Catherine Maisonneuve

Les blogues sont-ils morts ?

par Catherine Maisonneuve, le 29 octobre 2015


Les blogues ont connu leur apogée il y a quelques années alors qu’on en a vu apparaître des centaines sur tous les sujets inimaginables : on aurait cru, à un certain moment, que tout le monde avait son propre blogue ! Ce phénomène a pris de l’ampleur avec l’arrivée au Québec du Huffington Post en 2012, un site informationnel 100 % numérique qui compte plus de 1000 blogueurs et collaborateurs. Le concept du Huffington Post repose principalement sur ses blogues, qui sont pour la plupart alimentés sur une base bénévole par des collaborateurs qui y contribuent de manière participative.

« Les blogues représentent encore aujourd’hui (et ce, depuis ses débuts en 2012) le tiers du trafic du HuffPost Québec et on est rendus à 2000 blogueurs.  Nous sommes passés de 150 blogueurs au début de 2012 à presque 2000 aujourd’hui », confie Patrick White, rédacteur en chef du Huffington Post Québec, pour qui le blogue est loin d’être mort. Le Huffington Post offre une plateforme ouverte à ceux qui souhaitent s’exprimer; un espace où écrire, produire du contenu et se faire voir. En échange, le HuffPost offre à ses collaborateurs de la visibilité et une certaine légitimité.

« La plupart des blogueurs qui écrivent pour le Huffington Post le font gratis. Leur paie, c’est la visibilité. Cette visibilité, dans le meilleur des cas et pour les plus prolifiques contributeurs, devient un levier vers des jobs/contrats payants, ailleurs », écrivait Patrick Lagacé en 2011, dans son (feu) blogue. L’année suivante, lui qui a longtemps été parmi les blogueurs les plus lus au Québec a cessé d’alimenter son blogue. Et s’en est suivi une petite polémique dans les médias québécois à propos de la « mort du blogue ». Il faut dire qu’on prédit sa mort à peu près tous les six mois depuis les dix dernières années dans les médias, mais qu’en est-il vraiment ? Lagacé ne croit pas que les blogues soient morts, mais il estime toutefois que le monde des blogues, lui, l’est. Il affirme : « J’y crois encore, mais je constate que la mode est passée. Aujourd’hui, les statuts Facebook, Instagram et Twitter ont remplacé les blogues comme plateforme privilégiée d’expression. Ce que je fournissais comme opinion instantanée, à chaud, ce que je fournissais comme contenu ludique (sur mon blogue), tout cela est possible pour tout le monde via Twitter, Facebook, etc. »

Patrick Lagacé

Une opinion qui n’est pas partagée par le rédacteur en chef du plus grand site de blogues au Québec, Patrick White, qui ne croit pas que le blogue est une mode passagère qui est en train de s’essouffler, bien au contraire : « Les blogues ne sont pas une mode du tout. Le HuffPost Québec en est la preuve vivante. Pour nos blogueurs, le HuffPost est un espace de diversité qui permet la diffusion d’idées et une plateforme extraordinaire pour se faire connaître. » En effet, pour une personnalité médiatique qui a déjà une certaine notoriété et qui a accès à d’autres plateformes pour s’exprimer publiquement, un blogue n’a pas la même signification que pour quelqu’un de moins (ou pas du tout) connu, qui souhaite tenter sa chance dans le monde ultra compétitif du numérique.

Au Québec, que ce soit au Huffington Post, à Urbania, à Voir ou au Journal de Montréal, le blogue est une activité essentiellement bénévole, parfois rémunérée symboliquement. 
Par exemple, Voir offre une redevance sur les revenus publicitaires. Les gens bloguent pour avoir de la visibilité, pour se faire connaître et espèrent que cette plateforme agisse comme tremplin vers autre chose de payant. On n’a qu’à penser à Rabii Rammal, qui a commencé avec un blogue sur Urbania et qui s’est fait offrir un contrat avec La Presse+, ainsi qu’un contrat en télévision moins d’un an plus tard. Il y a toutefois peu d’élus, considérant que 99 % des blogues mourront probablement avant même d’avoir permis à son auteur d’en tirer quelque chose. Lorsqu’on considère le nombre de blogues en ligne aujourd’hui, ceux qui réussiront à percer représentent donc la très infime minorité, mais il s’agit effectivement d’une très belle vitrine pour ceux qui souhaitent se faire connaître.

Patrick White

Une plateforme comme celle du Huffington Post ou du Voir offre aux blogueurs la visibilité recherchée, car ces sites ont déjà un lectorat important. Par contre, ce n’est pas non plus un « free for all », rassure Patrick White : « On se garde le droit de choisir de publier ou non. Ce n’est pas tout ce qu’on reçoit qui sera publié. On n’accepte pas les textes diffamatoires ou qui sont des attaques personnelles. On refuse également les textes de moins de 500 mots et les billets de blogue mal écrits ou mal structurés. » Bloguer est donc ouvert à tous, mais encore faut-il que le contenu soit de qualité et pertinent, bien évidemment.

Article paru dans le Grenier magazine du 19 septembre 2015. Pour vous abonner, cliquez ici.



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