Richard Leclerc (Publici-Terre)

Des fondations qui se substituent aux gouvernements?

par Richard Leclerc (Publici-Terre), le 14 novembre 2014


J’ai connu André Chagnon, alors président de Télécâble Vidéotron, au milieu des années 70. J’étais alors un jeune qui payait ses études en travaillant pour le Service des Loisirs de Brossard. J’avais créé le Loisard (pour Loisirs de Brossard), la brochure trimestrielle avec toutes les activités offertes.

Pour en financer la production et la distribution, j’avais demandé à mon patron, André Montpetit, de vendre de l’espace publicitaire et Pierre Hébert, vice-président marketing de Télécâble, m’avait acheté la couverture arrière. Puis, il m’a demandé un jour si je pouvais faire les dépliants, les messages radio et tout le reste des communications de cette entreprise qui a racheté Câblevision national avant de devenir Vidéotron et d’acheter TVA. Puis, en vendant cet empire à Quebecor, André Chagnon créa la Fondation Lucie et André Chagnon, qui porte son nom et celui de sa défunte épouse, administrée par leur fils Claude, avec qui j’ai aussi travaillé au journal des employés de Télécâble Vidéotron.

Il n’est pas le seul à avoir agi ainsi. Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil, a créé One Drop en 2007, pour que tous aient accès à l’eau sur notre belle planète bleue. Jean Coutu a sa Fondation Marcelle et Jean Coutu, Maurice Tanguay, d’Ameublement Tanguay aussi. Et c’est également comme ça ailleurs… avec la Bill & Melinda Gates foundation, ce couple multimilliardaire s’attaque à réduire la misère et les mauvaises conditions sanitaires dans les pays en développement et à combler les failles du système éducatif américain… mais, ne serait-ce pas aux gouvernements de s’occuper de ces sujets? C’est à se demander si ces personnalités du monde des affaires font confiance aux gouvernements. Car finalement, en créant ces fondations et en mettant à l’abri une partie de l’impôt à payer, ils se substituent de plus en plus aux états pour faire à leur place ce qu’ils jugent impératif de faire. Voici donc pour l’aspect éditorial.

Ces grandes fondations communiquent donc plus directement avec les bénéficiaires ou les publics ciblés, sans tous les filtres, parfois fort complexes, des ministères. La Fondation Chagnon le fait par ailleurs très bien. Encore récemment, avec la campagne annuelle de Naître et Grandir portant sur le thème des habiletés sociales des enfants âgés de 0 à 5 ans, réalisée par Cossette, la fondation touche le cœur du problème de l’intégration sociale, mais surtout le cœur des parents qui ont un rôle essentiel à jouer. Puis, comme le public est de plus en plus cynique devant les gestes de certains gouvernements qui coupent à gauche et à droite en santé et dans les programmes sociaux, peut-être est-il préférable de signer Fondation Lucie et André Chagnon que Québec-drapeau?

Les entreprises commerciales adoptent également de plus en plus de causes pour se différencier de leurs concurrents. Comme Benetton l’avait fait dans les années 80 pour contrer le racisme avec ce slogan, qui est devenu la marque, United Colors of Benetton, puis dans les années 90 avec la lutte au VIH et aujourd’hui encore avec sa fondation UNHATE, verrons-nous une croissance de la communication commerciale réalisée par des entreprises ou leurs (ex-)patrons qui créent des fondations pour adopter une cause? La réponse est oui!

Causes? Toujours
Richard Leclerc, concepteur-réalisateur


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