Dans l’œil d’Idir Boudjemai (Plan A)

le 15 décembre 2020


Idir Boudjemai

Idir Boudjemai
Responsable marketing et stratégie numérique, Plan A

  • Une cause qui te tient à cœur : L’éducation et la culture, car ce sont les moyens les plus efficaces pour lutter contre l’ignorance, l’injustice et les inégalités. L’éducation permet de mieux préparer nos enfants à (re)penser le monde de demain, un monde plus juste. La culture a le pouvoir de rassembler les peuples et de consolider les connaissances. Offrir la chance aux enfants la possibilité de grandir dans un environnement favorable à l’apprentissage et à la créativité fait partie de mes engagements. Je le faisais et je continue à le faire par le biais de partenariats avec des associations qui militent pour le droit des enfants à l’accès à l’enseignement et à la culture.
  • Qu’apportes-tu sur une île déserte ? Mon cahier de dessin et mon Calligraphy Pen. J’aurais largement du temps pour m’occuper à illustrer mes pensées, chose que je fais de moins en moins ces derniers temps...
  • Si tu étais une plante/un livre/une œuvre d’art/un événement historique, tu serais :
    • Plante : Un cactus, car il est clivant et résistant.
    • Livre : L’explication d’YB, un roman alliant fiction, références historiques et esprit analytique.
    • Œuvre d’art : Love Is In The Air de Banksy
    • Événement historique : 20 avril 1980 et 2001 (printemps berbère/printemps noir), dates marquant la révolte des Kabyles, un peuple berbère qui lutte toujours pour son droit à sa singularité identitaire, sa culture millénaire et sa soif de liberté et de démocratie
  • Ton mot favori : El Gosto, un terme algérois qui désigne un état de bien être, une sorte de nirvana qu’on guette au quotidien.

Mon intégration au Québec : un parcours anticipé

Je n’ai pas à me plaindre de mon processus d’intégration au Québec même si j’ai dû parfois essuyer certains commentaires (indirects) teintés de clichés. Je dirai même que mon intégration est une réussite, car j’ai fait en sorte de mettre toutes les chances de mon côté afin d’intégrer le marché du travail québécois sans grande difficulté. 

Je me suis bâti un solide réseau professionnel sur LinkedIn et passé des certifications en marketing numérique bien avant mon arrivée histoire d’anticiper les difficultés que vivent les nouveaux immigrants. 

Le processus classique d’intégration imposait la reprise des études en vue de l’obtention d’un diplôme local mieux reconnu auprès des employeurs au Québec ainsi que l’acceptation de rétrograder professionnellement pour acquérir coûte que coûte cette fameuse première expérience québécoise. 

J’ai catégoriquement refusé ce processus, car je ne voulais pas perdre mon temps et que seulement mes compétences pouvaient faire la différence ; et c’est ce qui s’est d’ailleurs passé. Je ne regrette donc pas ce choix, bien au contraire. D’ailleurs, je partage souvent mon expérience et mes conseils auprès des personnes fraîchement débarquées histoire qu’elles ne refassent pas les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs.

Par ailleurs, je me suis investi dans des projets personnels entrepreneuriaux et artistiques. Cela m’a permis de garder un certain équilibre, car je ne voulais pas dépendre uniquement de mon emploi et puisque je suis quelqu’un d’ambitieux, pluridisciplinaire et qui aime constamment relever les défis, ce genre de projets constituent une source de stimulation, d’inspiration et de motivation.

Les possibilités qu’offre le numérique sont tellement nombreuses qu’on ne peut pas y passer à côté. Il faut juste savoir saisir les opportunités. J’ai trouvé au Québec des conditions propices à mon épanouissement notamment en matière d’entrepreneuriat et de business mindset. Chose qui m’était occultée quand j’étais en France. Je ne regrette donc absolument pas mon choix de m’installer dans la belle province.

Un événement, une cause, une action

Néanmoins, ma première expérience d’emploi a été marquée par un événement particulier. Peu de temps après mon arrivée, j’étais témoin d’un comportement déplacé de la part d’un employé sur ma collègue au département marketing. Étant dans ma nature de rejeter toute forme d’injustice et de comportement irrespectueux, j’ai suggéré à ma collègue de remettre un rapport d’incident (attouchement sexuel) à notre directrice qui a immédiatement pris les mesures juridiques nécessaires afin de mettre fin au contrat de cet individu. J’étais surpris d’apprendre qu’il n’était pas à son premier coup et que d’autres collègues femmes ont déjà subi ses harcèlements.

Honnêtement, je n’aime pas trop en parler, car je considère mon geste comme étant une réaction très spontanée contrairement à mes collègues qui ne cessent de faire l’éloge de mon action en la qualifiant de geste héroïque. J’en parle uniquement, car on m’offre ici une tribune pour partager cette expérience et participer à faire cesser ce genre de comportements inappropriés dans le milieu du travail (et ailleurs). Les femmes ne devraient pas avoir peur ni honte de dénoncer le harcèlement qu’elles subissent au quotidien. Elles ont la chance de vivre dans un pays de lois et les moyens ne manquent pas pour faire valoir leurs droits. 

Les mentalités doivent changer. Il ne suffit pas de porter l’étiquette du féminisme pour se considérer réellement comme tel. C’est seulement le passage à l’action (sincère) qui prime au final en prêtant une attention particulière au travail de sensibilisation et d’éducation. C’est notre devoir de contribuer à lutter contre toute forme d’inégalité, peu importe sa nature.

Compétences et diversité

Présentement, j’occupe le poste de responsable marketing et stratégie numérique chez Plan A, une firme spécialisée dans la location de condos résidentiels et commerciaux/industriels. La diversité est très marquante au sein de l’entreprise à l’image de nos clients. D’ailleurs, le fondateur est d’origine libanaise et les employés sont issus d’univers différents ce qui confère à l’entreprise une certaine diversité enrichissante aussi bien sur le plan professionnel que sur le plan humain. 

Pour ma part et avec l’aide inestimable du VP Marketing, je mets à la disposition de mon équipe tous les moyens nécessaires afin qu’elle puisse accomplir sa mission dans des conditions optimales en veillant à ce que les projets soient assignés selon les profils (marketing, communication, créativité, exécution, etc.) et pouvoir atteindre nos objectifs d’une manière plus efficace. 

L’entreprise est en forte croissance et ma mission consiste, entre autres, à aller chercher les meilleurs profils pour les postes à combler. Bien évidemment, le genre, l’origine ethnique ou l’appartenance religieuse ne font pas partie de ma philosophie d’embauche. J’accorde de l’importance aux compétences, parfois bien au-delà même du cursus académique.

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Afin que toute notre industrie se fasse davantage voir et entendre, le Grenier aux nouvelles souhaite présenter des modèles inspirants issus de la diversité culturelle, de sexe, d’identité de genre, d’âge et en situation de handicap dans sa nouvelle série « Dans l’œil de… ». Cette série vise à donner l’espace à des talents cachés de l’univers de la communication – publicité, production, côté agence et côté client, et à nous faire découvrir des personnes qui auraient lancé une initiative pour favoriser l’équité, la diversité et l’inclusion dans leur organisation. Si vous souhaitez soumettre votre portrait, ou connaissez une personne qui serait intéressée, écrivez-nous à [email protected].


Dans l’œil de Mai Anh Tran-Ho (Moov AI)

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