Dans l’œil de Camila Hadji (Tam-Tam\TBWA)

le 7 septembre 2021


Camila Hadji
Camila Hadji, Conseillère chez Tam-Tam\TBWA

  • Une cause qui te tient à cœur : Toute forme d’injustice, d’oppression & d’intimidation. Ça vient me chercher à un autre niveau.
  • Qu’apportes-tu sur une île déserte : De la crème solaire, un maillot de bain et un bateau, préférablement un yatch ! 
  • Si tu étais une plante/un livre/une œuvre d’art/un évènement historique, tu serais :
    • Plante/fleur : Une rose, parce que c’est un éternel classique.
    • Un livre : N’importe quel livre de Paul Coelho.
    • Œuvre d’art : La Mona Lisa : mystérieuse, mais iconique. 
    • Évènement histrique : L’indépendance de l’Algérie ; un évènement qui a littéralement changé la vie de mes ancêtres et qui me permet d’être qui je suis aujourd’hui.
  • Ton mot favori : J’adore dire « Bref. »  Dans tout type de situation. Quel mot sous-estimé !

Syndrome de Clark Kent
Ce qu’il faut savoir c’est qu’être immigrante de première génération c’est vraiment tout un défi au quotidien. J’ai très souvent l’impression de vivre deux vies, et parfois même de vivre dans deux Québec différents. Cette différence s’est beaucoup accentuée lorsque je suis entrée dans le monde du travail. C’est à ce moment que je me suis mise en mode Clark Kent (bon, sans les supers pouvoirs et la responsabilité de sauver le monde, mais vous comprenez l’analogie). En gros, j’étais Québécoise le jour, dans mon milieu de travail, et Arabe le soir et les fins de semaine, dans ma vie personnelle. Pourtant, ayant grandi toute ma vie à Montréal, je n’ai jamais ressenti le besoin de séparer mes deux identités. J’ai grandi à Ahuntsic, où être différente était une normalité. J’étais et je suis encore, à ce jour, entourée de toutes les nationalités, et je n’ai jamais senti le besoin d’étouffer une partie de moi pour me faire accepter.

Pourquoi ai-je donc éprouvé le besoin de le faire en entrant dans mon milieu professionnel ? Je pense que c’est en grosse partie parce qu’il y a un manque flagrant de diversité dans beaucoup de domaines et d’industries, y compris la nôtre. J’ai réalisé que j’étais, pour la première fois de ma vie, une minorité visible et c’est quelque chose qui m’a profondément bouleversé. Je ressentais alors cette pression de devoir entrer dans un moule. Je me surprenais à cacher mon accent ou à éviter toute discussion sur l’actualité, car tout était relié à des sujets de divisions sociales. Nul besoin de vous dire que c’est très lourd à vivre.

Lumière au bout du tunnel ?
Cependant, cette année quelque chose a basculé, et pour le mieux. Il y a eu une énorme conscientisation sociale grâce à l’effort acharné de nombreux activistes. Grâce à eux, j’ai compris que c’est en parlant ouvertement des sujets plus délicats et tabous qu’on fait avancer les choses. J’ai aussi appris que célébrer sa différence est primordial pour permettre l’ouverture et l’inclusion dans un environnement, quel qu’il soit.

Mon petit grain de sel…
Je fais maintenant partie du comité diversité, équité et inclusion de mon agence et je pense être un vecteur important de changement dans la perception de la différence. Chaque mois, je présente une chronique qui vise à mettre de l’avant différents événements culturels et fêtes religieuses (exemple : le Nouvel An lunaire, le ramadan, l’Aïd, le mois de l’héritage hispanique, etc.). Cette chronique est très appréciée par mes collègues, car elle leur permet de mieux comprendre certaines pratiques culturelles et démystifie beaucoup de petites choses. Je participe et anime aussi des tables de discussion que le Comité organise, qui ont pour objectif d’ouvrir le dialogue et d’augmenter les connaissances et la reconnaissance de tout type de groupe minoritaire.

« Bref ! »
Je suis parfaitement consciente que ce n’est pas tout le monde qui est prêt à faire ce pas, mais j’ai appris à être fière de la richesse que m’apporte ma double identité. Je pense que c’est important en tant qu’immigrant de partager cette richesse dans notre milieu professionnel, car si on ne le fait pas pour nous-mêmes, personne ne le fera à notre place et on sera pris dans cet engrenage de doubles identités à jamais. 

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Afin que toute notre industrie se fasse davantage voir et entendre, le Grenier aux nouvelles souhaite présenter des modèles inspirants issus de la diversité culturelle, de sexe, d’identité de genre, d’âge et en situation de handicap dans sa nouvelle série « Dans l’œil de… ». Cette série vise à donner l’espace à des talents cachés de l’univers de la communication – publicité, production, côté agence et côté client, et à nous faire découvrir des personnes qui auraient lancé une initiative pour favoriser l’équité, la diversité et l’inclusion dans leur organisation. Si vous souhaitez soumettre votre portrait, ou connaissez une personne qui serait intéressée, écrivez-nous à [email protected].


Dans l’œil de Ravy Por (KPMG et Fondatrice de Héros de chez nous)

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