Justine Aubry

Petite incursion dans des «9 à 5» pas comme les autres

par Justine Aubry, le 6 juin 2022


Pour plusieurs professionnel·les des industries de la production, des médias et de la création, choisir un emploi aux dimensions moins conventionnelles peut avoir de sérieux avantages. Horaires atypiques, tâches variées, flexibilité ou plus grande autonomie, les journées passent mais ne se ressemblent jamais! Le Grenier a rencontré quatre professionnelles qui ont choisi de s’éloigner un tant soit peu de la norme pour en apprendre davantage sur les réalités de leur «9 à 5» (ou de leur 4 à 10!).

Passionnées par leur métier et n’ayant pas peur de vivre leur vie professionnelle autrement, Ariane Tara, réalisatrice et photographe représentée par Romeo & Fils, Mélanie Brunet, recherchiste à ICI Première, Adèle Charest-Normandeau, conseillère chez lg2, et Isabelle Marcoux, coordonnatrice de production, ont joué le jeu en acceptant de répondre en toute transparence à notre petit questionnaire. Cet aperçu de leur contexte de travail explore les avantages, comme les côtés parfois imparfaits, de leurs différentes réalités professionnelles. Chose certaine, il en ressort unanimement que dans leur quotidien au travail, chaque journée est différente!

À quoi ressemble habituellement ta journée de travail? 
Isabelle Marcoux, coordonnatrice de production: Une journée type commence par une rencontre avec l’équipe de production. Ensuite, je fais le tour de mes équipes d’artistes avec leur superviseur·e pour vérifier l’avancement des tâches, repérer des problèmes, etc. Il y a aussi les séances internes de review avec les superviseur·es ou avec le client. Entre ces meetings quotidiens, il faut également que je trouve le temps de planifier les tâches et les horaires de mes équipes pour les jours à venir, en plus de m’assurer qu’on ne dépasse pas les budgets alloués dans les départements. Les fins de journée sont souvent réservées pour livrer du matériel au client.  

Adèle Charest-Normandeau, conseillère chez lg2: Les journées sont toutes différentes! Principalement, mon rôle est de faire de la gestion de projets, comme un chef d’orchestre, auprès du client et des différentes équipes à l'interne. J’interviens aussi au niveau de la stratégie et de l'équipe de création. Je suis la personne centrale qui arrime tout, qui s’assure que le produit est respecté. J’évalue aussi les échéanciers, les budgets, et les différentes demandes du client. Il y aussi un volet de tâches administratives et de facturation. Le côté le fun de notre job, c'est qu'on est présent du début à la fin. Donc la finalité c'est l'étape de production avec les différents suivis: tournage, photoshoot, enregistrement radio, etc. C'est le moment où l'idée se concrétise – c'est ça qui est le fun!

Mélanie Brunet, recherchiste à l’émission de Pénélope McQuade à ICI Première: Notre émission est en direct de 9h à 11h30, du lundi au vendredi. Nous sommes toujours en mode veille, surtout quand c'est un de nos sujets qui est en ondes. Donc, c'est la lecture de journaux dès le réveil, on répond aux questions de l'animateur·trice et on répond aux urgences, au besoin. En parallèle, on développe des sujets avec des choix d'invité·es, en plus de faire des pré-entrevues et monter des dossiers de recherche. 

Ariane Tara, réalisatrice et  photographe représentée par Romeo & Fils: Mon quotidien au travail n’est jamais pareil! En général, je suis en shoot ou en tournage environ 2 à 4 jours par semaine, et le reste du temps, en pré ou post-production à mon bureau, chez moi. Lorsque je travaille à la maison, je m’assure de prendre au moins 1h dans ma journée pour faire du sport ou sortir à l’extérieur, n’ayant pas le temps lorsque je suis en tournage. Je planifie mes journées dépendant des deadlines, donc chaque semaine est différente!  

À quelle heure commences-tu à travailler et termines-tu ta journée? Ton horaire est-il flexible?
Isabelle Marcoux: Je travaille de 9h à 18h, du lundi au vendredi. Nous avons un peu de flexibilité, je pourrais commencer un peu plus tôt et finir plus tôt, tant que je fais 8h/jour et 40h/semaine. Mais comme je dois souvent faire des livraisons au client en fin de journée, je préfère cet horaire. Le temps supplémentaire est souvent nécessaire le soir, surtout en fin de projet! Mon horaire va être très influencé par le type de projet (film, série télé, cinématique de jeu vidéo, etc.) et par la situation géographique du client. 

