Dans l’œil de Mélanie Piard (Classcraft)

le 23 février 2021


Mélanie Piard
Mélanie Piard, Directrice de Création, Classcraft
Crédit photo : Fabrice Piard

  • Une cause qui te tient à cœur : L’expression créative des personnes autochtones, noires et de couleurs (PANDC) dans toutes ses formes. Grâce aux médias sociaux, nous sommes exposés à la créativité bouillonnante des communautés de minorités visibles et ethniques et c’est rafraîchissant de voir le travail produit par ces talents sur la scène culturelle. Je rêve de voir les Amanda Gorman de ce monde dans l’industrie créative au Québec. J’y crois !
  • Qu’apportes-tu sur une île déserte :
    Des crayons, du papier, un bouquin… Mais non. J’apporte tout simplement Alexa, le modèle Michael B. Jordan. Ça répond à tous mes besoins. Superbe, cette machine !
  • Si tu étais une plante/un livre/une œuvre d’art/un événement historique, tu serais :
    Je serais probablement une œuvre de l’artiste anglo-libérienne Lina Iris Viktor, plus précisément la série Constellations. Des compositions riches, complexes et profondes.
  • Ton mot favori :
    Kessessa ?! Une interrogation. Une exclamation. Simple, ponctué d’humour et d’une belle consonance, ce mot veut tout dire.

Rêver avec ambition
« Dream with ambition, lead with conviction, and see yourself in a way that others might not see you, simply because they’ve never seen it before. »

Ces mots de Kamala Harris prononcés lors de son discours d’investiture résonnent encore en moi. Même après 20 ans de carrière professionnelle, j’avais besoin de les entendre. Ces mots sont venus consolidés qui je suis et célébrer mon unicité, mon talent, ma curiosité, mes forces, ma perspective unique à mon vécu et mon empathie que j’ai mis à profit dans mon parcours personnel et professionnel. 

Dès l’âge de 13 ans, je rêvais déjà avec ambition. Le film Boomerang était ma première introduction à l’univers de la pub. Je découvrais un monde fascinant et inspirant. J’ai été particulièrement marqué par le personnage incarné par Halle Berry, Angela, une directrice de création exécutive. Une femme noire créative et accomplie. À mes yeux, tout était possible. Même dans la fiction, la représentativité est importante.

En 2018, j’ai pris conscience de l’importance de la représentativité lors de la rencontre fortuite d’une adolescente noire qui m’a abordé avec enthousiasme à la cafétéria de l’agence où je travaillais. Elle était venue rencontrer des professionnels dans le cadre d’une journée d’orientation. Je me souviens encore de son étonnement lorsqu’elle a su qu’elle parlait à une directrice de création adjointe qui lui ressemblait. Je venais d’élargir ses horizons. J’ai vu dans les yeux de cette jeune fille s’allumer un rêve et j’ai réalisé que je suis, sans toujours le vouloir et le savoir, une pionnière. Une mentore. Un espoir. Une preuve que tout est possible.

Passer du rêve à la réalité
Une personne sur trois à Montréal est PANDC. Le Québec compte la deuxième plus grande population noire du Canada (26,6 %). Pourtant, notre industrie est loin d’être le reflet de notre société.

Le manque ou carrément l’absence de représentativité n’encourage pas ce groupe à s’intéresser aux perspectives de carrière dans l’industrie de la créativité. Le peu qui s’y aventure abandonne très tôt par manque d’opportunité d’avancement professionnel. C’est une chose d’attirer de jeunes talents tels que des stagiaires ou des coordonnateurs, mais c’est un défi de les accompagner dans le développement de leur carrière et les aider à accéder à des postes de direction.

J’ai personnellement rencontré des embûches qui m’ont poussé à considérer d’autres avenues professionnelles. Mais, ma persévérance et ma détermination m’ont permis d’ouvrir des portes et gravir des échelons dans un monde où j’étais souvent la première femme noire. Et parfois, la seule PANDC.

Il est plutôt simpliste de penser que si les talents PANDC ne postulent pas, c’est qu’ils n’existent pas. Je suis d’avis que les leaders de l’industrie ont pour responsabilité de poser des actions concrètes pour résoudre ce problème d’homogénéité. Étant moi-même sur la ligne de feu, je me fais un devoir envers les jeunes talents de ma communauté de promouvoir mon métier et de paver la voie pour d’autres. Je dois les rejoindre dans leur monde, les encourager et les accompagner dans leurs cheminements.

Aujourd’hui, j’assume mon rôle avec conviction et je continue de me voir d’une manière que les autres ne me voient peut-être pas encore. J’espère, tout au long de mon parcours, représenter les femmes, les noirs et les personnes racisées dans des espaces où nous n’avions encore jamais mis les pieds.


Dans l’œil de Mai Anh Tran-Ho (Moov AI)

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