PME MTL prêts (pour la relance)

par Raphaël Martin, le 18 novembre 2020


Un récent sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) démontre que plus de 18 000 PME québécoises pourraient avoir fermé leurs portes d’ici quelques mois en raison de la pandémie de COVID-19. Alors que la deuxième vague du virus sévit, un soutien financier de 30 millions de dollars vient donner un second souffle à des entrepreneurs au bord de l’asphyxie. Discussion sur cette mesure exceptionnelle (et lumière sur la réalité d’entrepreneurs d’ici) en compagnie de Marc-André Perron.

Des espaces commerciaux laissés à l’abandon et des locaux exempts de toute trace de vie : telles sont les caractéristiques d’un centre-ville désormais jalonné de petits déserts urbains. Si la pulsation économique du Grand Montréal a certes déjà battu des mesures plus enjouées, la déprime de novembre, cette fois, n’y est strictement pour rien. Alors que commerçants, OBNL et travailleurs autonomes tentent de reprendre leur souffle après avoir été frappés de plein fouet par une première vague, PME MTL et son nouveau Fonds d’aide et de relance régionale (FARR) leur laisse entrevoir une bouffée d’oxygène grâce à l’injection de plus de 30 millions de dollars en prêts sans intérêt aux entreprises dont les revenus sont impactés négativement par la COVID. « Les entrepreneurs ont demandé de l’aide et ils ont été entendus, affirme Marc-André Perron, directeur général de PME MTL Centre-Ouest. Ce fonds exceptionnel permettra à des entrepreneurs de l’île de relancer comme il se doit leurs commerces ; il permettra, dans d’autres cas, de maintenir des entreprises en vie et à des gens de conserver leur emploi le temps que la vie reprenne son cours normal. »

FAIRE MIEUX, FAIRE DIFFÉREMMENT

Des gens tels que Claire Michaud, jeune entrepreneure de Saint-Hubert qui venait de rouvrir son commerce (un café) dans le Centre-Sud de l’île. « On rouvrait nos portes à la fin septembre après un mois de réno pendant l’été, quel timing de m*rde ! se remémore-t-elle en s’esclaffant. Je venais de dépenser des sous pour agrandir mon espace salle à manger. En ce moment, ce que je veux, c’est de pouvoir réengager mon monde pour faire rouler mon service de livraison. » Un scénario qui lui est désormais envisageable. « On veut permettre aux entrepreneurs d’être capables de passer au travers des prochains mois, poursuit Marc-André Perron. C’est l’objectif premier. Mais on veut aussi donner à ces mêmes entrepreneurs la possibilité de faire bien, de faire mieux et de faire différemment dans un monde qui, pour l’instant, n’est plus le même. Il en va de même pour ces gens dont l’entreprise roulait rondement avant la pandémie et qui ne demandent qu’à pouvoir survivre à une baisse substantielle de revenus — en attendant de reprendre leurs activités à plein régime. »

QUESTION DE REVENUS

Des gens cette fois tels que Gary Richard, dont la petite entreprise de graphisme publicitaire de l’ouest de la ville a dû temporairement fermer boutique. « Nous avions connu une baisse de 80 % de nos revenus en avril, affirme-t-il. Nous avons atteint le 95 % en mai. Ça fait mal de devoir remercier ses deux employés de manière inattendue en l’espace de quelques jours ; ça fait encore plus mal d’être pris à la gorge avec un bail et des équipements informatiques à payer — sans aucune manière de les rentabiliser. Essaie d’aller dire à ta banque par la suite que tu as besoin d’argent pour trouver une façon de réinventer ta pratique : tu frappes un mur. » Un cas classique chez les entrepreneurs qui pourront dès maintenant demander un accès au fonds. « La déclaration (ainsi qu’une démonstration de la baisse) des revenus fait foi de tout, ajoute Marc-André Perron. C’est le tout premier critère sur lequel on se penche pour rendre une entreprise éligible. Évidemment, faut-il encore qu’il puisse être démontré que ladite baisse de revenus a bien été causée par la pandémie : une entreprise dont le rendement était en chute libre en février, par exemple, ne le serait pas. Il est aussi important que les entreprises ne soient pas admissibles aux autres mesures fédérales déjà en place reliées à la COVID-19. »

RÉSILIENCE ET OBSTINATION

Une aide financière qui arrive à point pour une pléthore de commerçants qui craignent en ce moment de voir la deuxième vague emporter ce qui leur reste d’espoir et de solidité financière. « Le montant maximal d’aide financière pour chaque bénéficiaire qui aura déposé un projet déclaré admissible est de 40 000 $, poursuit Marc-André Perron. Cependant, PME MTL se réserve aussi le droit d’octroyer une aide financière d’un montant supérieur lorsque les besoins financiers le justifient. Et c’est fort mérité. Pour avoir été en contact avec plusieurs de ces entrepreneurs, j’ai pu voir des exemples de force et de résilience hors du commun. Malgré tout le tumulte, il y a du positif qui est ressorti et qui ressort encore aujourd’hui de tout cela. Cette obstination à vouloir trouver des solutions créatives est quelque chose, si je puis dire, qui leur est propre. Il faut le souligner. S’il y a bien évidemment une donnée que nous ne connaissons pas encore (je parle bien sûr ici d’une potentielle date où un vaccin ou quoi que ce soit du genre puisse nous permettre de revenir à la normale), il est important que les gens de la communauté des affaires de Montréal sentent notre appui. »


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