Adèle Charest-Normandeau: Il y a de la flexibilité au niveau de la présence au bureau, c’est à notre convenance. Si j'ai plusieurs meetings, je peux travailler à la maison par exemple. Mon horaire suit vraiment l’évolution des échéanciers de projets, on peut faire de l’over time comme il peut y avoir des temps plus morts.  

Mélanie Brunet: Ça dépend des jours, mais généralement ma journée débute vers 8h00 et elle se termine entre 16h et 18h. Ça c'est pour la radio. Évidemment en télé, ça peut être différent, puisque les tournages peuvent être en soirée.

Ariane Tara: Mon horaire est très variable! Si je suis plutôt en shoot ou en tournage, ma journée commence généralement assez tôt (entre 7h et 8h normalement) et peut généralement se terminer vers 17-18h, mais aussi beaucoup plus tard, dépendamment du projet!

Quels sont les bons côtés et les moins bons côtés de ton emploi?
Isabelle Marcoux: L’avantage est que je peux gérer mon temps comme je veux, tant que ça ne nuit pas au projet en production. Dîner plus tôt ou plus tard ou partir plus tôt quand j’ai fait du temps en plus la veille. Le moins bon côté serait le temps supplémentaire, qui est trop souvent nécessaire pour les livraisons au client. 

Adèle Charest-Normandeau: Tu dois être capable de travailler sous pression. Il y a des moments plus stressants que d’autres. Il y a des journées imprévisibles où mon rôle est d'être proactive pour trouver des solutions. On apprend aussi beaucoup tous les jours, c’est stimulant intellectuellement. 

Mélanie Brunet: Un bon côté est que comme j'ai des enfants, je peux ajuster mon horaire selon le leur. Un moins bon côté est qu’il y a des contrats qui m'ont amenée à travailler la fin de semaine, et notre travail n'est pas comme celui où on «punch out» et on sort du bureau et on peut penser à autre chose. 

Ariane Tara: Ce qui est le plus important pour moi dans mon emploi, c’est de varier mon horaire en fonction de mon énergie et d’avoir la liberté de le faire. Le plus difficile, mais qui n’est pas nécessairement un désavantage, mais plutôt un défi, est de ne jamais savoir si j’aurai du travail la semaine ou le mois prochain. Le travail n’est pas assuré et c’est moi qui dois s’occuper d’en trouver.

Dirais-tu que ton poste est facilement conciliable avec une vie familiale, amicale ou personnelle?
Isabelle Marcoux: Dans mon cas, oui. Mais pour la vie familiale, ça peut parfois être un peu plus complexe lorsque le temps supplémentaire est nécessaire. Il faut parfois terminer sa journée vers 17h pour s’occuper des enfants et reprendre vers 20h-21h. 

Adèle Charest-Normandeau: À l’agence, on peut parfois finir plus tôt pour le week-end, parce que la direction sait qu’on se donne toujours beaucoup. Les gens peuvent aussi partir en voyage et travailler de là-bas!

Mélanie Brunet: Je pense que tout est conciliable. L'important est de trouver un équilibre dans tout ça, autant au niveau familial qu'amical. 

Ariane Tara: Je crois fortement que oui. La liberté d'être travailleur autonome me permet de prendre congé si j’en ai envie et de construire mon horaire comme je le veux, donc cela peut être très bénéfique pour concilier la vie familiale/amicale avec le travail!

Qu’aimes-tu le plus de ton emploi et que tu n’échangerais pas?
Isabelle Marcoux: Il n’y a pas deux journées pareilles. Pas le temps de s’ennuyer! Et c’est formidable de participer à la fabrication d’un film d’animation du début jusqu’à la fin.

Adèle Charest-Normandeau: Dans une grosse agence, on touche à tout et j’aime ça! C'est ce qui donne de la richesse aux projets et à mon quotidien de travail. Je ne pourrais jamais faire une job où je n’ai pas un sentiment d’accomplissement. Je veux me lever et savoir que j’aime ce que je fais.

Mélanie Brunet: La liberté que ça m'apporte au quotidien. Il y a des journées où je me dis que je vais prendre ça plus «molo», en sachant que je mettrai sans doute les bouchées doubles le lendemain!

Ariane Tara: Ce que j’aime le plus c’est que chaque jour est différent. Je ne me tanne pas parce que mes semaines ne se ressemblent jamais!  

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