Lea D. Nguyen

Retour à La Base

par Lea D. Nguyen, le 2 novembre 2022


Cœur à cœur tout en transparence et en vulnérabilité, le temps d’une marche, avec Jacob Guité-St-Pierre, président et associé de l’agence LaBase.

Un rythme effréné qui s’essouffle
Alors qu’il s’apprêtait à aller prendre l’air – assidûment 3 fois par jour – Jacob s’entretient avec Le Grenier sur les raisons de son arrêt de travail de 5 mois. La cause? L’anxiété. Ce qu’il croyait être un problème de cœur s’est avéré être une crise de panique. Il nous raconte que c’est connu, l’industrie travaille beaucoup pour soutenir un rythme effréné – tout roule vite, vite, vite, tout le temps. La suite, on la connaît que trop bien. La pandémie de 2020 met tout (enfin, presque) sur pause. Les associé·es de l’agence ont alors diminué leur salaire de 15% pour tenir le fort. Malgré tout, elle perd 30% de ses revenus – ce qui lui permet d’être éligible à recevoir les subventions gouvernementales. C’est graduellement que Jacob, qui ne croyait pas qu’un jour l’anxiété le frapperait, a commencé à sombrer. Après tout, n’avait-il pas passé 8 années dans la réserve des Forces armées canadiennes? Le stress, il est capable d’en prendre, right? C’est parce qu’il croyait, à tort, qu’anxiété et stress étaient synonymes. Son cœur battait à 120 au repos, selon la batterie de tests qu’il a passée, ce qui explique la raison de son essoufflement constant. «Je sais que ça varie d’une entreprise à une autre, mais avant la pandémie, j’examinais les états financiers une fois aux 3 mois. Avec les subventions, on devait remplir les formulaires du gouvernement aux 2 semaines. Alors je me suis mis à observer (et à vivre dans) les chiffres chaque semaine pendant 1 an et demi, ce qui était très malsain», se souvient-il. Ayant reconnu son problème, le président en a parlé avec l’équipe et ensemble, ils·elles ont été chercher du renfort inégal. L’arrivée d’Andrée-Anne Martel à titre de directrice générale de l’agence a été comme une bouée de secours. C’est comme si le corps de Jacob a cessé d’être en état d’éveil, de tout prendre sur ses épaules. Enfin, il a pu prendre un arrêt temporaire, histoire de mieux souffler.

Bientôt dix ans de missions
Stratégie, création, amplification. C’est la mission que l’agence de création stratégique se donne depuis ses tout débuts. Il y a quelques années, LaBase a pris un virage en douce, et compte poursuivre sur cette lancée, maintenant qu’elle célèbrera ses 10 ans, en douce aussi, à la fin de l’année. «On fait beaucoup de partenariats avec des entreprises complémentaires à nos services, comme annexe, qui est actionnaire de LaBase», exprime Jacob. L’agence a ensuite développé des collaborations avec d’autres entreprises comme Espace M, FLAIR Stratégie, LEBLEU Communication humaine, La Grange, ZIPCOM, M&H, et Qolab, entre autres. «Personnellement, je trouve ça plus pérenne dans le développement des affaires, dit-il. Parce qu’aller dénicher des clients, ça prend de l’énergie. On peut remporter un, deux mandats. Mais les faire évoluer? Difficile. En partenariat, on a qu’à s’échanger des clients. Un partenaire peut égaler 12 clients en fin de compte.» 

