Normand Miron

District M — Rapprocher l'annonceur de l'éditeur

par Normand Miron, le 18 juillet 2019


DSP, SSP, DMP... La douteuse passion consonantique de la programmatique peut être rebutante pour ceux qui comme moi aiment bien avoir quelques voyelles dans leurs mots. Heureusement, District M est là pour simplifier notre expérience !

L’achat programmatique désigne l’ensemble du procédé plus ou moins automatisé d’achat d’espaces publicitaires numériques par le biais d’enchères. Du RTB (real time bidding) au header bidding, cet écosystème évolue constamment. Très facile d’y perdre son latin — et ses voyelles !

Bien que les géants dominent largement le secteur (Google, ça vous dit quelque chose ?), quelques irréductibles Gaulois résistent non seulement encore et toujours à l’envahisseur, mais ils vont jusqu’à les affronter sur leur propre territoire. Aux États-Unis.

Dom Fortin, cofondateur et CTO de District M, explique. « Mes associés et moi avons toujours travaillé en périphérie du média, du Web et de la monétisation, notamment chez Pages Jaunes. » Lorsqu’ils constatèrent l’ampleur de la ruée vers le RTB, cette nouvelle solution qui permettait aux éditeurs de vendre leur inventaire invendu, le moment était venu pour eux de passer à l’action.

Car affairées à s’attirer les bonnes grâces du moindre éditeur américain, les entreprises de programmatique oublièrent le marché québécois. Une opportunité en or de charmer les éditeurs québécois pour District M. Et comme Sébastien Filion (cofondateur) et Dom Fortin ont également été les fondateurs du site de rencontre en ligne MonClasseur, la séduction, c’est dans leur ADN !

Éventuellement, après plusieurs conquêtes fructueuses, ils tombèrent dans l’œil de l’ATC (Accélérateurs technologiques canadiens), une initiative du gouvernement fédéral ayant pour but d’aider les entreprises canadiennes à explorer les possibilités dans les marchés étrangers. « Grâce à eux, on a eu l’opportunité d’aller à New York pendant six mois. Ça nous a permis de faire du démarchage, de rencontrer des éditeurs là-bas », se souvient Dom Fortin.

Et s’ils étaient arrivés un peu tard dans la course au RTB, c’est sans hésiter qu’ils sautèrent à pieds joints dans le creux de la vague de l’header bidding, cette nouvelle technologie qui permet aux éditeurs d’offrir simultanément leur inventaire publicitaire à plusieurs SSP/exchanges.

Cette décision fut payante. Au point où la croissance passe maintenant par ce gigantesque marché, justifiant déjà des bureaux à Toronto, New York et Los Angeles.

dom fortin
Dom Fortin 

Mais qu’est-ce qui explique le succès de District M ? Apparaissant en 123e position dans le Technology Fast 500 North America et en 25e dans le Technology Fast 50 Canada, n’est-ce pas là le signe évident qu’ils ont trouvé la recette de la potion magique ?

« On reste relativement un petit joueur en Amérique du Nord. Mais ce qui nous démarque, c’est la simplicité qu'il y a à travailler avec nous. Non seulement en matière de relation client, mais aussi au niveau des outils », répond Don Fortin.

« Il existe énormément d’intermédiaires, fait-il aussi remarquer. Chacun d'eux se prenant un pourcentage en chemin, au final, ce n’est qu’une partie du dollar qui se rend à l’éditeur. Nous, on développe donc des outils qui rapprochent le dollar de l’éditeur ».

Réduire le nombre d’intervenants, ça doit jouer un rôle au niveau de la fraude et du brand safety ? « Oui, évidemment. Mais c’est quand même une course à l’armement perpétuelle», plaisante-t-il à peine. Heureusement, de nouveaux standards du type ads.txt de l’IAB (Internet Advertising Bureau) permettent de vérifier que le volume acheté vient d’un fournisseur confirmé.

Perspective d’avenir  pour District M?

La tendance au self-serve apparait d’emblée comme une opportunité intéressante. « On planche sur des solutions technologiques qui permettront aux annonceurs et aux clients de gérer eux-même leurs campagnes, sans avoir à passer par un DSP externe. Et avec des interfaces conviviales qui leur éviteront d'avoir à engager des spécialistes en programmatique, chose rare à Montréal, comme tout ce qui concerne les ressources humaines en technologie.»

Cette disette  affecte -t-elle aussi l'entreprise qui fut respectivement nommée EY Entrepreneur of the Year et Startup 50 Canada's Top New Growth Companies?

«On travaille très fort notre marque employeur. Professionnellement, comme il y a peu d’industries qui doivent composer avec un volume si important, ça attire du personnel qualifié, avide de défis. Et on traite bien notre monde», précise-t-il. Le fait d’avoir été nommé parmi les 100 meilleurs employeurs au Canada dans la catégorie “Meilleur employeur à Montréal” semble corroborer les propos de Dominique.

Et aviez-vous remarqué? Si on ajoute un A, un I et un E à leur nom, ça fait District Aime ! Quand je vous parlais de l’importance des voyelles!

Pour écouter le podcast, cliquez ici.

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