Emmie-Wesline Massier

La téléréalité, plus qu’un simple divertissement

par Emmie-Wesline Massier, le 10 mars 2022


Bell Média a récemment annoncé qu’une version québécoise de la célèbre émission Survivor sera bientôt présentée sur Noovo. C’est à se demander s’il n’y a pas assez d’émissions de téléréalité au Québec. Entre Star Académie, Occupation Double, L’amour est dans le pré, L’Île de l’amour ou Big Brother Célébrités, on se sait plus où donner de la tête. Pourtant le public est bien présent et en demande même plus.

Comment expliquer l’engouement qu’a le peuple québécois pour les émissions de téléréalité? Pour répondre à cette question, le Grenier s’est entretenu avec Jérôme Hellio, directeur des contenus de TV5 et d’Unis TV et Thomas Leblanc qui anime avec Catherine Moreau le balado Réalité Conséquence.

Un moment de rassemblement
On ne va pas se le cacher, les émissions de téléréalité sont divertissantes et par le fait même rassembleuses. «La téléréalité permet de passer des moments de plaisir en groupe. Les gens vont se rassembler pour écouter la téléréalité ou pour en discuter. Elle offre quelque chose de très léger. La téléréalité assouvit aussi une envie de faire le vide et d’oublier les soucis du quotidien», explique Jérôme Hellio. La pandémie a donné une raison de plus d’apprécier la téléréalité. Alors qu’on était confiné chez soi, les émissions de téléréalité donnaient l’occasion de créer des liens avec des inconnus. On n’a qu’à jeter un coup d’œil sur Twitter lors des diffusions d’Occupation Double, de Star Académie ou de Big Brother Célébrités pour constater le pouvoir rassembleur des émissions de téléréalités. Ces émissions deviennent d’ailleurs souvent des mots-clics tellement elles sont des sujets de conversation. La première de la deuxième saison de Big Brother Célébrités a attiré plus de 807 000 téléspectateurs en direct, un record pour la chaîne Noovo.

Une occasion de sortir de sa zone de confort
On dit souvent que lire permet de voyager sans quitter le confort de chez soi. Ça s’applique aussi à la téléréalité qui fait vivre aux téléspectateurs des aventures par procuration à travers les expériences des participants. Des émissions comme Survivor ou Big Brother permettent aussi de s’imaginer dans des situations hors du commun sans se mettre à risque. La téléréalité est aussi une occasion d’apprendre de nouveaux concepts ou d’être exposé à de nouvelles réalités. «Une des raisons pour laquelle j’ai décidé d’écouter Keeping Up with the Kardashians, c’était pour comprendre tout le parcours de Caitlyn Jenner. Je voulais voir la dynamique de la famille, la place de Bruce pendant les années avant, pendant et après sa transition. On peut penser aussi à Joli-Ann Brazeau qui a sensibilisé plusieurs aux situations des communautés autochtones lors de son passage à Occupation Double dans l’Ouest. Il y a aussi Rita Baga qui a fait découvrir le monde du drag à Big Brother Célébrités », partage Thomas Leblanc. «La téléréalité peut faire avancer les mentalités et les faire évoluer. Je pense à L’amour est dans le pré. Ça fait 10 ans qu’elle est en diffusion et cette émission a probablement changé notre perception du monde des agriculteurs», dit Jérôme Hellio.

Pour ceux et celles qui sont plus avides de savoir, il y a le docu-réalité. Issu de la téléréalité, le docu-réalité se distingue par son objectif qui est moins axé sur la recherche de sensations fortes. «Dans le docu-réalité, il y a un côté authentique, il y a une quête d’auteur. Le docu-réalité va suivre des personnages qui vont illustrer une quête précise. On est vraiment dans la documentation d’un fait ou d’une histoire avec un point de vue subjectif qui est celui du réalisateur. Le but est souvent de réveiller les consciences et d’en apprendre plus sur le monde dans lequel on vit», explique Jérôme Hellio. Plusieurs docu-réalités sont diffusés sur TV5 et Unis TV.

Le public s’attache aux participants
Depuis le début des années 2000, plusieurs personnalités publiques ont été découvertes par l’entremise d’émissions de téléréalité. Le public s’attache tellement à certains participants qu’ils finissent par faire partie du star système québécois. On allume la radio pour y entendre Marie-Mai (Star Académie 2003), Julie St-Pierre (Mixmania 2002) ou Charlotte Cardin (La Voix 2013). À la télévision, c’est facile de tomber sur Mathieu Baron (Loft Story 2006), Kim Rusk (Loft Story 2006) ou Rita Baga (Big Brother Célébrités 2021). À présent, plusieurs personnes participent aux émissions dans le but de faire carrière dans le monde du divertissement. D’ailleurs, chaque nouvelle saison d’Occupation Double introduit le public à une nouvelle vague d’influenceurs.

Aller plus dans l’univers des téléréalités
Les émissions de téléréalité ne s’arrêtent plus une fois les diffusions passées. Les discussions se poursuivent maintenant en ligne sous les formes de balados ou de vidéos sur YouTube pour décortiquer les actions des participants ou réagir sur des moments importants. Le balado féministe Les Ficelles propose un regard critique et intelligent sur Occupation Double. Charlie Desaulniers, de la chaîne YouTube Ici Charlie, critique les téléréalités québécoises. Mounir Kaddouri, aussi connu sous le nom de Maire de Laval sur YouTube, fait rire et réfléchir à travers ses analyses. Il y a également le balado Réalité Conséquence pour ceux qui aiment détester et ceux qui détestent aimer la téléréalité. Ces contenus montrent au public que la téléréalité est un reflet de la société dans un sens. «Depuis une dizaine d’années, on est dans l’ère de la fin de l’intimité à cause des réseaux sociaux et du numérique qui ont fait exploser la frontière entre la vie privée et la vie publique. Je crois que le phénomène des téléréalités participe également à ça. On mélange le vrai et le faux. Le contenant est plus un reflet de la société d’aujourd’hui que le contenu dans plusieurs cas», explique Jérôme Hellio.

Saviez-vous que la téléréalité au Québec fête cette année ses 27 ans? La première émission de téléréalité québécoise s’intitulait Pignon sur rue. Elle a été diffusée sur les ondes de Télé-Québec de 1994 à 1999. Elle présentait le quotidien de sept jeunes partis des régions du Québec pour étudier à Montréal et qui avaient accepté d’être colocataires d’un même grand appartement sous l’œil de la caméra.

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