Officiellement, l’équipe est composée de huit têtes. Officieusement, elle compte vingt âmes. Modèle modulaire et agile depuis toujours, l’agence bâtit ses projets autour d’un noyau de ressources expérimentées. «On travaille beaucoup avec un réseau de pigistes privilégiés. Comme les besoins diffèrent d’un client à un autre, on ne croit pas qu’une seule personne peut travailler avec tous les clients. Alors chaque semaine, on fait travailler notre équipe élargie selon les mandats.» Le réseau de contacts chez LaBase est fort. Si bien que les collaborateur·trices ne sont pas que collaborateur·trices. «Les gens ont accès au serveur et à nos outils. Notre modèle, ça a toujours été de traiter l’équipe étendue comme l’équipe, tout simplement. Donc il n’y a pas de différence que ce soit un·e salarié·e ou un·e collaborateur·trice.» Pour preuve, toute LaBase a célébré le temps des Fêtes (avant qu’on soit de nouveau confiné·es en 2021). Dix années, c’est un sérieux jalon, direz-vous. Mais l’agence ne compte pas faire beaucoup de bruit, sauf si ce n’est que de garantir que tout le monde soit béat·es. «On veut fédérer l’équipe, que ce soit pigistes, collaborateur·trices, clients et s’assurer que tout le monde est heureux·ses ensembles et avoir plus de love», contemple Jacob

En parlant de love, l’agence est en processus de revoir son actionnariat pour récompenser, en quelque sorte, les gens qui sont très importants pour l’équipe. «Pour moi, Andrée-Anne Martel, ce n’est pas juste quelqu’un qui vient nous prêter main-forte quand on a besoin d’aide. Elle est un véritable pilier qui est là pour rester. Mon souhait? Qu’elle devienne associée à LaBase. Même chose pour Nick Frost, directeur de création anglophone. Ça peut sembler drôle qu’une agence montréalaise francophone engage un rédacteur anglo, mais aujourd’hui, la moitié des gros comptes, dont pancanadiens que nous avons, c’est lui qui en supervise la création.»

Il ne suffit que de 28h
L’été dernier, LaBase a mis en place un projet pilote de semaine écourtée. «Avant, on donnait congé les vendredis pm, maintenant, on ferme carrément toute la journée. Est-ce qu’il y a vraiment quelqu’un de productif·ve un vendredi après-midi? (RIRES)», demande Jacob. Le test, qui s’étendait de l’été à l’automne, visait à voir si une semaine de 4 jours avait des enjeux avec les clients, et rectifier le tir le cas échéant. Les clients actuels ont bien pris la nouvelle. «Chaque fois, il y a la petite crainte de devoir annoncer aux nouveaux clients que les vendredis, LaBase est fermée, et chaque fois, la réponse est la même. On nous dit que "c’est ben cool"», s’enthousiasme le président. Il faut dire que la majorité des clients de LaBase a une politique de ne pas organiser de rencontre le vendredi. Car après tout, comme dirait Jacob, qui est vraiment en mode productivité un vendredi pm? Autre crainte (piège!) lors de la mise en place de ce projet pilote, était de devoir compresser 35 à 40 heures en 4 jours. «On a vite identifié ce problème malsain, ce qui a fait en sorte qu’on a décidé de diminuer la charge de travail.» Résultat? Échéanciers plus longs, demander plus de temps. Ce serait mentir de dire que c’était facile au début, mais l’humain s’adapte rapidement. LaBase fait aujourd’hui 4 jours de 7h, donc 28h par semaine, et ce, sans diminution salariale. Cette troisième journée de fin de semaine de plus, c’est précieux pour l’équipe. Pour souffler un peu.    

La transparence a toujours été de mise à l’agence. Lorsque Jacob est tombé en arrêt de travail, il était essentiel pour lui de montrer l’exemple. L’équipe doit se sentir à l’aise d’aller consulter un·e psychologue ou un·e médecin, et de prendre un arrêt de travail si c’est ce que ça prend. «Je pense que si un·e président·e d’entreprise n’est pas capable de montrer cet exemple et cette transparence-là, et bien ça tire un peu l’entreprise et le milieu vers le bas», avance-t-il. Selon lui, le bec fait un fantastique boulot, mais ça doit aussi commencer par les têtes dirigeantes de montrer que personne n’est infaillible.

Parfois, il suffit de retourner à la base, à ce qui compte vraiment. À bientôt pour les dix ans de LaBase!

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