Matthieu Sauvé, cofondateur de Zone franche, tire sa révérence

par Lea D. Nguyen, le 25 juin 2019


Le 2 mars dernier, l’associé directeur de Zone franche, Matthieu Sauvé, a accroché ses patins. D’après la pluie de commentaires lui souhaitant bonne route sous la publication Linkedin où il annonçait la (grande) nouvelle, on ne peut que constater qu’il était estimé par l’industrie. Retour sur la carrière d’un amoureux de RP.

Matthieu Sauvé

Évolution d’une jeune profession

Joint par téléphone, l’auteur du livre Les relations publiques autrement. Vers un nouveau modèle de pratique, et nouvellement retraité, avoue être étonné qu’on puisse faire un papier sur lui, lui qui a surtout œuvré dans l’ombre. Après 35 ans de carrière, que retient l’humble homme des relations publiques ? « C’est un métier extraordinaire pour deux raisons. Pour son ouverture sur le monde et la source de connaissance et d’enrichissement qu’il représente. D’autre part, c’est un champ de pratique encore en construction. On n’a pas encore fini de définir les contours théoriques de cette profession assez jeune. Elle évolue dans le bon sens et jouit d’une excellente réputation », mentionne-t-il. 

Fervent consommateur de documentaires de toutes sortes, M. Sauvé aime s’informer par curiosité. Se décrivant lui-même comme un « trippeux » de théorie, il est retourné sur les bancs universitaires en 2006 pour faire une maîtrise en communication. Pour lui, cela a été trois années de pur bonheur que de s’asseoir avec les professeurs afin de « brasser des concepts ». On n’a donc jamais fini d’apprendre. « Pour moi, c’est un monde en essor ».

Comment voit-il l’évolution du métier ? « C’est une profession qui est en train de passer d’un mode très tactique à un mode plus stratégique. La profondeur de la pensée et des approches est plus importante qu’avant. Elle est en train de définir sa spécificité de façon plus claire aux côtés du marketing ou de la publicité, par exemple. Ça évolue positivement parce que la profession affirme sa personnalité distincte — elle n’est pas un service, mais un partenaire d’autres professions de la communication. On reconnaît de plus en plus l’apport stratégique des relations publiques au sein des entreprises et organisations. »

Gestion de crise 101

Qu’est-ce qu’une bonne campagne de relations publiques ? « Ça va paraître très plate comme réponse, mais c’est une campagne qui a atteint ses objectifs ! » (RIRES) M. Sauvé s’explique. « Un des enjeux auxquels les relations publiques font face, c’est qu’il est parfois difficile de quantifier des objectifs. J’ai souvent dit à mes clients que ce serait plus facile de faire de la physique nucléaire ! En RP, on joue avec la subjectivité, l’interprétation, le jugement de valeur. »

Pour Matthieu Sauvé, un travail qui repose sur des bases solides et la rigueur sont de mise lorsqu’on parle de bonnes pratiques. « On va souvent faire le plus de recherche possible avant de se lancer afin d’être certain d’avoir les pieds sur un terrain solide. » Ses mots d’ordre ? Recherche, validation et évaluation des actions.

Et quand vient le temps de gérer une crise ? Comment fait-on ? « La façon dont une organisation va passer à travers une crise va beaucoup dépendre de la relation qu’elle a entretenue avec la société avant. C’est ce qu’on appelle le capital de sympathie des organisations. Les gens seront plus compréhensifs à l’égard d’une organisation lors d’une crise si elle est considérée sympathique et responsable depuis longtemps, contrairement à une entreprise, qui, pour toutes sortes de raisons, est moins appréciée. »

Les constantes importantes en temps de crise, pour M. Sauvé, se résument à la rapidité, l’honnêteté, la transparence et la collaboration avec toutes les personnes qui peuvent être impliquées. La pire chose ? Ne pas dire la vérité ou spéculer.

10 bougies pour Zone franche

Destiné au journalisme, ce n’est que par un heureux concours de circonstances et de rencontres fortuites que Matthieu Sauvé s’est retrouvé en relations publiques. Baignant en RP, tel Obélix et sa potion magique, il est convaincu d’avoir trouvé son domaine de prédilection. De fil en aiguille, il fait des rencontres qu’il qualifie d’extraordinaires et fonde Zone franche avec Marie-Françoise Hervieu en 2010. « Au départ, nous étions 2 personnes dans un grand local vide, et aujourd’hui, c’est près de 20 personnes dans un grand local qui est pas mal plus plein. Je suis très fier de cette boîte que nous avons créée avec nos valeurs, et qui nous ressemble. J’ai eu bien du fun ! »

Lorsqu’on lui demande s’il va toujours garder un œil sur sa plus grande réalisation même s’il quitte l’industrie, il nous répond du tac au tac que oui. « Avec les années, on finit par créer des liens et des attaches. Je vais toujours rester lié à cette boîte, à son équipe jeune, dynamique et brillante. Quelle équipe ! Je suis convaincu que Zone franche sera entre bonnes mains ». L’agence soufflera d’ailleurs ses 10 bougies l’année prochaine.

Entre le bénévolat et les voyages, M. Sauvé n’exclut pas de consacrer du temps à l’écriture. « Après 35 ans de métier, dont 25 en consultation, j’avais le goût de souffler et d’avoir du temps dans les poches. Et de consacrer aussi du temps à des causes personnelles. Je suis très engagé auprès des Productions Porte Parole, de CIBL et du Musée du Château Ramezay. Ce type d’engagement me tient beaucoup à cœur. On ne rajeunit pas non plus, je veux garder un peu de temps pour moi aussi ! » (RIRES)

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