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Christine Vilcocq, directrice générale, La Traversée
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On ne croise qu’une Christine dans sa vie, et ça on le comprend à la minute qu’on la rencontre. Dans sa tête, ça va vite : elle voit tout, elle comprend tout, elle relie tout. Elle ne fait semblant de rien : Christine, c’est une brute de décoffrage toute en délicatesse. Elle est entière. Elle est extrêmement drôle. Elle est ultra brillante. Quand on la côtoie, on sent immédiatement qu’elle appelle en nous le meilleur. Ça nous élève. Le travail qu’elle fait à La Traversée est colossal. C’est pour lui et pour l’ensemble de son œuvre que l’équipe de l’agence Bob trouvait pertinent de la mettre à l’honneur comme Femme inspirante. Et parce qu’on souhaite toutes secrètement être une Christine quand on sera grande…
-Agence Bob
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Quel est le meilleur conseil qu’on t’aie donné ? « Ne dépends jamais financièrement de personne ».

Quel conseil donnerais-tu à la relève ? « Reste pas dans une job de m#$@&%rde, ça ne s’arrangera pas ».

Quel est le plus grand risque que tu as pris ? Quitter la France, mes fils, mes ami·es pour immigrer au Canada.

Qu’est-ce qui t’inspire ? Le courage et la loyauté.

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1968 – 1993 : La littérature pour radeau
J’ai poussé dans une banlieue sinistrée et une famille dysfonctionnelle. Pour passer à travers ces années moches, j’ai lu de 5 à 10 bouquins par semaine pendant 10 ans. Et j’ai commencé à travailler dès 18 ans. J’ai tout de suite aimé travailler, je me sentais utile et valorisée. Après plusieurs boulots sans intérêt, j’ai compris que ça ne me mènerait nulle part. Alors, tout en travaillant, j’ai repris mes études.

1994 – 2009 : Les années « tech »
Diplômée en Communications, j’entre dans une petite boîte qui va commercialiser un nouveau truc inconnu : ça s’appelle Internet et je trouve ça incroyable. J’y ai plongé pendant 10 ans, jusqu’à devenir VP Communication de British Telecom, cofondant au passage deux startups. Puis, je me suis ennuyée.

2010 – 2016 : Le sens de la vie
Alors je suis retournée aux études et devenue gérontologue. J’ai créé et dirigé un centre de recherche sur la longévité humaine. J’aime les aînés : ils sont à ce moment de la vie où l’authenticité est full présente. Tu veux du vrai ? Jase avec un·e aîné·e. En 2013, envie de changer d’air. Erreur de parcours. Je suis coincée à Paris où, à 48 ans, t’es trop vieille pour retrouver du travail.

2017 – 2026 : L’appel du grand Nord
Un ami gériatre à Montréal me propose de venir le rejoindre pour développer un centre d’excellence. Je ne connais pas le Québec, je n’y ai aucune attache : je plaque tout et me dis qu’au pire, je ne serais qu’à un billet d’avion d’un retour de Paris. Je ne suis plus retournée en France pendant 8 ans.

Depuis mon arrivée au Québec, je suis à la croisée de la direction d’organisations, de la transformation des pratiques et des enjeux humains complexes. Le fait d’avoir travaillé dans des univers très différents, privé, communautaire et institutionnel, m’a permis de m’adapter. Pas sans douleur ni erreur, cela dit.

J’ai rejoint La Traversée en 2022 au poste de directrice générale, pour un dernier projet professionnel qui rejoint mon histoire familiale. Enfant, ma mère a été victime de violence sexuelle : si elle avait reçu des soins comme ceux prodigués par La Traversée, elle ne serait pas morte à 48 ans.

Aux côtés d’une équipe phénoménale, j’évolue dans un univers exigeant, mais aligné avec ce qui me motive : faire vivre ensemble la vision de mon conseil d’administration, le réel d’un écosystème politique et social mouvant et les personnes qui font que ça marche. Est-ce que c’est le fun tous les jours ? Est-ce que je réussis tous les jours ? Devine… :-D
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Curieux·se de comprendre ce que fait La Traversée? Regardez dès maintenant le documentaire Briser les murs.