Sara Larin

Le documentaire : l’art du pitch

par Sara Larin, le 26 janvier 2016


Il peut être facile d’avoir une idée de concept à produire, mais un peu plus ardu de bien la pitcher. André Barro, vice-président et producteur exécutif chez Handel Productions, nous donne ses conseils afin de mieux choisir un concept documentaire et savoir le vendre à un producteur.

UNE BONNE IDÉE?


Comment savoir si notre sujet est accrocheur?
La base, c’est l’histoire. Il faut savoir comment elle sera racontée et trouver le bon angle. L’histoire doit avoir assez de substance pour tenir le spectateur en haleine de 30 minutes à 1 heure. Si le sujet est universel, il a encore plus de chances d’être produit. De plus, présentement, la tendance en documentaire est axée sur les personnages. Les spectateurs veulent voir des histoires intéressantes qui présentent des personnages extraordinaires. Un concepteur doit prendre cela en considération lorsqu’il développe une idée en documentaire.

ARRIVER À SE FAIRE ENTENDRE


Quel est le meilleur moyen pour obtenir une rencontre avec un producteur?
Le courriel est généralement la meilleure façon. Il suffit de se présenter, de parler de son idée et d’expliquer pourquoi la maison de production choisie est la meilleure pour la produire. On peut aussi ajouter un court extrait vidéo pour appuyer notre idée. Il est également important que le concepteur soit honnête face à l’expertise réelle qu’il possède et doit la préciser. Il n’est peut-être pas en mesure de réaliser une production documentaire de 2 millions de dollars, mais peut assurer les recherches par exemple.

Quels sont les documents à préparer pour la présentation?
L’idéal est de présenter le projet sur 3-4 pages avec une courte introduction qui dit pourquoi le projet est différent et pourquoi il mérite d’être produit maintenant. De plus, il est important de mentionner sur quelle(s) chaîne(s) il pourrait être diffusé. Même si c’est le travail du producteur, cette précision démontre que le concepteur a bien réfléchi à son projet et qu’il sait à quelle cible il s’adresse.

Et comment choisir la bonne chaîne?
Tout d’abord, en regardant le contenu diffusé sur la chaîne. Il est certain que ce qui est présentement en ondes est le résultat d’une commande faite il y a 1 ou 2 ans, mais cela donne tout de même une bonne idée de ce qui est communiqué par ladite chaîne, de même que ses besoins. On peut également faire la recherche des responsables de chaînes, lors de conférences et dans des publications sur l’industrie de la télévision en documentaire, comme Play Back et RealScreen, puisqu’ils révèlent leurs besoins au grand public.

André Barro

LE PITCH


Est-ce qu’il arrive souvent qu’un concepteur vous approche pour présenter son idée?
En général, ce sont les producteurs qui approchent les concepteurs. Cela dit, il n’est pas impossible que le contraire se produise. Une personne qui présente son idée doit s’assurer de ne pas être un poids dans l’équation, mais bien une valeur ajoutée.

Lors de la rencontre, quels sont les points importants à mentionner pour attirer votre attention?
L’histoire. On l’oublie souvent, mais c’est le plus important. Il faut voir si elle est intéressante, si elle nous fait apprendre quelque chose de nouveau, si elle présente des personnages plus grands que nature. C’est la première chose que je cherche quand quelqu’un me présente un nouveau projet. Il faut également être en mesure de me résumer l’idée sur une demi-page. Cela démontre qu’on est capable de l’exprimer clairement. C’est la base d’un bon pitch.

Combien de temps est alloué aux personnes qui viennent vous rencontrer?
En vérité, après 2 minutes je sais déjà si le concept peut fonctionner ou non. Cela dit, une rencontre dure environ 30 minutes. Je peux ensuite établir si on se revoit ou non.

Qu’est-ce qui entre en ligne de compte quand vient le temps de choisir si on produit ou non une idée?
Avoir une idée est une chose, mais il faut être capable de la supporter et avoir une expertise précise pour faire avancer et aboutir le projet. Le meilleur exemple est George Brossard avec la série Insectia. Il n’avait pas d’expérience en production documentaire, mais une expertise extraordinaire comme entomologiste. Il m’a présenté un sujet universel qui pouvait voyager à travers le monde.

George Brossard dans la série Insectia

Plusieurs personnes peuvent avoir la même idée au même moment. Souvent, la différence entre une idée qui sera produite et une qui ne le sera pas dépend de la façon dont elle est présentée et de l’expertise comme des connaissances du concepteur. Comme le souligne André Barro, « il est important d’aimer la télévision et de la regarder. Il faut savoir ce qui se passe autour de nous pour pouvoir produire du bon contenu à son tour ».


Article paru dans le Grenier magazine du 24 octobre 2015. Pour vous abonner, cliquez ici.



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