Les gros becs créatifs 2018

le 14 mars 2019


Cet article a été publié dans le Grenier Magazine, volume 04, numéro 12.

Le 29 novembre dernier à Musitechnic, le BEC conviait la faune publicitaire locale à la projection des Lions de Cannes. Une belle soirée qui a permis au BEC d’amasser 5 600 $. Retour sur l’événement avec deux des panélistes invités.

Alexis Caron Côté

Alexis Caron-Côté, Concepteur rédacteur, Sid Lee

Charles Fortier
Charles Fortier, Directeur artistique, Rad

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Duo. Habituellement, la publicité se consomme de façon très individuelle. On est rivé à son écran de télé, d’ordinateur ou de téléphone intelligent. Comment avez-vous trouvé l’expérience de la consommer en groupe et sur grand écran ?

Alexis : J’ai beaucoup aimé ! Voir 300 personnes qui paient 30 $ pour aller voir de la pub ensemble, un soir de semaine, c’est vraiment hot ! Ce sont eux les héros de la soirée.

D’autant plus que la plupart de ces films sont disponibles en ligne. Mais c’est vrai que l’ambiance en fait une expérience complètement différente.

Charles : C’était la première fois que j’assistais à la projection des films de Cannes. Très spécial en effet de voir tout le monde réagir aux mêmes moments. Sentir le silence complet dans la salle après une publicité-choc, c’est mongol.

Surtout quand c’est un public a priori difficile à séduire. Les publicitaires ne pardonnent pas, c'est connu :)

Charles : C’est ce qui était bien de notre panel. Avec Alexis, Sylvain (Dufresne) et Jean-François (Renaud), nous avons eu l’occasion d'échanger sur nos impressions des pièces gagnantes et de celles qui n’auraient peut-être pas dû gagner.

Qu’est-ce qui vous a frappé de la cuvée 2018 ?

Charles : Une tendance forte vers la publicité sociétale. On dirait que depuis l’élection de Trump, chaque marque se met derrière un mouvement. Parfois, ça laisse un petit malaise. Comme cette pub de Miinto où ce rassemblement de boutiques de mode utilise la transformation d’une femme en homme à ses propres fins.

Alexis : En effet ! Mais comme m’ont expliqué des gens ayant siégé sur des jurys à Cannes, c’est parfois une question de contexte. Par exemple, dans un pays où on ne peut traiter de la question du transgenrisme, une marque qui se décide d’en parler peut se démarquer positivement. Mais dans ce cas-ci, ça me semblait tiré par les cheveux.

Parlant de cheveux, le transgenrisme a semblé retenir l’attention des juges cette année. Outre Miinto, on a eu Hair Talk, cette pub de shampoing qui relate l’histoire d’une reine de beauté transgenre. Pendant qu’Harry’s se questionnait sur la définition même d’être un homme. À quelles pubs donnez-vous un gros BEC créatif cette année ?

Charles : Étant directeur artistique, je ne pouvais pas faire autrement que de tomber en amour avec Welcome Home de Spike Jonz. C’est le même réalisateur qui a fait le beau spot pour Kenzo avec la jeune danseuse déambulant dans un grand hall.

Alexis : On voit de plus en plus de hackvertising, ces pubs qui brisent les conventions publicitaires. Dans cette perspective, la campagne Tide Ad a atteint le sweet spot ! Quand tous tes collègues sont jaloux d’une même pub, c’est clair qu’elle fonctionne ! (RIRES)

Moi, j’ai été frappé de voir des P&G et des Unilever se hisser si haut. Des marques que l’on qualifie généralement de conservatrices. Ça fait du bien ! J’leur donne un beau BEC.

Charles : Je donne aussi un gros BEC sur la joue à CBS Sports pour sa pub Teasing John Malkovich. On y rit des mécanismes énormes de la pub, tout en les utilisant sans vergogne. J’en aurais pris plus ; c’est rare qu’on dise ça de la pub ! (RIRES) Je donne aussi un tendre BEC à Stop the Horror, une campagne australienne supportant l’aide à mourir. Fort.

Alexis : Deux autres gros BEC moi aussi. Le premier, tout mouillé, à la pub de Tourisme Madhya Pradesh, une joyeuse suite de selfies d’incontournables touristiques montée sur une toune trop malade ! Et de l’autre côté du spectre, un doux BEC à Disgusting Stories, cette pub où des dessins d’enfants relatant leurs agressions sexuelles s’animent. Ça a littéralement jeté l’audience sur le cul.

Charles : Oui, ça faisait mal à regarder.

De 1 à 10, quelle note accordez-vous au cuvée 2018 de Cannes ?

Charles : 7/10. J’ai vu des trucs très impressionnants. Mais les trois points perdus sont attribuables aux publicités qui utilisent les mêmes vieux patterns ou celles qui s’acoquinent à une cause pour en retirer égoïstement du brand love.

Alexis : 8,5/10. Mais un gros 10/10 à l’organisation du BEC. Il faut que ça revienne et même plus souvent! Je serais curieux de voir combien de gens souhaiteraient visionner d’autres catégories comme les Cybers, l’activation, les Titanium.

Le message est passé. À l’industrie de répondre!

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bec

Crédit photo : Albert Zablit


Une idée ne s’achète pas. Pour le reste, il y a la feuille de temps.

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