuvent tout simplement servir à améliorer la circulation de l'information à l'intérieur d'une équipe, particulièrement si les membres de l'équipe en question sont isolés. La création du groupe leur permet de réduire le nombre de courriels et concentrer l'information à un seul endroit. Certaines personnes utilisent d'ailleurs des groupes Facebook ou des communautés Google+ pour les mêmes fins.

Je reviendrai à ce sujet à la fin de l'article.

Tirer profit d'un groupe LinkedIn

Que pouvez-vous faire avec un groupe LinkedIn? Vous pouvez, entre autres:

  • rejoindre une grande quantité de gens captifs;
  • créer un esprit de communauté autour de votre sujet ou de votre marque;
  • dynamiser les échanges et favoriser le partage d'information.

En quoi ceci vous concerne? D'abord et avant tout, pour le premier point. Il est très facile de rejoindre les gens qui sont de facto intéressés par ce que vous avez à leur dire. Bien sûr, vous pouvez vous adresser à vos « fans » sur Facebook ou vos abonnés sur Twitter, et même dans le fil d'actualité de LinkedIn. Le hic, c'est que si vous vous adressez à des gens d'affaires, en particulier aux chefs d'entreprise, vous risquez tout simplement de les manquer.

Rejoindre les chefs d'entreprise?

Le sondage réalisé par Influide et Niviti à l'été 2013 révèle que les chefs d'entreprise utilisent très peu Twitter et, même si une bonne partie des vont se connecter à Facebook plusieurs fois par jour, ils vont le faire à différents moment de la journée, sans routine particulière. De plus, vous savez probablement que Facebook a limité la diffusion des messages pour vous inciter à payer. Mauvaise stratégie pour atteindre des décideurs selon moi.

Pour ce qui est du fil d'actualité LinkedIn, vous pouvez bien publier vos informations le matin, puisqu'une bonne partie (15%) des répondants au sondage ont dit se connecter tôt le matin seulement. Mais voilà, par expérience, les informations qui défilent sur LinkedIn se « perdent » souvent dans la brume. Faites le test : descendez votre fil jusqu'à un certain point, puis rafraîchissez la page de votre navigateur. Vous constaterez que les informations auront probablement changé de place, et que certaines auront peut-être même disparu. Conclusion: le fil d'actualité de LinkedIn est aussi une option peu fiable.

L'avantage du groupe LinkedIn, c'est qu'en plus d'être sur une plateforme professionnelle, l'information qui s'y trouve reste au même endroit. Son côté sérieux fait de lui le média social le plus répandu chez les entrepreneurs et les dirigeants d'entreprise au Québec. Ceux-ci utilisent encore peu les groupes en tant que tel, je dois l'admettre, mais une chose est sûre, à chaque fois que vous démarrez une discussion ou écrivez un commentaire dans un groupe ouvert, cette intervention est visible dans le fil d'actualité des personnes qui vous suivent aussi. Logiquement, si vous lancez vos discussions très tôt le matin, vous aurez plus de chance d'être vu.

Personnellement, c'est d'abord en amorçant une relation virtuelle avec des gens d'affaires qui travaillent pour des entreprises que j'avais identifiées comme clients potentiels que j'ai pu créer une situation favorable à une éventuelle rencontre en chair et en os. J'en ai rencontré quelques uns dans d'autres groupes, et je les ai invités à joindre les miens pour les intéresser davantage.

Rejoindre les gens les plus intéressés

Les gens qui joignent un groupe LinkedIn le font d'abord par intérêt professionnel et non par pur plaisir. Dans le groupe Communications internes – Communication dans les organisations que j'ai créé en 2011 et qui compte aujourd'hui plus de 750 membres, j'ai eu l'occasion d'en sonder une trentaine par téléphone, et la grande majorité d'entre eux m'ont dit que c'est pour s'informer et suivre les tendances dans le domaine qu'ils l'ont fait. Dans ce groupe, plusieurs partagent des articles, d'autres posent des questions, demandent des conseils, etc. Parfois les discussions sont d'ordre technique (« quelle est la différence entre un intranet et un réseau social d'entreprise?»), d'autres stratégiques («quelles sont vos expériences avec un bulletin interne?») ou même philosophique («jusqu'à quel point la communication interne est-elle distincte de la communication externe?»).

L'intérêt que j'ai pour ce groupe, c'est que je peux facilement informer ces gens d'une activité qui s'adressera à eux en particulier. Dans un autre groupe, appelé Gestion stratégique de l'Information, j'ai déplacé 25 personnes un 14 décembre, à seulement 10 jours d'avis. Pourquoi des gens sont venus? Parce que ce sont des passionnés, et qu'ils avaient soif de rencontrer d'autres personnes qui partagent le même intérêt. L'activité s'est d'ailleurs renouvelée l'année suivante. De plus, pour créer une sentiment de communauté plus serré, j'ai créé deux sous-groupes pour les participants aux rencontres (oui, c'est exactement ça, des groupes fonctionnels!).

