Maïté Belmir

La télévision ultra haute définition est-elle ultra prête?

par Maïté Belmir, le 11 juin 2019


Depuis, beaucoup de choses ont changé. Aujourd’hui, avec un catalogue de contenu toujours plus important, la télévision utilise de nouvelles technologies pour un rendu de plus en plus impressionnant. Alors qu’une nouvelle technologie appelée 4K peine à émerger, comment se joue cette transition?

La télévision a parcouru bien du chemin depuis sa création. Depuis qu’elle a pénétré les foyers, elle a su conserver une place privilégiée, et ce, à travers les décennies. Au Canada, on estime le taux d’équipement à 85% d’après le rapport « Les chiffres du numérique au Canada en 2017 » réalisé par Kabane. Véritable membre de la famille, la télévision était regardée environ 34 heures par semaine par les Québécois en 2015 selon un rapport de Numéris. Pratiquement la même durée qu’une semaine de travail! Et pourtant, cet outil de divertissement et d’information ne cesse de s’améliorer et propose des solutions toujours plus performantes pour le plus grand plaisir de tous.

Si vous avez besoin de changer votre téléviseur en 2019, vous serez confronté à la question suivante: est-ce que je choisis un téléviseur 4K?

Car oui, notre chère télévision s’est refait une beauté et nous offre désormais la possibilité de profiter d’une image en « Ultra Haute Définition » ou UHD, appellation officialisée en octobre 2012 par la Consumer Eletronics Association (CEA).

Concrètement, cette technologie est utilisée pour un affichage assurant une définition minimale de 3840 × 2160 pixels, soit une résolution de 8,3 mégapixels, quatre fois supérieure à celle d’un téléviseur haute définition (HD) qui est de 1080 × 1920 (2,07 mégapixels).

À l’époque, un téléviseur 4K coûtait près de 25 000$, mais depuis, les prix ont considérablement chuté, ce qui incitent les consommateurs à s’équiper. Car pour ceux qui prévoient le renouvellement de leur équipement, la différence de prix est aujourd'hui minime avec les téléviseurs HD. Les fabricants ont véritablement démocratisé les écrans UHD en les rendant accessibles. On observe d'ailleurs une réelle augmentation du taux de pénétration dans les maisons d’ici. Et pourtant, le contenu disponible et diffusé en UHD est très loin d’être majoritaire.

En effet, l’offre proposée ne progresse pas à la même vitesse que l’équipement des foyers qui se trouvent donc appareillé d’un téléviseur puissant dont ils ne peuvent pas profiter pleinement. Les créateurs de contenu audiovisuel et les câblodistributeurs ne sont pas réellement prêts à honorer tous ces téléviseurs flambants neufs.

Netflix offre depuis déjà plusieurs années du contenu UHD. Bell est d’ailleurs le 1er fournisseur de télé à l’offrir au Canada. Mais pour la plupart d’entre eux, l’offre est encore très limitée. Comme l’explique la porte-parole de Vidéotron, Pénélope Asselin-Forcier, gestionnaire principale, Marketing produits et nouvelles opportunités d’affaires: « Les contenus diffusés en format natif 4K/Ultra-HD représentent une part relativement faible du catalogue de contenu de Vidéotron malgré le

volume croissant. Les (contenus) plus populaires et les plus visionnés en 4K chez Vidéotron ont été les séries originales Victor Lessard (saisons 1 et 2) et Blue Moon (saison 3), produites en 4K pour le Club illico. »

Pour les abonnés, « tout nouvel équipement introduit chez Vidéotron est doté de la capacité à distribuer un signal de qualité vidéo 4K/HDR. C’est ainsi qu’en seulement 3 ans, une grande proportion de nos clients sont maintenant équipés d’un terminal 4K », précise Pénélope Asselin-Forcier.

Ce marché à deux vitesses, selon le bord duquel on le prend, a certaines particularités. François Vaillant, directeur exécutif, Solutions d’ingénierie infrastructure et Services technologiques médias de CBC/Radio-Canada, l’explique pour plusieurs raisons: « Il y a très peu de contenus disponibles en 4K; il est donc très difficile de remplir une grille complète UHD. La livraison aux consommateurs reste un enjeu réel. Sans parler du prix pour créer du 4K. Au-delà des caméras et des téléviseurs, la création du 4K est 4 fois plus lourde que du HD (haute définition), nécessitant une infrastructure 4 fois plus grosse (en réseau, serveurs et storages). » Pourtant, CBC/Radio-Canada a déjà produit des émissions UHD pour répondre à des demandes spéciales. La société est plutôt axée sur l’information, elle est donc moins concernée: « CBC / Radio-Canada est un diapason dans le marché canadien. »

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