Dans l’œil de Dorothy Rhau (Salon International de La Femme Noire)

le 3 novembre 2020


Dorothy Rhau
Dorothy Rhau
Directrice générale, Salon International de La Femme Noire (SIFN)

Crédit photo : Alexandre Paskanoi

  • Une cause qui te tient à cœur : L’avancement des Femmes Noires
  • Qu’apportes-tu sur une île déserte : Une bible ! Ben oui... Pourquoi pas :P
  • Si tu étais une plante/un livre/une œuvre d’art/un évènement historique, tu serais : L’Aloe Vera pour ses multiples vertus, La magie de voir grand de David Schwartz, tout œuvre d’art afro-descendant, la Révolution haïtienne qui a fait d’Haïti le premier État noir de l’histoire et le Black Lives Matter, qui a réveillé, à l’échelle planétaire, la conscience collective sur la vie des Noirs.
  • Ton mot favori : zafe’w ​(c’est ton problème en créole)

La représentation de la diversité ethnoculturelle dans les médias

Quand j’étais jeune, je pouvais m’identifier à Doualé (marionnette noire dans Passe-Partout) et à Michaëlle Jean. Entre elles, il y avait, bien évidemment, ma mère et mes tantes qui étaient pour moi, mes premières icônes de beauté noire. Sinon, comme pour plusieurs jeunes filles noires du Québec, je devais me retourner vers nos voisins du Sud pour pouvoir me voir à la télé, sur la page couverture d’un magazine ou même dans une publicité. Vers l’âge adulte, j’avais même un budget pour me procurer des magazines pour femmes noires : Essence, Ebony, Amina, Divas​ ou ​Miss Ébène.​ Au Québec, ​Souche Magazine.​

Il n’y a pas si longtemps, une étude américaine, ​Nielsen​, a démontré que​ les femmes noires dépensent neuf fois plus que les femmes blanches en coiffure et en beauté​. Je me souviens du mois de septembre 2018 où il y a eu un nombre record de femmes noires en page couverture de magazines. Moment historique ! Toujours selon l’étude, les femmes noires sont parmi les consommatrices les plus avides de magazines. Nielsen estime que la préférence des femmes noires en matière de consommation pourrait aider à « ​amener le pouvoir d’achat total des Noirs vers un record de 1,5 milliard de dollars d’ici 2021 ​», ce qui pourrait expliquer pourquoi le monde de l’édition américain a finalement concentré son objectif sur les visages et les histoires d’influenceurs noirs. Alors, ​pourquoi au Québec on tarde tant à emboîter le pas vers une meilleure représentation de la diversité ethnoculturelle dans nos médias ?

Bien que les Afro-Québécoises sont beaucoup moins nombreuses que les Afro-Américaines, notre pouvoir d’achat en matière de produits cosmétiques et de soins capillaires est sous-estimé parce qu’il n’y a jamais, réellement, eu d’étude de marché. Et si on ajoute à ce bassin les autres femmes issues de la diversité ethnoculturelle, c’est sur plusieurs millions de dollars que les agences de communications se ferment les yeux. Il y a là, au Québec, une minorité visible considérée comme étant un marché invisible. ​Que faut-il faire pour changer la donne ?

  1. Embauchez des gens issus de la diversité ethnoculturelle tant pour vos employés que pour vos professionnels.
  2. Impliquez vos employé(e)s racisé(e)s dans vos rapports avec vos clients, campagnes publicitaires et dans vos décisions.
  3. Ouvrez la porte à des stagiaires qui ont un nom, un accent ou une couleur de peau différente de la majorité des employé(e)s.
  4. Apprenez à connaître ce « marché ethnoculturel » en faisant des études de leurs habitudes de consommation et allez à leur rencontre !
  5. Commanditez et faites l’activation de vos produits/services dans les événements qui desservent une clientèle ciblée. Tel que le Salon International de la Femme Noire ;)
  6. En attendant le projet de banque d’images BIPOC/diversité locale que concocte Ingrid Enriquez-Donissaint (scoop !), si vous recherchez des images illustrant des Noirs, utilisez ce kit de survie : Où trouver des images gratuites avec des personnes noires (réelles) pour ses projets.
  7. OSEZ, c’est vendeur ! Prenons le cas de la femme québécoise qui est plurielle. On a vu récemment en page couverture Sarahmée, Elisapie... À quand une femme portant le hijab ? Voir des visages qui reflètent la diversité ethnoculturelle de la société québécoise dans des annonces ou affiches publicitaires, dans des magazines et pas uniquement en temps de crise raciale (Black Lives Matter, Justice For Joyce Echaquan) renvoie un message clair et perceptible du « Nous » inclusif.

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Afin que toute notre industrie se fasse davantage voir et entendre, le Grenier aux nouvelles souhaite présenter des modèles inspirants issus de la diversité culturelle, de sexe, d’identité de genre, d’âge et en situation de handicap dans sa nouvelle série « Dans l’œil de… ». Cette série vise à donner l’espace à des talents cachés de l’univers de la communication – publicité, production, côté agence et côté client, et à nous faire découvrir des personnes qui auraient lancé une initiative pour favoriser l’équité, la diversité et l’inclusion dans leur organisation. Si vous souhaitez soumettre votre portrait, ou connaissez une personne qui serait intéressée, écrivez-nous à [email protected].

 


Dans l’œil d’Idir Boudjemai (Plan A)

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