Maïté Belmir

La parité dans les métiers de la communication est-elle un fantasme?

par Maïté Belmir, le 20 décembre 2018


En ces temps de remise en question profonde sur les postures de nos institutions, tant sur la question du genre, que l’attitude inclusive, les mots « égalité » et « parité » dans le milieu professionnel sont sur toutes les lèvres. Les organisations publiques et l’éducation n’y échappent pas. Et ce, à juste titre, car même si les choses bougent, il reste encore beaucoup (beaucoup) de travail à accomplir. Qu’en est-il dans les métiers spécialisés? Est-ce que le monde de la communication est un exemple dans le domaine? Ou au contraire, est-ce que la situation est encore loin d’être le modèle à suivre?

Le 5 novembre 2017, Mme Valérie Plante était élue mairesse de Montréal. Elle est la première femme à occuper ce poste. Et pourtant, le Québec compte plus de femmes que d’hommes, même si la différence est minime. L’élection d’une femme à ce poste est la preuve concrète que les choses changent, que les populations sont aujourd’hui prêtes à voir des femmes occuper des postes de responsabilités. Pourtant, cela est loin d’être le cas dans tous les domaines. Le marketing et la communication ne sont malheureusement pas épargnés par ce triste constat.

La parité homme femme devrait se réaliser dans 216 ans*

Même s’il est encore difficile de trouver des chiffres précis sur la parité des hommes et des femmes dans les postes de responsabilités dans les métiers de la communication, il est facile de constater que les hommes occupent souvent les postes importants.

Aussi, face à ce manque de source claire, j’ai fait l’inventaire des contacts agences référencés dans le répertoire de l’Association des agences de communication créative (A2C).


Dans les 67 agences membres de l’association, seules 13 avaient une femme à la tête de l’entreprise. Cela est peu. Les contacts fournis sont ceux des directeurs associés, vice-présidents ou fondateurs. Par contre, le contact fourni pour les RH est, dans la grande majorité des cas, celui d’une femme. Les clichés sont malheureusement bien au rendez-vous dans nos agences.

Selon une étude économique sur l’industrie de la communication marketing au Québec de 2015, publiée par l’A2C, les services-conseils des agences québécoises comptent une proportion de 83,5% de femmes, alors que la direction générale compte une proportion de 77,4% d’hommes. Au-delà des fonctions et responsabilités, comment pouvons-nous jauger de l’équité dans le monde professionnel de la communication?

Les femmes touchent en moyenne 0,87$ pour chaque dollar gagné par les hommes**

Comme le disait Kate Mc Inturff, auteure du rapport The Gender Gap in Canada’s 25 Biggest Cities : « Les Canadiens croient, à tort, que la question [de l’égalité et de la parité] a été réglée.*** » La parité est surtout utilisée pour illustrer l’égalité salariale. L’égalité va davantage faire référence à la personne et à ses droits ou dus.

Un des éléments de référence pour estimer la valeur et la reconnaissance d’un employé est certainement sa rémunération. Aussi, les écarts de salaires sont terrifiants. Alors que les Françaises travaillent gratuitement depuis le 6 novembre 15h35 en 2018, au Québec, les écarts de salaires sont aussi répandus. En effet, on estime que les femmes qui travaillent au Québec sont payées en moyenne 0,87$ pour chaque dollar gagné par les hommes, et ce, à profession et poste équivalents. Alors, quelles sont les initiatives mises en place pour faire évoluer la situation?

Il y a, à l’échelle nationale, la certification attribuée par Gouvernance au Féminin. À ce jour, 31 entreprises ont été honorées à travers le Canada comme étant paritaires.

Depuis 1991, Les Femmes en communications et technologie (FCT) soutiennent et encouragent les femmes qui œuvrent dans les secteurs des communications, des médias, de l’information et de la technologie. Au Québec, Femmes en Créa est une organisation qui lutte contre la sous-représentation des femmes dans les postes de direction de création.

Au-delà de l’équité homme/femme, le souci du respect de la femme dans nos métiers est enfin au cœur des discussions. Les initiatives à travers le monde en sont l’exemple. Au même titre que Time’s up Advertising aux États-Unis fondé en 2018. Cette organisation de publicitaires fait écho au mouvement Time’s Up que l’on connaît tous et permet de mieux réaliser que le pari n’est pas encore gagné et qu’il reste du chemin à parcourir pour atteindre une réelle parité dans notre profession.

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* Selon le rapport annuel Global Gender Gap 2017 du Forum économique mondial
** www150.statcan.gc.ca
*** Source: ici.radio-canada.ca, publié le vendredi 3 mars 2017

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