Lea D. Nguyen

Comment ça va pour vrai à LaBase et chez Joannie Tremblay?

par Lea D. Nguyen, le 21 mai 2020


L’arrivée des beaux jours miroite un semblant de vie qui flirte moins avec la dystopie. Et pourtant, les bourgeons qui se ragaillardissent et les oiseaux qui gazouillent cui-cui jurent avec la réalité pandémique. En avril dernier, le Grenier a sondé plusieurs figures du milieu de la communication pour connaître ce qu’elles avaient vraiment sur
le « chest » depuis le début du confinement. Les échos de l’industrie oscillaient entre espoir, fatigue et incertitude. Gratitude aussi, de savoir que quelqu’un, quelque part, lui demande « comment ça va pour vrai ». L’univers de la comm est peut-être petit, mais on n’a pas pu échanger avec tout le monde ! On a donc répété l’exercice. Une fois de plus, revue en toute transparence sur ce que vit l’industrie : petites boîtes, plus grandes boîtes et freelancers.

Chaque semaine, le mardi et le jeudi, prenez des nouvelles de vos collègues à travers notre série « Comment ça va pour vrai chez... ». La version longue sera publiée dans le magazine le 25 mai prochain.

Les débuts

Jacob Guité-St-Pierre, associé et président à LaBase, nous dit en toute sincérité que la boîte va sérieusement bien, mais il « touche du bois ! ». Au début de la crise, le discours était plutôt différent. « À LaBase, on a eu une fin d’année 2019 un peu difficile. On avait donc besoin d’un bon printemps 2020 si on ne voulait pas avoir à prendre des mesures drastiques… et ça s’enlignait plus que bien, explique-t-il. Donc quand la crise a frappé à la fin février, on était fâché. Puis quand le gouvernement a annoncé la fermeture des entreprises non-essentielles et que plusieurs de nos clients ont été forcés de fermer, on a commencé à être très inquiet ».  

Jacob Guité-St-Pierre
Jacob Guité-St-Pierre, associé et président, LaBase

Rapidement, l’agence s’est fait un plan d’action. « Si mes 8 ans dans la réserve des Forces armées canadiennes m’ont appris quelque chose, c’est la gestion du stress et l’importance d’avoir un plan de contingence qui évolue en temps réel. “Prepare for the worst, but hope for the best” qu’ils nous apprenaient dans l’infanterie ».

C’est ainsi que dès la première semaine, le bureau a été mobilisé à distance et a fait « beaucoup de calculs mathématiques ». « On a coupé ou négocié des deals pour nos dépenses administratives (Internet, logiciels, hypothèque, etc.), dit Jacob. On a rapidement fait des coupures salariales préventives de 15 % chez les associés. On a beaucoup communiqué avec les employés : l’objectif était de ne pas mettre personne à pied. Tout le monde appréciait la transparence et nous a dit être prêt à faire un peu moins d’argent, au besoin, si ça leur permettait de ne pas être sur le chômage ».

LaBase a également contacté tous ses clients pour leur dire qu’elle était avec eux, pour vrai. « On a offert des ententes budgétaires créatives et flexibles pour les clients en difficulté et on leur a donné notre engagement formel qu’on allait tout faire pour les aider. On a même approché de nouveaux clients québécois pour leur dire à quel point qu’on admirait leur marque et qu’on était prêt à les aider avec une portion du mandat en pro bono, parce qu’on ne voulait pas les voir fermer ».

« Au tout début de la crise, la perspective de cette expérience inédite a exercé un certain pouvoir d’attraction, confie Joannie Tremblay, conceptrice-rédactrice et ghostwriter. Une petite fin du monde pour repenser notre milieu et nos activités ? Yessssss! Oui, j’étais passablement fébrile. J’avais hâte de voir comment, collectivement, nous allions nous adapter à cette nouvelle réalité. Pigiste — avec un petit ascendant sauvage — depuis près de 7 ans, je me croyais parfaitement outillée pour composer avec les mesures de distanciation physique, mais non ».

Joannie Tremblay
Joannie Tremblay, conceptrice-rédactrice et ghostwriter

Celle qui avait l’habitude de fréquenter deux cafés de son quartier en moyenne par jour, et s’accouder au bar au moins un soir par semaine pour plancher sur ses projets plus personnels, ne peut que constater que l’action humaine est au centre de son processus créatif, maintenant qu’elle en est privée. « Être seule, mais entourée, est en quelque sorte mon équilibre. Et je ne suis certainement pas la seule. Du barista qui me demande sur quoi je travaille ces temps-ci à la discussion de la table voisine à laquelle je prête une oreille indiscrète. Et même, lorsqu’aucun mot n’est échangé, le non verbal, les mouvements ambiants, les odeurs, les sourires, les regards, bref, tout ça, consolidait mon équilibre créatif. Rapidement, j’ai dû trouver des moyens pour lutter contre l’anxiogène page blanche assortie de son curseur clignotant ».

Après plusieurs semaines de stress, les choses ont commencé à relativement bien aller, confirme Jacob. « La diversité de notre portfolio nous a gardé en vie et nous a aussi permis de saisir des opportunités. On a été invité sur des pitchs qu’on a réussi à gagner, ce qui nous a permis de faire une nouvelle embauche pour réussir à tout livrer ».

La suite

L’exutoire de Joannie ? Prendre de longues marches et de « self-compassion ». Elle s’est accordé le droit d’en faire moins, comme mettre son téléphone portable de côté et répondre moins frénétiquement à ses courriels. « Après quelques semaines de ce régime — je ne sais pas si c’est aussi l’effet du printemps —, je me sens désormais plus inspirée. J’ai un regard renouvelé sur bien des aspects de mon travail, je suis davantage centrée sur ce qui compte. Je ne sais pas non plus comment cette introspection va s’articuler et/ou si elle aura de réels impacts à long terme. Je suis encore en plein questionnement. Chose certaine, notre milieu — tant du côté des agences que des clients — a démontré une indéniable capacité d’adaptation aux changements. Il serait bien d’organiser un rassemblement inclusif et de se partager nos insights. S’être distanciés pour mieux rapprocher nos idées et pour consolider nos efforts ? Je nous souhaite de petits et de grands changements, un après plus collaboratif ».

Même si à ce jour la situation financière de l’agence est stable, LaBase est inquiète pour la suite. « C’est plus l’automne 2020 qui nous fait peur puisque l’économie sera moins forte, mais on réalise que pour l’instant on a une chance inouïe. On sait très bien que notre situation est privilégiée, c’est pourquoi on concentre actuellement nos efforts à aider les gens qu’on peut aider. Au final, c’est étrange à dire, mais on ressort beaucoup de positif de la situation, croit Jacob. Ça nous a vraiment amenés à nous serrer les coudes, à distance, à l’interne comme à l’externe. C’est en temps de crise qu’on voit la vraie nature des gens et je dois dire qu’on travaille avec des gens merveilleux, employés comme clients. Merci à vous ».


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