Lea D. Nguyen

À la rencontre de Colossale, la boîte qui fait rayonner le talent d’ici à l’international

par Lea D. Nguyen, le 1 juin 2020


Début mars, attablée autour d’une bière dans une buvette de quartier, une troupe de braves gens célébrait un lancement qui n’allait pourtant pas être inauguré de sitôt. Ils trinquèrent à un avenir plein de promesses jusqu’à ce que les aléas de la vie, comme une pandémie, leur prédestinent un dessein tout autre et les laissent en plan.

Récit d’une boîte montréalaise qui exporte le talent québécois dans le Canada anglais et en Amérique du Nord.

Fervent aficionado de films, Vlad Cojocaru, le fondateur de Colossale, n’a jamais cessé de caresser l’idée qu’il n’y avait pas de barrière au talent — on peut l’exporter à l’international tout en demeurant dans la Belle Province. La mission de Colossale, comme nous le raconte Mathieu Leduc, partenaire et producteur exécutif, est de créer et de produire du contenu québécois de grande qualité et de faire rayonner le talent des annonceurs et des réalisateurs d’ici au Québec, au Canada anglais et au-delà.

Loin d’être novice dans l’univers de la production, Mathieu en connaît tous les rouages. Il a, par ailleurs, fait ses dents chez Romeo & fils et MOM Industries. Chez Colossale, il est entouré de Vlad et d’Alex Auray (co-fondateur du label de musique Cult Nation) qui agit également à titre de partenaire et producteur exécutif de la boîte.

Avec son offre, Colossale souhaite conférer un « oumph supplémentaire » c’est-à-dire des opportunités à ses réalisateurs puisqu’elle exploite le marché montréalais, torontois et américain. Ce qu’il faut retenir, c’est que sa structure, qui a pris 3 années à développer et à parfaire, est unique. Mathieu nous énonce qu’au Québec, un réalisateur peut être représenté par plusieurs boîtes pourvu qu’elles ne couvrent pas un même territoire. Par exemple, une réalisatrice pourra être représentée à Montréal par une compagnie, et par une autre aux États-Unis pour le marché américain. « On a un double rôle au Québec, soit celui d’agent et de producteur, alors qu’aux États-Unis, c’est séparé. Il y a une structure de représentation avec des reps, qui deviennent des ressources inestimables pour les agences ».

C’est ainsi que Colossale, même si elle est basée et implantée ici, a un bureau et des représentants à New York et à Los Angeles, en plus d’un bureau à Toronto sous la tutelle du producteur exécutif Christian Tyler. La boîte a notamment produit 4 vidéoclips pour Drake, dont son tout récent projet, Toosie Slide, rapidement devenu viral sur le réseau social TikTok depuis sa sortie. Puisque son quartier général demeure à Montréal, il était tout naturel pour la boîte de réaffirmer sa présence sur le marché québécois. « Après tout, nous vivons ici et nous produisons ici dès que c’est possible », relate Mathieu. Au cours des derniers mois (pré-Covid), Colossale a convaincu les réalisateurs locaux Émile Lavoie, Meryam Joobeur (nominée aux Oscars en 2020 pour son court-métrage Brotherhood), Jeremy Comte (nominé aux Oscars en 2019 pour son court-métrage Fauve), Caraz et Sébastien Duguay de se joindre à l’équipe.

« Notre mission demeure de représenter et de faire travailler notre talent auprès des agences de publicité établies au Québec. Nous sommes toutefois en mesure de le faire dans un écosystème organiquement intégré à l’échelle nord-Américaine », précise Mathieu.

Celui qui croit que le Québec n’a pas à rougir ou à être gêné de ce qu’on produit ici n’a d’yeux que pour le talent québécois. « Regardons les Vallée Duhamel, Karim Zariffa, Ivan Grbovic de ce monde. Ce sont de grands réalisateurs publicitaires qui travaillent à l’international et continuent de faire des projets au Québec. C’est extraordinaire, on veut en voir davantage ! », s’emballe Mathieu.

Lorsque Québec a décrété la fermeture des commerces et services non essentiels le 23 mars dernier afin de freiner la propagation du virus, la date de lancement du roaster québécois a inévitablement dû être repoussée. Meryam, qui était déjà en Tunisie pour faire du repérage de casting, s’est résolue de rester là-bas pour poursuivre sa mission ; Jérémy a quant à lui planché sur la réécriture de son long-métrage qu’il prévoit tourner l’an prochain ; Caraz s’est exilé dans un chalet pour vivre son confinement avec ses copains ; Émile a même réalisé une première pub à l’extérieur pour Réno-Dépôt et une autre pour Vidéotron et Sébastien a finalisé l’écriture de son court-métrage.

Fin mai, se retrouvant au parc Laurier autour d’une bière (à deux mètres de distance), l’équipe de Colossale fête l’anniversaire de l’un d’eux, l’arrivée des beaux jours et les tournages qui recouvrent doucement. En espérant que rien, ni même une pandémie, ne laissera en plan ces âmes ambitieuses une fois de plus.

Pour découvrir les projets de Colossale, rendez-vous sur son site web ici. Pour suivre les aventures des réalisateurs sur Instagram, c’est par ici.

Colossale 1

Colossale 2

Colossale 3

Crédit photo : Gaëlle Leroyer


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