Raphaël Martin

Pénurie de main-d'oeuvre en marketing numérique - Au-delà de la surenchère

par Raphaël Martin, le 23 novembre 2021


Les professionnels de la sphère du marketing numérique sont âprement courtisés et les chasseurs de têtes doivent sortir l’artillerie lourde pour les attirer. Casse-tête pour les employeurs, ruée vers l’or pour les employés ? Et si la pénurie pouvait revêtir un peu de positif ? Survol de la situation. 

La pénurie de main-d’œuvre en marketing numérique est un sujet sensible. Nombre de perches lancées par le Grenier pour s’entretenir du sujet sont restées lettre morte. « Rien à dire de nouveau, nous sommes tous dans le même bateau », nous a-t-on servi. Ou le classique « On s’en parle quand le problème sera réglé. » Des réactions certes compréhensibles en cette ère complexe où les agences marketing doivent rivaliser d’efforts et de créativité pour pallier un manque de ressources humaines. Une carence qui vient non seulement ralentir certains plans stratégiques, mais aussi forcer d’autres entreprises en pleine croissance à décélérer. Une situation qui aura forcé l’ensemble du milieu à repenser leur approche. « Pas le choix, nous dit Vincent Caron, Directeur Acquisition de talents chez Tink. Les besoins du marché sont les mêmes alors que les ressources sont plus divisées que jamais. Comme employeur, deux options s’offrent à toi : soit tu tentes de régler un problème nouveau avec de vieilles solutions (en espérant qu’un miracle se produise), soit tu adaptes tes façons de faire à une nouvelle réalité. Nous avons cru que la deuxième option était la seule réellement viable. »

Savoir-être
Et comment arrive-t-on à tirer son épingle du jeu là où les concurrents peinent à sortir la tête de l’eau ? « Ne vous attendez pas à une recette magique, il n’y en a pas, poursuit Vincent Caron. Nous ne mettrons pas du jour au lendemain 5000 nouveaux professionnels sur le marché du travail. Cela dit, nous pouvons revoir nos critères d’embauche, nous pouvons faire acte de plus de flexibilité dans nos évaluations. Est-ce que ça veut dire qu’il nous faut embaucher du personnel moins compétent ? Pas du tout. Ça veut plutôt dire que nous engageons désormais des gens que nous prendrons le temps d’accompagner plus longuement, plus assidûment le temps que l’apprentissage et l’évolution se fassent. Dans un passé pas si lointain, nous sélectionnions des candidats en espérant qu’ils puissent cocher chacune des cases de notre wish list ; désormais, nous accentuons davantage nos sélections en fonction du savoir-être que du savoir-faire immédiat. Nous croyons à la qualité du potentiel des individus que nous embauchons encore davantage qu’à l’étendue de leur C.V. » 

En zone inexploitée 
Non seulement la pénurie semble forcer certains employeurs à ouvrir leurs œillères, mais elle les pousse aussi à recruter dans des zones naguère peu exploitées. « On s’intéresse désormais davantage à des bassins qui passaient sous notre radar, comme dans la francophonie hors Québec, par exemple, poursuit Vincent Caron. Et le télétravail y est pour beaucoup : maintenant qu’il n’est plus exigé de travailler impérativement du bureau, je peux aller recruter d’immenses talents qui œuvrent à partir des Îles de la Madeleine ou encore du nord du Québec. C’est ce que la réalité pandémique nous a permis de découvrir. » Parlons justement de la pandémie : n’a-t-elle pas le dos large en ce qui a trait à la situation de pénurie actuelle ? « Oui et non, poursuit Vincent Caron. Le manque de main-d’œuvre en marketing numérique a réellement commencé à se faire sentir il y a trois ou quatre ans. Je voyais que les designers, les développeurs et les intégrateurs, entre autres, étaient plus sollicités qu’avant. Je constatais aussi qu’une surenchère commençait à s’installer pour réussir à les attirer. Mais cette époque semble déjà lointaine, car suite à la pandémie, la situation est devenue 100 fois pire. »

Au-delà de l’argent
Des entreprises comme Tink ont depuis réfléchi à des alternatives aux surenchères en question. « Money talks, comme on dit, mais l’argent n’achète pas tout, poursuit Vincent Caron. Heureusement, car la surenchère peut devenir néfaste lorsqu’elle se met à déséquilibrer l’écosystème. Lorsque l’on passe des entrevues d’embauches, aujourd’hui, c’est sûr que je me pose toujours la question : qu’est-ce qui charmera ce candidat ? Qu’est-ce que notre entreprise possède comme avantage qui saura le rejoindre ? Qu’est-ce que je peux lui apporter ? Et ça va au-delà de l’argent. Ça passe par les avantages sociaux, bien sûr, mais aussi par la conciliation travail-famille, par les possibilités d’évolution. Mais ça passe aussi (et surtout, selon moi) par la qualité de l’équipe en place. Lorsque tes employés sont heureux, lorsqu’ils recommandent eux-mêmes à de tierces parties de venir travailler avec toi, ils deviennent (et de loin !) tes meilleurs ambassadeurs. Et pour cela, ils doivent se sentir écoutés, appréciés. C’est la moindre des choses, direz-vous ; mais n’en demeure pas moins que la situation actuelle a cela de positif qu’elle rend la relation employeurs-employés encore plus humaine. »  

Tink


La pénurie de main-d’œuvre du point de vue du CRHA

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