Raphaël Martin

Blackmeal: vivre de ses valeurs

par Raphaël Martin, le 17 septembre 2021


Depuis 10 ans, un studio nantais de motion design, ayant aussi pignon sur rue à Paris et Montréal, se plaît à faire miroiter des valeurs humaines et égalitaires à l’intérieur de campagnes publicitaires d’envergure. Et le voilà aujourd’hui en pleine ascension du marché québécois. Portrait de Blackmeal (et discussion sur les singularités de l’idéalisme entrepreneurial) en compagnie de Matthieu Colombel et Julian Bouhaben.

L’histoire est celle d’un jeune quidam œuvrant dans le milieu de la publicité. Plus précisément : celle d’un jeune designer qui se défonce au boulot pour monter en grade, pour faire reconnaître son art et son talent auprès de ses pairs – mais qui se farcit aussi des semaines de 90 heures, des remontrances de ses supérieurs, des sautes d’humeur de clients, et qui continue néanmoins de se faire marcher sur la tête pour l’honneur d’exercer un job qu’il chérit. L’histoire devient cependant romantique le jour où le jeune designer claque la porte de la boîte dans laquelle il se fait suer pour créer son propre poste au sein d’une nouvelle structure où valeurs humaines et bonnes conditions de travail cohabitent à l’intérieur d’une seule et même entreprise. Une histoire vraie. « Et c’est la mienne, c’est l’histoire de Blackmeal, sourit Matthieu Colombel, directeur général et cofondateur. Comme plusieurs autres avant moi, j’ai un jour eu marre un de bosser pour des gens qui me traitaient comme de la merde ; j’en ai eu marre de faire des semaines de fous dans un emploi où je n’arrivais pas à consolider vie professionnelle et personnelle. Je fais du motion design depuis ma sortie de l’école, il y a de ça une quinzaine d’années. Et avec deux confrères à moi, nous avons à ce moment voulu créer une boîte où il fait non seulement bon vivre, mais où nos valeurs pouvaient se refléter à travers nos créations. »

Harmonie
C’est donc le 14 septembre 2011 que Blackmeal prend vie sur le territoire de Paris avant de s’étendre jusqu’à Nantes à la fin de 2014. « Nous ne voulions pas conquérir le monde, poursuit Matthieu Colombel. Pas plus qu’aujourd’hui, d’ailleurs. Le but était seulement de créer quelque chose de beau : une entreprise de motion design dans laquelle nous pourrions mettre en valeur des causes et des produits qui nous ressemblent, qui nous parlent. Le tout dans une hygiène de travail saine et respectueuse. Je ne vous mentirai pas en affirmant que le projet était ambitieux. Nous avons mis fin à beaucoup de collaborations houleuses avec d’anciens clients, qui nous rapportaient beaucoup, certes, mais qui n’arrivaient pas à collaborer sans toujours mettre une pression insidieuse et malsaine. Nous avons commencé à choisir nos clients en fonction de leur savoir-être et de ce qu’ils souhaitaient promouvoir comme message. C’est peut-être quelque chose qui nous aura fait passer à côté de quelques opportunités, mais que je ne regretterai jamais. Aujourd’hui, tous les clients avec qui nous avons la chance de travailler savent que nos relations doivent être harmonieuses. La vie professionnelle (et personnelle !) chez Blackmeal n’en est que meilleure. »

Sensibiliser
Le travail de la bande de Blackmeal, qui compte aujourd’hui une bonne vingtaine d’employés, peut désormais être apprécié au Québec. « Nous avons décroché de beaux comptes ici au cours de la dernière année, affirme Julian Bouhaben, directeur de la section canadienne. Et c’est important pour nous de les mettre de l’avant dès qu’une occasion se présente – comme dans le cadre d’une entrevue, par exemple ! Nous sommes d’ailleurs particulièrement fiers de ce que nous avons fait pour la campagne du Y des femmes et de la Fondation Jasmin Roy. Dans les deux cas, nous avons créé des contenus simples et efficaces permettant de sensibiliser le grand public sur des situations problématiques – et d’améliorer par le fait même les communications en lien avec des termes trop souvent mal utilisés, lesquels véhiculent de la discrimination. C’est pour nous une mission, voire une cause, extrêmement importante. C’est un bonheur, un cadeau que de pouvoir endosser aussi fièrement les mandats que nous réalisons avec les Québécois. »

Collaborations québécoises
Julian Bouhaben est pour l’instant le seul membre de l’équipe Blackmeal déployé sur l’île de Montréal. « Je devais venir le rejoindre il y a 18 mois, mais la pandémie en aura décidé autrement, philosophe Matthieu Colombel. Nous avons rencontré différentes embûches, mais l’implantation de notre cercle de contacts québécois va bon train. J’avais été charmé il y a de cela cinq ans par le Québec et sa métropole quand je suis venu sonder le marché du motion design. Il y avait de la place là-bas [à Montréal] pour une branche de notre entreprise. J’irais même jusqu’à dire qu’il nous manque de concurrence ! Chose certaine, la bienveillance et l’ouverture des Québécois nous permettront à coup sûr de continuer à produire des contenus audacieux et créatifs pour des clients qui le sont tout autant. Je n’ai pas de plan marketing construit sur cinq ou dix ans, ce n’est pas mon style, mais je sais que tant et aussi longtemps que nous prendrons autant de plaisir à travailler, nous souhaiterons continuer à grandir. Et à véhiculer des valeurs qui nous sont chères. » 

Blackmeal


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