Lea D. Nguyen

Comment ça va pour vrai chez Canidé et Erod?

par Lea D. Nguyen, le 9 juin 2020


L’arrivée des beaux jours miroite un semblant de vie qui flirte moins avec la dystopie. Et pourtant, les bourgeons qui se ragaillardissent et les oiseaux qui gazouillent cui-cui jurent avec la réalité pandémique. En avril dernier, le Grenier a sondé plusieurs figures du milieu de la communication pour connaître ce qu’elles avaient vraiment sur
le « chest » depuis le début du confinement. Les échos de l’industrie oscillaient entre espoir, fatigue et incertitude. Gratitude aussi, de savoir que quelqu’un, quelque part, lui demande « comment ça va pour vrai ». L’univers de la comm est peut-être petit, mais on n’a pas pu échanger avec tout le monde ! On a donc répété l’exercice. Une fois de plus, revue en toute transparence sur ce que vit l’industrie : petites boîtes, plus grandes boîtes et freelancers.

Chaque semaine depuis mai, le mardi et le jeudi, le Grenier diffuse sa série « Comment ça va pour vrai chez... ».

Comment ça va — pour vrai ?

« Comment ça va, pour vrai ? Plutôt bien, en fait ! On va tout de même se l’avouer : la réponse aurait été différente il y a deux mois (RIRES) », dit d’entrée de jeu Stéphane Doré, président chez Erod.

Stéphane Doré
Stéphane Doré, président, Erod

L’agence a commencé le travail à distance dès le lundi 16 mars. Stéphane nous raconte que le mercredi d’avant, toute l’équipe assistait à l’événement Gala-bénéfice du CPS Faubourg, dont Erod a développé l’image. « En quelques jours, l’idée d’une soirée comptant plusieurs centaines d’invités est devenue tout simplement impensable. Je pense que ça a rendu le début du confinement encore plus frappant, encore plus irréel ».

C’est en toute humilité que Stéphane révèle que les premières semaines du confinement ont été stressantes et épuisantes. « La moitié des appels qu’on recevait, c’était pour gérer une crise. Parfois, c’était de rassurer un client ou de répondre à ses incertitudes. D’autres fois, ces appels étaient porteurs de mauvaises nouvelles : campagnes réduites ou mises sur pause, mandats reportés ou même annulés… c’est très insécurisant pour un entrepreneur ».

« Le mois de juin a commencé, il fait soleil, je crois que la tempête s’est calmée un peu. En date d’aujourd’hui, je peux dire au nom de Canidé que ça va bien », dit Rachel Desbiens-Després, directrice générale et chef de la stratégie.  

Rachel Desbiens-Després
Rachel Desbiens-Després, directrice générale et chef de la stratégie, Canidé

Ceci dit, en mars, dès que la crise a frappé de plein fouet tout le monde, Rachel estime que petites et grosses agences ont vécu la même chose. « Une série de coups de téléphone disant que les campagnes étaient annulées ou en pause. Comme les clients eux-mêmes étaient aussi en situation inédite, il fallait prendre du recul pour faire le point et trouver la meilleure stratégie », indique-t-elle.

Humains avant tout

La directrice générale de Canidé avance qu’Anne-Marie Caron, présidente et chef des relations publiques, et elle ont toujours avantagé l’approche « tortue versus lièvre ». Prévoyantes depuis les débuts (l’agence aura bientôt 5 ans), elles mettaient de l’argent de côté pour être prêtes à ce genre d’éventualité. « Ce facteur-là a peut-être amoindri l’impact de la crise. Avec mon équipe, on a eu la chance de faire de l’introspection et on a identifié ce qui nous a permis de passer à travers. Chez Canidé, on a une culture entrepreneuriale très forte. On est tous des individus qui sont soient intrapreneurs ou qui possédons des qualités d’entreprenariat, c’est-à-dire avoir la vivacité et la capacité à s’adapter rapidement, reconnaître les nouvelles opportunités, etc.  Je pense que ça nous a beaucoup servi ».

Rachel croit que ce serait hypocrite de dire que ce n’était pas difficile, surtout en mars et en avril. « Quand je dis difficile, je ne parle pas nécessairement du point de vue de performance de l’entreprise. Je parle d’un point de vue humain, en tant que personne. On est des humains à la base ».

Stéphane abonde dans le même sens. Ces dernières années, Erod avait le vent dans les voiles. « Notre chiffre d’affaires augmentait d’au moins 25 % annuellement et 2020 s’annonçait prometteuse, avec son lot de mandats d’envergure. 2020 devait être notre année ! Ç’a été difficile pour moi d’accepter cette pause forcée ». Somme toute, le président croit que l’agence est très chanceuse et qu’elle est en bonne santé financièrement, ce qui lui donne confiance à traverser la crise sans trop de soucis.

« Je sais qu’on en ressortira aussi forts qu’avant et surtout, d’attaque pour la relance, poursuit-il. On parle de chiffres, mais une agence, c’est avant tout des humains. Pas toujours facile de trouver l’équilibre entre se faire rassurant et demeurer transparent, face aux membres de mon équipe qui, eux aussi, ont leurs propres craintes à gérer. Cette équipe, on met des années à la bâtir, à trouver les meilleurs éléments pour s’y joindre. C’est déchirant d’avoir à se demander qui on devra laisser partir en premier, puis en second... »

Après 4 ou 5 semaines après le début de la crise, un élan d’espoir a réanimé les troupes chez Erod, puisque plusieurs campagnes ont été relancées et de nouveaux mandats sont arrivés. « Pas autant qu’on aurait voulu, mais suffisamment pour conserver toute l’équipe en poste. Le coup de pouce financier offert par le gouvernement fédéral n’aura pas été de trop non plus », précise Stéphane.

