Lea D. Nguyen

Coliving: quand nomadisme numérique et colocation se conjuguent

par Lea D. Nguyen, le 14 septembre 2021


Né sur la côte ouest-américaine au milieu des années 2000, le coliving est la « nouvelle » tendance de l’heure. Puisant son inspiration du coworking — espaces de travail partagés —, le coliving propose bien plus que du wi-fi et du café : il offre aussi un endroit où loger. Pensez nomadisme numérique version colocation ! On délaisse donc les auberges de jeunesse, les airbnb et les chambres d’hôtels pour avoir un pied à terre en compagnie d’autres professionnels. Ce mode de vie en collectivité attire de plus en plus d’adeptes à travers le monde, d’autant plus que l’ère de la covid-19 a poussé bon nombre de salariés à adopter les joies (c’est selon) du travail à distance. Regard sur cette pratique.

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Photo : Nomad Coliving

C’est quoi au juste ?
Se prêtant bien aux travailleurs pouvant bosser depuis n’importe où et recherchant un lieu dans lequel vivre (et travailler) avec une communauté qui leur ressemble, le coliving se résume à une offre d’habitat. Ceux qui y vivent profitent d’une chambre individuelle ou partagée, et ont accès aux zones communes pour rencontrer d’autres nomades numériques eux aussi ayant soif de rencontres. Maria Kinoshita, cofondatrice du Nomad Coliving, le premier espace du genre au Canada, et basé à Montréal, nous explique que chaque coliving possède ses propres règles et thématiques. « Cette manière de vivre fait tellement de sens pour moi », indique l’entrepreneure elle-même digital nomad qui, prépandémie, fuyait tous ses hivers à l’extérieur du Québec. Ce sont d’ailleurs ses expériences en coliving lors de ses voyages qui lui ont donné l’inspiration d’en créer un ici, dans le grand Montréal.

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​​​​​​​Photo : Nomad Coliving

À qui ça s’adresse ?
Pas uniquement réservé aux millénariaux, le coliving est fait pour tous, qu’on soit dans sa vingtaine ou dans sa cinquantaine. Le seul lien qui unit les disciples de ce mode de vie est l’intérêt pour le nomadisme numérique. Beaucoup moins compliqués à gérer qu’un bail qui s’étale sur une année complète, les baux à court terme des coliving permettent la liberté d’esprit et de flexibilité de poser ses pénates quelques mois ailleurs, dans un endroit propice à travailler. Chez Nomad Coliving, par exemple, on peut y côtoyer artistes, entrepreneurs, communicateurs et même un médecin spécialisé en télé-médecine dans le sixplex transformé. Le complexe, entièrement revu et repensé pour accueillir 16 personnes, offre espaces de coworking, salle de ciné et salle de sport. Et, de la même façon que les airbnb, les coliving offrent beaucoup de choses incluses, comme le café et les produits hygiéniques. « Ça permet aussi de faire moins de déchet », explique la cofondatrice, qui assure qu’à 16 personnes, la cohabitation ne fait « pas plus de déchets qu’une famille de 4 ». Ainsi, ce ne seront pas les « habitants » du coliving qui se sépareront les achats à tour de rôle de semaine en semaine, puisque tout est acheté en vrac et en grande quantité.

Si l’envie de vous évader dans un coliving vous titille, sachez qu’il faut passer par un système d’application. Chez Nomad Coliving, les digital nomads souhaitant y loger doivent souscrire à une entrevue, où ils doivent exposer ce qu’ils recherchent et ce qu’ils veulent partager. En effet, la proximité, l’entraide et l’esprit de communauté y sont primordiaux. Il n’est pas rare que de grandes amitiés et que des couples naissent de ce genre de cohabitation. « Il y a même un couple qui s’est créé récemment », confie Maria en riant.

Où peut-on en trouver ?
Aux quatre coins du globe ! New-York, Berlin, Tokyo, San Francisco, Bali, Chiang Mai, Medellin… WeWork, l’espace de travail partagé par excellence, a même lancé WeLive, mais l’expérience fut malheureusement de courte durée. Maria confirme que la moitié des coliving dans lesquels elle a séjourné à l’international a mis clé sous porte. La jeune professionnelle estime qu’il faut de la passion pour porter ce projet, qui se veut avant tout social – du moins, pour elle – à bout de bras. Elle précise qu’elle ne fait aucun profit avec son coliving — elle souhaitait simplement partager et offrir un espace pour d’autres digital nomads. Celle-ci avertit toutefois qu’il faut faire attention aux promoteurs immobiliers qui vont s’afficher comme tels, alors qu’ils n’offrent qu’une chambre meublée.

Avec la pandémie, le coliving de Maria a failli y passer. « Je savais que ça allait être difficile avec la covid, car on n’a eu aucune aide gouvernementale, mais ce sont les profits de ma propre compagnie qui ont servi à ce que le coliving survive », précise-t-elle. Pendant le confinement, seuls quelques Canadiens habitaient l’espace. Puis, lorsque les frontières ont été de nouveau ouvertes, et qu’il était un peu plus safe de voyager, plusieurs digital nomads sont venus cogner à la porte. Il n’y a pas que des télétravailleurs étrangers qui y viennent. Une des membres du Nomad Coliving, qui avait passé son confinement seule dans son studio à Montréal, a eu l’envie de venir y habiter pour briser l’isolement. Pour Maria, c’est sans équivoque, depuis la pandémie, il y a un regain d’intérêt pour les modes de vie alternatifs. Qu’en dites-vous ? Seriez-vous prêt à embrasser ce mode de vie maintenant que nous travaillons presque tous de façon remote ?

Pour en savoir davantage sur le coliving, c’est par ici. Pour en connaître plus sur le premier coliving à Montréal, c’est par ici

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Photo : Nomad Coliving

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