Dans l’œil de Jean-François Garneau (Cri agence)

le 26 octobre 2020


Jean-François Garneau
Jean-François Garneau, Conseiller sénior, Cri agence
Crédit photo : Patrice Lamoureux

  • Une cause qui te tient à cœur : Les causes portées par le GRIS Montréal et Avec notre sang.
  • Si tu étais un aliment/une plante/un livre/une œuvre d’art, tu serais : Un Mini-Wheat ! Côté nature, côté givré.
  • Qu’apportes-tu sur une île déserte : Mon plaisir coupable du moment, le premier album d’Ava Max.
  • Comment en savoir plus sur ton alter ego ? En suivant @ageofzenith sur Instagram.

Par où commencer ?

Lorsque j’ai fait ma sortie du placard à mes parents il y a une dizaine d’années, j’ai ressenti leur peur que cela puisse me priver de certaines opportunités, notamment dans le monde du travail. Une décennie plus tard, je réalise qu’avoir accepté ma différence m’a apporté tout le contraire. Être bien avec soi, c’est dégager de l’assurance et de l’authenticité. Quel employeur ne recherche pas ces qualités chez un candidat ? Autant chez Desjardins que chez CRI, j’ai longtemps été le seul gars de l’équipe, et je crois que mon orientation a, en quelque sorte, facilité mon intégration dans des départements majoritairement féminins. 

Comme nous l’avons constaté au cours des derniers mois, tout n’est pas toujours rose quand on fait le portrait de la diversité au Québec. Il n’est pas nécessaire selon moi de trouver le responsable d’un Gala Artis trop blanc ou d’une sous-représentation des minorités sexuelles au petit écran. Commençons par prendre conscience du problème et du pouvoir énorme que nous avons, en tant qu’agences et clients, pour changer les choses. Nous entrons directement dans les maisons et dans le quotidien des consommateurs à coup de visionnements et de clics. Nous influençons ce qui sera vu pendant les pauses télévisées, ce qui sera aperçu entre deux articles d’un magazine, ce qui sera visionné sur nos sites web préférés. Nous avons notre mot à dire sur les artisans embauchés et les talents exposés. Quel genre de famille, quel genre de couple, quel genre d’individus choisirons-nous pour porter nos contenus ? Les clients nous sollicitent pour nos recommandations ; ne faisons pas que suivre les tendances, provoquons-les.

Je ne suis pas que le seul garçon de mon département ; je suis aussi le seul représentant d’une quelconque minorité. Alors que 10 % de la population est, statistiquement, issus de la diversité sexuelle, j’ai toujours pensé que dans le domaine des communications et du marketing, ce nombre devrait être encore plus élevé, étant donné le niveau d’éducation et une représentativité des genres plus équitable que dans d’autres secteurs. Pourtant, si j’avais à faire renaître de ses cendres le club LGBT+ créé au travail à la blague il y a quelques années, j’en serais le seul et unique membre.

Mais, donc, par où commencer ? Le changement passe par une meilleure représentativité de la diversité à l’interne et par des initiatives de recrutement qui suivent le mouvement. Inutile de rappeler les bénéfices que la diversité peut amener à une organisation. On constate aussi, plus souvent qu’autrement, qu’au sommet des structures décisionnelles se retrouvent des individus qui se ressemblent et qui n’ont pas nécessairement côtoyé la différence en grandissant. Ce sont, entre autres, les bases de la discrimination systémique, et c’est là où la formation entre en jeu. Donnons-nous les moyens de faire partie de la solution en se dotant de politiques mesurables qui favorisent la diversité.

Rien n’est parfait, mais je réalise tout de même la chance que j’ai. J’ai toujours été encouragé à m’exprimer à travers différents médiums ; c’est peut-être pourquoi j’aime autant travailler avec les DA ! Depuis deux ans, cela se traduit par la pratique de l’art du drag. Je ne pourrais m’imaginer poursuivre une telle activité sans un environnement de travail où règne l’ouverture au quotidien. Chez CRI, je n’ai pas à me cacher.

En 2013, j’ai rédigé un article d’opinion dans le Journal Métro concernant l’interdiction, alors à vie, de donner du sang pour les hommes ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme. Force est de constater que certains faits mentionnés dans cet article sont maintenant désuets. L’enjeu n’est pas réglé, mais les choses ont évolué. J’espère que la même situation se produira avec cet article, pour que je puisse me relire dans quelques années et réaliser le pas vers l’avant que nous aurons fait depuis.

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Afin que toute notre industrie se fasse davantage voir et entendre, le Grenier aux nouvelles souhaite présenter des modèles inspirants issus de la diversité culturelle, de sexe, d’identité de genre, d’âge et en situation de handicap dans sa série « Dans l’œil de… ». Cette série vise à donner l’espace à des talents cachés de l’univers de la communication – publicité, production, côté agence et côté client, et à nous faire découvrir des personnes qui auraient lancé une initiative pour favoriser l’équité, la diversité et l’inclusion dans leur organisation. Si vous souhaitez soumettre votre portrait, ou connaissez une personne qui serait intéressée, écrivez-nous à [email protected]


Dans l’œil de Mounir Fadlou (Cri agence)

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