Normand Miron

CARTIER reste entre mains québécoises

par Normand Miron, le 21 mai 2019


Mais il arrive parfois qu’un dirigeant, fier et entêté, mette les bouchées doubles afin que sa boite demeure entre des mains québécoises. Et il arrive aussi que de jeunes entrepreneurs d’ici décident de s’investir (littéralement !) dans une agence d’ici. Portrait d’un repreneuriat réussi avec Audrée Couture, Sébastien Pelletier, Luis Areas et Victor Dagenais-Benoit qui prennent la barre de l’agence Cartier.

cartier

Luis Areas, directeur stratégie de canaux et développement des affaires, Victor Dagenais-Benoit, planificateur stratégique, Audrée Couture, directrice-conseil, Sébastien Pelletier, directeur de création

Crédit photo : Pierre Manning (Shoot Studio)

Groupe. En fouillant sur le ouèbe, j’ai trouvé ce commentaire de Benoît (Cartier) à propos de son plan de repreneuriat : « En 2015, nous avons entamé une démarche sérieuse avec Raymond Chabot Grant Thornton afin de déterminer nos forces et notre potentiel. » Deux ans plus tard, un communiqué annonçait l’arrivée de quatre de mes ex-collègues de Marketel, dont Sébastien Pelletier. Avouez que c’est quand même rare les mots « sérieux » et « Pelletier » dans un même paragraphe ! (RIRES)

Victor : L’idée de repreneuriat était très importante pour Benoît et Michel (Lagacé). En cours de route, ils ont étudié plusieurs possibilités, mais elle s’est vraiment concrétisée lors de la venue d’Audrée, Luis et Sébastien.

Audrée : Et oui, le processus fut réellement très sérieux ! On a passé des tests chez Raymond Chabot et tout. Mais à notre arrivée, tout n’était pas décidé d’avance. Ça faisait partie des discussions, mais l’idée était surtout de se dater un peu avant de s’embarquer pour vrai.

Sébastien : On a tellement entendu d’histoires d’horreur, de passations ratées, de repreneuriats qui n’arrivent jamais, de gens qui s’accrochent ou de nouveaux qui arrivent en pensant tout savoir. Fallait vraiment s’assurer d’avoir toutes les conditions gagnantes, tant pour nous que pour Benoît. Car quand tu as ton nom sur ton agence depuis 27-28 ans, ce cheminement n’est pas facile non plus. Bref, on a fait un bout de cheminement ensemble sur l’autoroute de la vie. (RIRES)

Et il a pris la prochaine sortie de cette autoroute pour aller s’installer en campagne ? (RIRES)

Victor : Non, il est encore là ! Il agit toujours comme président. Ça va dans le sens d’un plan de transition de deux ans qui vise à s’assurer qu’elle se fasse sans heurts, d’une façon saine et organique.

Audrée : Et ce n’est pas juste un titre et un bureau vide dans le coin. En fait, Benoît n’a jamais été aussi présent que depuis deux semaines ! (RIRES) Il est impliqué dans tous les dossiers. Il faut dire qu’il aime ça être dans l’action.

Pourquoi vous quatre ?

Victor : Tous les quatre, nous nous sommes connus chez Marketel. Par la suite, j’ai travaillé chez Sid Lee sur des comptes tels que Vidéotron, Cirque du Soleil et Burger King avant de débarquer chez Cartier, il y a de ça quatre ans en tant que directeur stratégie.

Luis : La chimie s’est rapidement installée. Deux semaines après notre arrivée, on pitchait déjà tous ensemble à Québec ! On apprécie notre grande complémentarité professionnelle. Chacun a sa place tout en bénéficiant de l’apport des trois autres.

Sébastien : C’est venu aussi du fait que Benoît et Michel nous ont laissé beaucoup de place, dès le début. Et on l’a pris cette place, tous ensemble. En deux ans, on a scoré des pas pire buts, au point de doubler la taille de l’agence et d’aller chercher des nouveaux clients, des prix.

Qu’est-ce qui vous a attiré chez Cartier ? Et qu’est-ce qui vous a donné le goût de reprendre le flambeau ?

Luis : Le volet humain. Benoît et Michel sont des gars de service. Ils aiment être près des clients, près du personnel. Cette culture de proximité et d’ouverture m’a séduit. Tu as une bonne idée ? Ben, si elle a du sens, on le fait. C’est ainsi qu’à peine arrivés, on montait notre propre service média à l’interne.

Audrée : Dans les grosses agences, les structures sont plus lourdes ; la carte blanche n’existe pas. Ici, c’est une agence de gros bon sens. On a carte blanche et on la donne, pourvu que ça ait du sens pour l’entreprise.

Sébastien : Tu vas me dire que le buzzword est surutilisé, mais on bénéficie d’une très grande agilité. On est assez gros pour être un incontournable et ne pas se gêner pour aller à la guerre. Mais on peut aussi se virer de bord sans devoir appeler New York pour acheter un stylo. (RIRES)

Victor : Outre son caractère authentique, un des traits distinctifs de Cartier réside dans l’importance qu’on accorde à la relation client. Nos plus grands succès furent ceux où on était très proche du plan d’affaires de nos clients. Une capacité que les agences de plus grande envergure perdent, à mon avis.

La transaction a eu lieu voilà trois semaines. Comment voyez-vous la suite des choses ?

Audrée : En fait, ce n’était pas une grande surprise. Ni à l’interne ni à l’externe. L’idée n’était pas d’en faire une grosse nouvelle en hurlant TADA ! Ça fait déjà six mois qu’on a les mains sur les rennes, la suite est donc déjà commencée ;)

Luis : Pour parler en gars de média, l’année à venir en sera une d’optimisation. Ce genre de transaction demande énormément d’énergie. Là, on va se recentrer sur nous autres et donner de l’amour à la patente. Par exemple, je suis pas mal certain que le marché ne sait pas encore que Cartier a maintenant une offre média numérique structurée, avec déjà une douzaine de clients à bord. Idem pour notre service de création de contenu. On va le dire.

Victor : On est fiers de reprendre ce projet-là. Comme disait Luis, la transaction a pris beaucoup d’énergie. Là, j’ai hâte de partir le prochain chapitre de Cartier. On est prêts et crinqués.

Audrée : Moi, pour nous et pour nos clients.

On garde le nom Cartier ?

Sébastien : On pensait changer Cartier pour 4rtier. (RIRES) Sérieusement, l’agence a une super bonne réputation. Le nom vient avec un beau legacy. Ça donnerait rien de changer ça. Mais c’est sûr qu’on a songé à Pelletier Couture Areas & Dagenais… (RIRES)

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