Geneviève Morin

«Le travail doit avoir un sens»: expériences de stage de la Génération Y 

par Geneviève Morin, le 27 mai 2022


Les stages sont très importants pour les jeunes diplômé·es puisqu’ils représentent la première véritable expérience de travail dans un domaine qui les passionne. Bien sélectionnés, ils apportent des compétences et des connaissances complémentaires à l’école. Bien menés, ils développent un réseau et mènent parfois même à l’emploi. Dans tous les cas, ils aident les individus à expérimenter et à visualiser les options de carrière. Est-ce que les domaines de la communication, de la publicité et du marketing offrent des stages intéressants aux étudiant·es? On s’est justement intéressé·es à l’expérience et au vécu de Pierre-Antoine Brochu, Marianne Locas, François Larouche et Tristan Champagne-Lessard

Les valeurs importantes et recherchées en entreprise 
Trouver un stage, c’est quelque chose, mais trouver une entreprise qui nous rejoint dans nos valeurs, c’est autre chose. Pour Pierre-Antoine Brochu, étudiant finissant du baccalauréat en communication appliquée à l’Université de Sherbrooke, «Le travail d’équipe et la collaboration sont parmi les valeurs les plus indispensables en entreprise. Le plus important, c’est de savoir puiser dans les compétences et les forces de chacun et de miser sur une communication transversale.» Marianne Locas, présentement chargée de projet dans une agence de communications, explique que ce qu’elle recherche dans une entreprise, c’est justement la communication claire, les mises au point régulières et la flexibilité.

«Je pense que l’équilibre entre la vie personnelle et le travail participe à l’amélioration des conditions de travail, ajoute François Larouche, concepteur-rédacteur. Dans un contexte de pandémie doublé d’une pénurie de main-d'œuvre, les entreprises doivent savoir faire preuve de flexibilité et doivent valoriser les employé·es à leur juste valeur.» 

La recherche de stage: défis et réalité 
Sauf que tous les stages n’offrent pas les mêmes opportunités, souligne Tristan Champagne-Lessard. Pour ce tout nouveau journaliste à la recherche de Radio-Canada, le défi principal quand on cherche un stage, c’est d’en trouver un qui répond à la réalité des étudiant·es, à savoir la capacité à comprendre la conciliation parfois difficile entre le travail étudiant, les études et le stage. «Je n’ai jamais eu de difficulté à trouver un stage. Les stages rémunérés sont, par contre, assez rares dans le milieu des communications. Les conditions de travail sont aussi parfois moyennes et ajoutent à la précarité de certains stages.» Les entreprises soutiennent-elles les étudiant·es quand elles n’offrent pas de salaire aux stagiaires? Ce sujet a été souligné par plusieurs intervenant·es de cet article.

Parallèlement, certains stages attirent plus l’attention que d’autres et la compétition pour obtenir sa place en entreprise peut devenir féroce. C’est le cas pour Pierre-Antoine Brochu, qui, même s’il assure avoir été soutenu par l’université tout au long de sa recherche, admet que la concurrence ajoutée à la pandémie a ajouté quelques couches de complexité dans sa recherche de stage: «La recherche de stage n’a pas été si évidente. Le contexte de pandémie a ébranlé presque toutes les entreprises, peu importe le domaine. Alors qu’il n’était déjà pas si simple de structurer les équipes de travail et de s’adapter aux changements, l’accueil d’un stagiaire à court terme venait avec un peu d’incertitude et d’imprévisibilité. Dans la recherche de mon premier stage à l’été 2020, j’ai passé près d’une quinzaine d’entrevues avec des entreprises différentes. Pour certaines offres, le défi était surtout de se démarquer parmi plus d’une vingtaine de candidatures, alors qu’il y a trois ans, je n’avais peu ou presque pas d’expérience dans le domaine (mais beaucoup de motivation)!» 

Le stage comme laboratoire d’essais-erreurs 
La question de l’expérience est toute aussi importante. Pour Marianne Locas, les stages constituent une étape importante et exploratoire dans son parcours étudiant: «Je pense que l’apprentissage terrain est très formateur. Mon premier stage en production cinéma m'a permis de réaliser en cours de route que ce métier (et les tâches qui viennent avec) ne m’intéressait pas tellement, finalement. C’était aussi sur le plan structurel: je n’avais pas des tâches très claires, la productrice devait prioriser l’avancement de ses dossiers et me montrait parfois au passage ce qu’elle faisait, alors c’était difficile pour moi de suivre et de tout comprendre si rapidement. Ça a tout de même été très formateur, car j’en ai appris beaucoup sur moi-même. Mon deuxième stage, cette fois en startup, a été plus concluant. On m’a accordé de la crédibilité et on m’a rapidement confié des responsabilités. Ça a probablement influencé mon engagement au sein du stage, mais cette implication réciproque a fini par me mener à l’obtention d’un poste au sein de l’entreprise.»

«Un stage, ça donne une véritable expérience professionnelle vraiment différente de ce que l’on peut apprendre à l’université», ajoute Tristan Champagne-Lessard. Reprochant à «l’université de mettre parfois trop l’accent sur la théorie et non la pratique», le journaliste exprime toutefois qu’un meilleur partenariat entre les universités et les entreprises participerait à améliorer l’expérience pratique.

Des programmes de stage? Une solution?
François Larouche a pour sa part eu de la chance, puisqu’il a intégré le programme de stage Masterclass donné par le collectif Humanise: «Mon expérience s’est déroulée en accéléré je dirais. Je me suis inscrit précisément dans le but d’obtenir un stage. J’ai eu une entrevue quelques jours après le pitch final, puis j'ai intégré le programme. Plus tard, lors de mon suivi de stage, mon directeur de création m’a simplement offert un poste de junior, et c’est comme ça que ma carrière en pub a débuté! Disons que le stage n’a pas duré longtemps, mais l’apprentissage a continué pour vrai, et ça fait maintenant 1 an que je suis là, toujours en train d’apprendre!»

Une autre avenue universitaire appelée «système coop» prépare les étudiant·es à alterner les stages et les études. Pour Pierre-Antoine Brochu, cette expérience a été réellement enrichissante: «Avec du recul, je me rends compte de tous les bénéfices des stages coopératifs. Mes récentes expériences de travail m’ont permis d’appliquer concrètement ce qui m’était enseigné, auprès de gens d’expérience. Alors que je complète bientôt mon parcours universitaire, je me sens plus prêt que jamais à relever de nouveaux défis!»

En conclusion: les stages profitent à tout le monde
On met souvent les projecteurs sur les étudiant·es quand on parle de stage, mais les entreprises tirent aussi des bénéfices à recruter des candidat·es. En entrevue à La Presse, Dominique Bouteiller, professeur agrégé au Service de l’enseignement de la gestion des ressources humaines à HEC Montréal, assure qu’un·e «stagiaire, c’est avant tout un mécanisme pour assurer sa relève et qu’une entreprise serait folle de s’en passer.» 

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