Dans l’œil de Técia Pépin (La Conseillère Volante)

le 4 mai 2021


Técia Pépin
Técia Pépin, La Conseillère Volante

  • Une cause qui te tient à cœur : En fait, je suis particulièrement sensible à toutes les causes qui touchent aux injustices et à la dignité humaine. Que ce soit l’esclavage moderne, la vague troublante de féminicides au Québec en ce moment ou encore le gaspillage alimentaire, alors que des gens meurent littéralement de faim sur la planète, toutes ces causes m’interpellent.
  • Qu’apportes-tu sur une île déserte : Je suis fascinée par le monde des semences alors j’en apporte une tonne pour faire tous mes tests.
  • Si tu étais un livre, tu serais : Et si la beauté rendait heureux de l’architecte Pierre Thibault et du journaliste François Cardinal. La beauté architecturale de villes, d’immeubles, d’espaces ou de parcs me rend profondément heureuse.
  • Expression favorite : « Les communications c’est comme les gâteaux, c’est souvent meilleur lorsqu’on laisse refroidir les choses un peu ! »

Ne jamais demeurer silencieuse
Au cours de ma vie, j’ai été malheureusement trop souvent témoin de gens qui, face au sexisme, au racisme ou encore à l’homophobie, préféraient faire comme s’ils n’avaient rien vu, rien entendu ou pire, en riaient. J’ai décidé très jeune de ne jamais demeurer silencieuse lorsque quelque chose d’inacceptable se produisait sous mes yeux, que cela me concerne personnellement ou non.

J’étais en 6e année la première fois que j’ai parlé. Il y avait cet élève pour qui, pendant une journée, le plaisir [coupable] était de tenter de décrocher le soutien-gorge de certaines de mes petites camarades de classe, laissant ses victimes dans une position humiliante lorsqu’il réussissait son coup. J’étais outrée par ce que je voyais ! Je n’étais pas une enfant qui avait particulièrement la langue dans sa poche. Pour dire vrai, je crois que ma langue était rarement dans ma poche ! [rires]. Néanmoins, je me souviens du courage que ça m’avait pris pour demander une rencontre en privé à mon professeur, Jacques, afin de dénoncer le comportement de cet élève.

J’ai compris deux choses importantes à 11 ans ; j’avais une voix et qu’utiliser celle-ci pouvait contribuer à changer des choses. J’ai fait entendre cette voix à plusieurs reprises dans ma carrière.

Le choc
Je travaille dans le monde des communications depuis 20 ans. L’absence de diversité dans la plupart des équipes où je me suis retrouvée a fait en sorte de presque m’habituer à cet état de fait. Le « choc » est survenu il y a quatre ans lorsque j’ai intégré une équipe d’une vingtaine de professionnel(le)s des communications et que nous étions uniquement deux employé(e)s issu(e)s de la diversité ethnoculturelle visible. Je me suis dit à ce moment : « mais rien n’a donc changé en près de 20 ans ! »

Je pense avoir très bien fait mon chemin, mais il y a plein d’autres personnes bourrées de talents. Les entreprises qui se disent inclusives ne doivent plus laisser la diversité reposer sur les épaules d’une ou deux personnes dans des équipes de 20, 30 ou 40 employé(e)s.

Je demeure optimiste. Même s’il reste tant à faire dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, notamment dans le monde du travail, j’ai l’impression que des changements importants ont eu lieu au cours de la dernière année.  C'est toutefois désolant qu'il ait fallu la mort de George Floyd pour que les choses semblent enfin bouger.

Des mots maux
Mon métier est lié aux mots ; ceux qu’on écrit, prononce, diffuse et analyse. Je rêve de ne plus lire ou entendre des expressions comme « le problème c’est parce qu’il est noir » ou « être de la mauvaise couleur ». Ces expressions, peu importe qui les dit, ne font qu’enfoncer le pieu du racisme sur les victimes au lieu de remettre le problème sur les personnes en faute. Tous les humains sur cette planète sont nés exactement de la bonne couleur de peau.

Notre pouvoir
En tant que personnes travaillant dans le monde des communications, de la publicité et des médias, nous détenons un énorme pouvoir entre nos mains pour tenter de changer les perceptions et les mentalités. Comment cela ? Parce que nous produisons une quantité phénoménale de contenus qui arrivent aux yeux et aux oreilles de beaucoup de monde. Nous devrions toujours nous demander (je m’inclus bien sûr dans ce « nous », car nous avons tous des biais inconscients) si ce qu’on produit risque de renforcer des stéréotypes et des préjugés ou, au contraire, contribue à une plus grande inclusivité et représentativité de tous.

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Afin que toute notre industrie se fasse davantage voir et entendre, le Grenier aux nouvelles souhaite présenter des modèles inspirants issus de la diversité culturelle, de sexe, d’identité de genre, d’âge et en situation de handicap dans sa série « Dans l’œil de… ». Cette série vise à donner l’espace à des talents cachés de l’univers de la communication – publicité, production, côté agence et côté client, et à nous faire découvrir des personnes qui auraient lancé une initiative pour favoriser l’équité, la diversité et l’inclusion dans leur organisation. Si vous souhaitez soumettre votre portrait, ou connaissez une personne qui serait intéressée, écrivez-nous à [email protected].


Dans l’œil de Tamara Chanoine (pigiste)

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