Réduire les courriels et centraliser l'information... jusqu'à un certain point

Lorsqu'il s'agit d'utiliser les groupes pour des fins pratiques (groupe fonctionnel) et non pour la promotion ou votre visibilité, la décision d'utiliser un groupe dans LinkedIn pour concentrer toute l'information au même endroit peut être une option alléchante. En effet, vous pouvez effectivement réduire la quantité de courriels puisque la discussion que vous auriez par courriels superposés, en plusieurs copies (et tout le casse-tête qui vient avec), se retrouvera en une seule copie, à un seul endroit. En revanche, il faut considérer au moins deux choses: votre aisance avec l'interface et la valeur de l'information que vous y échangez.

Votre aisance avec l'interface

La convivialité de la plateforme est au cœur de votre expérience d'utilisateur et ceux des autres personnes qui participeront aux discussions. Honnêtement, je trouve que LinkedIn regroupe assez mal l'information (dans son interface en général), et la recherche par mots-clés aurait avantage à être améliorée, car il faut souvent utiliser des mots-clés précis, contrairement à Google. Ça flanche parfois aussi. En revanche, je trouve qu'un groupe LinkedIn un bon outil pour recevoir un résumé des discussions qui ont été abordés dans le groupe durant la journée ou la semaine dans un seul courriel, et le fait que chacun puisse définir la fréquence de réception des courriels me plait bien. Voilà une option qui m'a semblé moins évidente avec Google+, duquel on reçoit une copie de tous les messages publiés dans la communauté au fur et à mesure par défaut. Ça génère alors plus de courriels.

La valeur de l'information

Votre choix dépend aussi de ce que vous souhaitez faire avec l'information qui se trouve dans votre groupe. Il serait sage de déterminer d'abord quel sera le type d'information que vous pouvez vous permettre de diffuser sur cette plateforme. Un groupe pourrait être un bon départ si vous êtes dans l'attente d'un véritable outil de collaboration qui convient à vos besoins. En revanche, il sera plus prudent de quitter la plateforme et de faire une copie de l'information importante lorsque votre projet avancera, à la fois pour des fins pratiques que de sécurité de l'information.

En effet, si un groupe LinkedIn (ou Facebook, etc.) peut être très pratique pour limiter les envois d'e-mails, gardez à l'esprit que l'information qui est dans LinkedIn appartient à LinkedIn. Si la plateforme cesse de fonctionner ou détruit vos données par erreur, vos recours sont à peu près nuls contre ce géant, même avec les meilleures intentions du monde.

De plus, assurez-vous que les discussions soient exemptes de données de nature confidentielles. Chaque plateforme a ses failles, et même si votre groupe est présumé « privé », vous êtes toujours à la merci des malfaiteurs (hackers et compagnie) surtout dans les plateformes les plus populaires comme LinkedIn.

Conclusion

Les groupes LinkedIn peuvent être une source d'intérêt pour vous, que vous soyez entrepreneur, responsable des communications ou du marketing, ou même chef de projet, par exemple. Ils peuvent vous permettre d'accroître votre visibilité en créant un esprit de communauté autour d'un sujet auquel vous vous identifiez ou simplement pou faire connaître votre marque.

Ce sont aussi de bons dépanneurs pour gérer de l'information éphémère et secondaire, et peut être une alternative (comme une autre) au courriel pour la communication à l'intérieur d'une équipe interne ou même un groupe d'affaires.

Je vous ai ici fait part de mon expérience personnelle avec différents groupes, à titre de propriétaire et d'administrateur, et surtout parce que ce sujet est plus rarement abordé. Si vous avez des questions par rapport à mon expérience, il me fera plaisir d'y répondre.

Ceci étant dit, je me considère comme un utilisateur avancé, plutôt qu'un spécialiste de LinkedIn. Pour en savoir plus sur LinkedIn pour vos affaires, je vous conseille de consulter un expert, comme Mathieu Laferrière ou Simon Hénault, qui sont parmi les plus connus au Québec, et dont j'ai entendu beaucoup de bien.

Et vous, quelle est votre expérience?

Félix Arseneau

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À propos de l'auteur et de l'entreprise

Président d'Influide, Félix Arseneau est consultant indépendant depuis 2011. Son blogue, Trouve qui peut!, a attiré l'attention des médias, dont La Presse et Radio-Canada, pour son expertise en gestion des courriels et la gestion de l'information au travail. [email protected]

Influide est née de l'idée que, dans toute l'information qui se créé et s'accumule dans les organisations, celle qui est la plus importante pour le travail des dirigeants et leurs employés devrait être mise en valeur et circuler de manière optimale. Cette information-clé devrait être facile à retrouver, à comprendre et à utiliser par ceux qu'elle concerne.

Or, nos environnements d'information sont devenus si complexes, qu'il peut être difficile de se retrouver dans tout ce qui existe, et surtout ce qui fonctionne bien pour soi-même. Puisqu'il est rare qu'une solution unique fonctionne pour tout le monde, il peut être long et ardu de trouver les ressources ou des stratégies pour améliorer les choses, tant du point de vue technologique, méthodologique qu'humain.

Influide simplifie la vie des décideurs dans le choix des solutions qui s'offrent à eux pour mieux gérer leurs informations d'affaires. Grâce à une analyse précise des besoins des clients, et en tenant compte de ce qui fait leur spécificité, Influide trouve ce qui colle à leur réalité et ce qui fonctionnera pour eux. Qu'il s'agisse d'un outil, d'une meilleure pratique, ou une expertise de pointe, Influide vous offre un point de vue indépendant et neutre, biaisé uniquement en faveur de vos objectifs.

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