Lea D. Nguyen

Confinement et détresse: on discute avec le BEC

par Lea D. Nguyen, le 9 avril 2020


En raison de la pandémie actuelle, des mesures gouvernementales ont été prises pour freiner la propagation du virus. En plus de générer de grandes inquiétudes, les routines et les habitudes de vie sont grandement chamboulées : distanciation sociale, confinement, perte d’emploi, baisse de revenus, télétravail avec les enfants en background… On a même fait le tour de l’industrie afin de savoir ce qu’elle fait pour briser l’isolement social. Certains parlent même de « performer sa quarantaine ». Faire son propre pain, s’entraîner à outrance, concocter du café Dalgona, ce fameux café fouetté devenu viral sur TikTok, Instagram et au-delà : la culture de performance s’est-elle invitée dans notre confinement ? En ces temps incertains, une multitude d’émotions sont au rendez-vous. Entre peur, anxiété, déprime, frustration et solitude, il est normal de ressentir ces émotions selon le site de L’Ordre des psychologues du Québec. Le Grenier est allé à la rencontre du Bénévolat d’entraide aux communicateurs pour connaître l’impact psychologique de la crise sur les gens de l’industrie.

Comment va le bec ?

Gestionnaire au bec, Anaïs Le Bourdon nous donne le pouls de l’industrie et, évidemment, du bec. L’organisme va bien, mais ses revenus, comme beaucoup d’entreprises, ont été touchés. Bec Média, qui constitue 80 % de son financement, a sévèrement été affecté. Plusieurs levées de fonds ont également été annulées, dont son plus gros événement, le Bal en noir, qui devait avoir lieu le 14 mai prochain.
« C’est quand même une grosse perte pour nous, mais on regarde un peu comment on pourrait faire pour être créatif et lever des fonds d’une manière différente », nous dit Anaïs. Même si l’organisme ne va pas trop bien financièrement, elle nous confirme que le bec se concentre actuellement sur la crise afin d’aider un maximum de personnes. C’est sa mission première.

Anaïs Le Bourdon
Anaïs Le Bourdon, gestionnaire, bec

Le bec est là pour vous

Normalement, le bec offre une panoplie d’aide sur divers sujets, mais dans le contexte actuel, l’organisme a identifié trois types d’aides pour l’industrie : la santé mentale, la santé financière, et le soutien à l’emploi. « Les gens peuvent nous appeler à notre ligne d’aide 24 h/24, 7 j/7. Les rencontres avec un psychologue peuvent se faire par Zoom, Skype, téléphone, etc. On s’est adapté à la situation, nous mentionne Anaïs. Les psychologues sont disponibles, que ce soit pour parler d’anxiété, de la gestion du télétravail avec les enfants, etc. ». « Le second point est le conseil financier, poursuit Anaïs. Pour aider les personnes qui ont eu une perte de revenus, ou encore des pigistes qui ont perdu beaucoup de contrats, on peut les aider à remplir une demande de prestations d’assurance-emploi, gérer un budget pour l’après-crise et ainsi de suite ». Le bec vient également en aide aux personnes souhaitant refaire leur CV et les accompagner pour trouver une stratégie d’orientation de carrière s’il y a lieu.

Par le biais de sa plateforme, et en collaboration avec son partenaire Lifespeak, l’organisme met à la disposition des internautes une bibliothèque de vidéos préventives sur une pléthore de sujets, comme comment gérer son couple en période de confinement ou comment gérer son anxiété. « Tous les mois, il y a des sessions “demandez à un expert”. La prochaine, qui se concentrera sur le budget, aura lieu le 23 avril. Les gens peuvent poser des questions et les experts leur répondent », déclare Anaïs.

Comment va l’industrie ?

Pour connaître les principaux enjeux de l’industrie présentement, le bec envoie un questionnaire toutes les semaines. « Pour l’instant, ce qui ressort, c’est la santé mentale. C’est la première chose pour laquelle les gens ont besoin d’aide en ce moment », affirme Anaïs. La solitude y est pour quelque chose aussi. « Il y a beaucoup de personnes qui vivent seules. On m’a rapporté que c’était très difficile pour les gens qui vivent seuls et les gens qui doivent travailler avec leurs enfants ».

Anaïs nous mentionne toutefois que les statistiques des deux dernières semaines n’ont pas révélé d’augmentation de détresse extraordinaire. « On l’explique parce que les gens essayaient de gérer les enfants et la situation et n’ont pas eu le temps de se poser. C’est maintenant qu’ils ont besoin de parler à quelqu’un. Avec le long week-end de Pâques qui s’en vient, les gens ne pourront pas aller voir leur famille et ce sera de plus en plus difficile. On est une industrie sociale, extravertie. Au fil des semaines, le confinement va grandement impacter la santé mentale de nos collègues », conclut Anaïs.

Si vous avez besoin d’une aide gratuite et confidentielle, le bec est au bout du fil 1 888 355 5548 ou ici.

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