Normand Miron

422: thriller fantastique à saveur québécoise

par Normand Miron, le 2 décembre 2019


Confidence. J’ai toujours raffolé des aventures mettant en vedette des jeunes. Surtout ces histoires où les clowns sont très méchants, où les chats ressuscitent en zombie et où les bals de finissants et les adolescentes aux pouvoirs télékinésiques sont un mélange potentiellement très explosif. Et je pense que je ne suis pas le seul !

Depuis quelques années, Netflix et les majors semblent affamés de ce genre non genré. Pensons seulement à Stranger Things (US), à Dark (Allemagne) et à The Rain (Danemark). Grâce à Télé-Québec et à blachfilms, nous sommes sur le point d’avoir enfin notre premier thriller fantastique d’aventure jeunesse pour les 7 à 77 ans, j’ai nommé 422.

Je le qualifie ainsi parce que selon Vincent Lafortune lui-même, associé, producteur et auteur chez blachfilms, cette série se situe à la croisée de plusieurs genres, forçant d’ailleurs le FMC (le Fonds des médias du Canada) à créer une catégorie juste pour cette série de 13 épisodes de 30 minutes.

Que de chemin parcouru en si peu de temps par Benoit Lach (associé, producteur, auteur et réalisateur) et Vincent, deux ex-publicitaires qui décidèrent de faire le saut en fiction en 2013 ! Et qui firent littéralement le saut en réalisant à quel point les mondes de la fiction et de la pub étaient différents ! Pas autant dans la forme, car comme le dit si bien Vincent « de la prod, c’est de la prod, et raconter une histoire, c’est raconter une histoire ». Mais de par cette « façon archaïque de travailler », ajoute-t-il.

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Benoit Lach et Vincent Lafortune

« Nous, on voulait faire les choses autrement, m’explique Benoit. Depuis 5 ans, le web force tous les producteurs à se réinventer. Ayant fait nos premières armes en websérie, on ne l’a pas seulement compris, mais on l’a vécu personnellement ». Moins de moyens égalent plus de débrouillardise et de créativité.

Réflexe de publicitaire ? Benoit le croit. « Notre force est de pitcher. Ensemble, on est des bombes. Lorsque Télé-Québec nous a approchés pour une série jeunesse, ils l’ignoraient probablement jusqu’à aujourd’hui, mais on a bâti 422 en deux semaines seulement ! »Vincent opine. « Imagine, on vendait à Télé-Québec l’histoire de cinq jeunes qui tombent dans une dimension parallèle. Leur première question était : et elle ressemble à quoi cette dimension parallèle ? On l’ignorait nous-même (RIRES) ! »

Alors que je m’étonne qu’une institution gouvernementale embarque dans cet audacieux projet (on est quand même loin de Passe-Partout, avouons-le) les deux auteurs me corrigent. « Télé-Québec nous a forcés à aller plus loin, à ne pas nous freiner dans notre créativité », me raconte Benoit. « Contrairement à ce que l’on avait vécu en pub, cette fois, c’était le client qui nous poussait à être encore plus créatif ! » ajoute Vincent.

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Se lancer dans les ligues majeures

Ont-ils déjà un œil sur l’international ? Benoit répond spontanément. « C’est notre objectif numéro 1 depuis le tout début ! Déjà le fait que Marc-en-peluche ait été nommé meilleure série internationale à L.A. a attiré l’attention sur nous. »

« On était récemment au MIPjunior à Cannes pour présenter la bande-annonce de 422 (mot de passe : TQc) ainsi qu’une version rough de l’épisode 1 de 422, raconte Vincent. Je peux te dire qu’il y en a plusieurs qui attendent l’épisode 2 avec intérêt. On n’est plus à 10 personnes d’y arriver. On est juste à un appel ! »

« Le modèle de production d’ici est en pleine mutation, me partage Benoit. Les fonds sont à la baisse et la pression internationale s’intensifie. » Surtout avec les Disney et les Apple qui se lancent sur le même terrain de jeu que Netflix.

« Le contenu doit reprendre son importance. C’est par sa créativité qu’un projet se démarque, remarque Vincent. Hollywood se fout d’où tu viens. Si l’idée est bonne, ils vont la vouloir. »

Mais nous, quand pourra-t-on voir si l’idée est bonne ? « Quand je te disais que notre diffuseur est audacieux. Ils ont décidé de présenter la série en rafale sur une base quotidienne dès le 23 décembre. Et rien de moins que pendant Ciné-Cadeau, m’apprend avec excitation Vincent. Ils veulent voir s’il est encore possible en 2019 de convier les jeunes à un rendez-vous télé. »

Donc, dès le 6-7 janvier, vous n’aurez plus rien à faire ? « Ha ha ha, pas vraiment ! Pendant le tournage de la première saison, Télé-Québec nous a confirmé qu’il y en aurait une seconde, m’annonce fièrement Benoit. On est donc là-dedans. Et dans plusieurs autres projets aussi. »

J’ignore comment tu vas passer ton temps des Fêtes cher lecteur, mais dans mon cas, c’est sûr qu’avec cette belle excuse, je vais me taper tous les Ciné-Cadeau sans honte. 

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