Justine Aubry

Des sacs remplis d’empathie

par Justine Aubry, le 4 octobre 2021


Cette année, l’agence Cartier soufflait ses 30 bougies. Dans un article paru en août dernier, le Grenier aux nouvelles racontait comment Benoit Cartier, fondateur de l’agence, avait réussi à bâtir cette grande entreprise, aujourd’hui entre les mains de jeunes actionnaires dynamiques. Mais ce qu’il a accompli, Benoit Cartier le doit largement à ses associés, à qui il voulait rendre hommage dans ce papier. Ce qui ressort de notre sympathique conversation est une histoire d’empathie, de complémentarité et de vision écoresponsable, doublée d’une touchante fraternité.

«Michel Lagacé a été mon associé à part entière, la meilleure décision d’affaires que j’ai prise dans les 20 dernières années », exprime d’emblée Benoit Cartier, à peine quelques instants après le début de notre entretien.

À la suite de la parution dans nos pages de l’article soulignant les 30 ans de Cartier et la mission de ses nouveaux propriétaires, Benoit Cartier – qui a cédé les rênes de l’entreprise il y 2 ans – tenait à relever à quel point l’apport de ses anciens partenaires professionnels, le gestionnaire Michel Lagacé, et le directeur de création Jacques Delisle, a été marquant.

« Benoit est très généreux et c’est dans sa nature d’apprécier le travail de tous ses collaborateurs. Il a toujours pris le temps de remercier les gens qui l’entourent, que ce soit employés, clients, partenaires ou fournisseurs. Ils sont tous importants », relève Michel Lagacé, dont nous avons sondé la réaction face à cet hommage.

Michel, le visionnaire
« Michel est entré en 2000 comme associé. Je cherchais quelqu’un qui avait beaucoup d’empathie, explique Benoit Cartier. Il était aussi un gestionnaire hors pair, capable d’être fédérateur dans toutes les parties prenantes d’un projet. Michel avait un talent incroyable pour ça. Nous étions très complémentaires, en grande symbiose. C’était une relation d’affaires exceptionnelle. »

« Quelle belle relation d’associés et d’amis nous avons eue. Une relation exceptionnelle, en effet, renchérit Michel Lagacé. Oui, nous avons eu quelques différends, mais très peu, car nous avons été pratiquement toujours d’accord avec les décisions de l’un ou de l’autre. Notre relation a toujours été basée sur le respect et la transparence. »

Travaillant et passionné, Michel Lagacé voit venir les tendances avant qu’elles ne surviennent. Benoit Cartier le décrit comme un homme visionnaire, qui trouvait toujours des solutions à tout. Il ne tarit pas d’éloges envers son ancien associé, à qui l’on doit notamment l’implantation des sacs réutilisables en épicerie.

Michel Lagacé

Petite histoire de sacs
« C’est lui qui a lancé le mouvement au Canada, autour de 2008. À l’époque, on avait comme client Consignaction. Il voulait augmenter le pourcentage de contenants consignés qui étaient ramenés à l’épicerie par les gens. Michel s’est aperçu que le frein important était le transport des contenants. Les gens disaient que ça coulait partout dans leur voiture, et décidaient de jeter plutôt que de consigner », explique Benoit.

Le visionnaire décide alors de faire un test, et pense à un sac 100 % fait de matières recyclées, et lui-même complètement recyclable. Le résultat dépasse les attentes : les gens se mettent à ramener les contenants à l’épicerie en grand nombre.

Mais le gestionnaire n’allait certainement pas s’arrêter là. « Michel a décidé de convaincre les détaillants d’épiceries de passer le message à leurs consommateurs d’amener ces sacs-là pour faire leurs achats. Mais les gens nous fermaient des portes au départ. Pour ces personnes, ce n’était pas concevable qu’un consommateur amène ses propres sacs à l’épicerie. »

« C’était un partenariat très complexe à réaliser, se souvient Michel Lagacé. Puisqu’il y avait plusieurs intervenants (Recyc-Québec et Boissons Gazeuses Environnement, notamment). Benoit et moi, nous croyions tellement au projet et à l’environnement que nous avons investi beaucoup de temps, d’énergie, et d’argent dans son développement. Nous étions convaincus que les consommateurs étaient prêts à embarquer. Beaucoup d’entreprises parlaient d’environnement, mais personne ne mettait en place des actions concrètes. »

Jadis timidement présent en Europe, le mouvement des sacs recyclables en était encore à ses premiers balbutiements. Au Québec et au Canada, le concept était jugé trop « innovateur », les décideurs jugeant que « le consommateur n’était pas prêt ».

« Serge Boulanger de Metro avait déjà en tête un projet de ce type et était aussi visionnaire. Il a été le premier à accepter et on a lancé l’initiative chez Metro. En 7 jours, 700 000 sacs ont été vendus. Le mouvement était parti ! », se rappelle Benoit Cartier.

En 2012, le ministre du Développement durable et de l’Environnement, Pierre Arcand, annonçait que les Québécois.es avaient réduit de 52 % leur utilisation des sacs de plastique, et ce, dès 2010. Une nouvelle qui a dû rendre particulièrement fière l’équipe de Cartier, tout comme celle de Recyc-Québec.

Jacques, le génie dans l’ombre
Benoit Cartier n’a que de bons mots pour son ancien collègue. Illustrateur de grand talent, Jacques Delisle est propriétaire du studio 2 + 2, plus vieille boîte de graphiste au Québec, lorsqu’il se joint à Benoit et l’équipe de Cartier. Le créateur derrière de nombreux logos emblématiques tels que ceux de la Lotto 6/49 ou des Rôtisseries St-Hubert, est un homme humble et humain, qui ne cherche pas le spotlight. Jacques Delisle est aussi l’artiste de talent derrière les affiches de films québécois « osés » de la décennie 1960, notamment le film culte Valérie de Denis Héroux.

« Jacques, c’est un très grand illustrateur, dit avec admiration Benoit Cartier. Je voulais collaborer avec un créateur empathique et pas seulement logique. Il a amené ça à l’équipe. Je lui ai toujours dit : tant que tu veux travailler, tu vas travailler ! »

Graphiste et directeur de création au sein de Cartier, Jacques Delisle demeure dans l’ombre, jamais flamboyant, mais non moins talentueux. « Il a participé à plusieurs de nos plus grosses campagnes. Il avait l’art de faire de superbes maquettes et des concepts boards qui étaient hallucinants. »

Jacques Delisle a pris sa retraite de l’agence à l’âge de 70 ans, il y a environ une dizaine d’années.

Jacques Delisle

Benoit, le patron reconnaissant
Benoit Cartier, qui dit avoir « géré sa business comme un père de famille », a confiance que la mission qu’il a mise en place il y a plus de vingt ans avec ses chers collègues perdurera encore longtemps.

« Les nouveaux associés ont réussi à véhiculer les valeurs intrinsèques de l’agence. Ils font un super beau travail de création, rempli d’empathie. Je suis content que ça fasse encore partie de l’ADN de Cartier. La COVID a éloigné les gens, mais je suis persuadé que le côté humain va encore perdurer dans le temps », conclut le fondateur.

« Un des objectifs de Benoit et moi était d’assurer la pérennité de l’entreprise, ajoute Michel Lagacé. Notre objectif est atteint, car aujourd’hui Cartier a trente ans, et est toujours une entreprise entièrement québécoise, avec maintenant quatre excellents associés qui vont voir à la poursuite de sa croissance. Mission accomplie. »  

Benoit Cartier


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