Dans l’optique de prévenir plutôt que guérir, les dirigeantes de Canidé ont eu recours à des actions « plus drastiques », comme mettre à pied temporairement deux personnes et réduire les salaires de la totalité de l’équipe de 20 %. « L’ensemble de nos employés regagneront leur salaire perdu dès le retour à la normale », spécifie Rachel. « On a aussi travaillé conjointement avec nos comptables et fiscalistes pour avoir accès aux subventions, et surveiller de très près le flux de trésorerie, pour ne pas avoir de surprises. C’était la gestion des surprises quoi (RIRES) ».

La DG de Canidé exprime qu’il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide. Elle s’estime chanceuse d’avoir été entourée de professionnels plus chevronnés qui ont su prodiguer des conseils aux moment opportuns.  

Garder contact (et le moral)

Après 13 semaines de travail exclusivement à distance, Erod s’est plutôt bien adaptée et assez rapidement. « On a repris notre rythme de croisière. Le télétravail faisait déjà partie de la réalité de l’agence, mais certainement pas à cette intensité ! ».

Du côté de Canidé, elle a mis en place un projet d’opérationnalisation à l’automne avec l’aide de la consultante Josiane Lévesque fin de revoir les opérations de l’agence et d’établir des processus efficaces. Rachel estime que cela a grandement aidé l’agence à s’adapter vers le télétravail « sans perte de temps et d’efficacité ».
« Quand la crise est arrivée, ça a vraiment été plus simple de s’adapter. Ce que j’ai apprécié, c’est que toute la migration vers la nouvelle réalité s’est faite en travail d’équipe – on a développé des engagements ensemble ».

Comme d’autres organisations, Canidé a adapté les pratiques qu’elle avait pré-Covid à distance et en visioconférence. Chaque matin, l’agence fait un meeting stand-up pour identifier les priorités de la journée, et chaque vendredi, place aux rétrospectives pour faire le point sur la semaine. Rachel spécifie que Canidé a aussi organisé d’autres exercices de natures plus confidentielles, comme demander à l’équipe d’écrire leurs pensées, qu’elles soient positives ou négatives, dans un document afin de passer à travers les énoncés et se donner des conseils. « Les questions de bien-être ont d’autant pris plus d’importance dans ce contexte, dit Rachel. Si quelqu’un avait besoin de parler, de soutien ou de prendre une heure pour aller marcher, elle pouvait ». L’agence a instauré des « moments de gratitude » pour reconnaître ses acquis et ce en quoi elle pouvait être reconnaissante.

Même chose chez Erod. « Ensemble, on a trouvé des façons de garder contact, chacun de chez nous. Outre les nombreux échanges via Zoom et les milliers de messages Slack (pas toujours sérieux ceux-là), chaque semaine, on tient deux vidéoconférences qui réunissent toute l’équipe, mentionne Stéphane. Le lundi matin, on fait notre meeting de production : on y fait le point sur les projets de la semaine et autres sujets importants. Le vendredi après-midi, chacun se prépare un petit drink de son choix et on jase tous ensemble pour décompresser avant le week-end ».

Stéphane a même eu droit à un surprise party ! « Les Erodiens ont souligné ma passion de la voile en se costumant en marins de tous genres pour célébrer mon anniversaire. D’ailleurs, quand on était toujours au bureau, on soulignait toujours les anniversaires. En confinement, on poursuit la tradition en faisant livrer un gâteau ou encore un bouquet de fleurs aux fêtés ».

Projets nés de la crise

Une fois que les effectifs d’Erod étaient bien installés chacun dans leur chez-soi, ils se sont rapidement posé la question sur ce qu’ils pouvaient faire pour faire une différence en ces temps difficiles. « Pitch une idée ici, lance une suggestion là, observe du coin de l’œil ce qui se fait ailleurs… tous ensemble, on a discuté de ce qu’on avait à offrir. Ça fait quoi une bande de créatifs pour rester motivée — et se démarquer — en ces temps incertains ? On jase, là... »

C’est ainsi qu’est née La Jasette.

« D’un désir commun de penser, de créer et de s’amuser. C’est un projet qui permet à notre équipe de rester unie, malgré la distance qui nous sépare les uns des autres. La Jasette, c’est la façon qu’on a trouvée d’ouvrir le dialogue avec notre communauté à un moment où on en a tous besoin ».

Publié chaque semaine sur la page Facebook d’Erod, le magazine aborde des sujets teintés par notre « réalité de confinés » comme la mode et la culture, les sports et loisirs, la vie de bureau, la vie de famille, etc. « En ce moment, La Jasette, ça nous permet de nous rallier autour d’un projet commun. Avec ce magazine, comme on est notre propre client, on a carte blanche : le rêve de tout créatif, quoi ! Mais aussi, c’est l’occasion pour chacun de sortir de sa zone de confort et même, de démontrer ses talents cachés : une gestionnaire des médias sociaux aquarelliste, une chargée de projets avec une belle plume, une rédactrice fan de jeux de rôle… »

Pour Margot Boudreau, directrice de production chez Erod, La Jasette permet de voir une autre facette des collègues qu’elle côtoie au quotidien, sans savoir ce qui les rendait si spéciaux !    

Canidé travaille actuellement sur un projet mobilisateur qui sera révélé sous peu.
« Chez Canidé, on croit que la communication est un vecteur de changement positif et on veut vraiment utiliser la situation actuelle pour guider les attitudes et les comportements des gens dans notre industrie, mais au-delà de ça aussi. On veut provoquer une discussion et une réflexion », souligne Rachel.

Pour connaître les détails de ce projet spécial découlant directement de l’impact de la Covid sur notre industrie et dans la société, il faudra s’armer de patience — du moins, jusqu’à la fin de l’été ! 


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