Normand Miron

Piger pour mieux se comprendre

par Normand Miron, le 15 novembre 2018


Cet article a été publié dans le Grenier Magazine, volume 04, numéro 02.

Pour les créatifs, la pige est-elle une alternative viable à la vie d’agence ? Table ronde virtuelle avec quelques pigistes et ex-pigistes.

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pigistes

Kristina G. Landry, rédactrice-conceptrice (pigiste depuis 3 ans), Stéphane Jean, rédacteur-concepteur (pigiste pendant 6 mois à l'époque, et maintenant depuis 5 mois), Guillaume Blanchet, rédacteur-concepteur et réalisateur (pigiste depuis 7 ans), Simon Beaudry, directeur de création, K72 (pigiste pendant 2 ans) et Laurent Prud'homme, concepteur-rédacteur, Sid Lee (pigiste pendant 6 ans).

Groupe. Pourquoi un créatif se tourne-t-il vers la pige ?

Kristina : Pour redevenir maitre de son horaire. J’avais le sentiment très fort de passer à côté de choses importantes. J’avais envie d’un mode de vie plus fluide.

Stéphane : En agence, on a de plus en plus de pression pour livrer. Avec 15  000 livres sur les épaules, je commençais à avoir moins de fun. J’avais le goût de retourner à la conception plutôt que de la gérer.

Guillaume : Moi, je tournais un film dans mes temps libres. Rendu l’hiver, plus de lumière dès 16 h. Je suis donc parti à la pige sans autre ambition que celle de pouvoir terminer mon film.

Simon : Je souhaitais moi aussi avoir plus de temps pour me consacrer à l’art. La pige m’est apparue comme une solution pour nourrir cette passion... et la petite famille.

Laurent : Je voyais d’autres pigistes qui semblaient s’éclater tout en faisant de gros revenus. Étant sans emploi, je me suis dit pourquoi pas. De toute façon, j’étais convaincu que le téléphone allait rapidement sonner ; j’aurais donc le choix entre retourner en agence ou continuer avec la pige.

La réalité du premier matin, au réveil ?

Laurent : Le téléphone n’a jamais sonné. (RIRES)

Simon : Je n’avais toujours pas plus de temps ! (RIRES), Mais j’ai réussi à débuter et terminer une maitrise. Et du côté artistique, j’ai fait laposte.quebec et Yes, un documentaire tourné en Écosse, durant le référendum.

Stéphane : La première fois, je dois vous avouer que j’ai détesté ça. J’angoissais à l’idée de ne pas avoir assez de contrats. Et à celle d’en avoir trop ! (RIRES) J’étais pas prêt, je pense.

Kristina : Moi, j’ai passé les premières semaines en pyjama ! (RIRES)

Ceux qui travaillent à temps plein envient souvent notre supposée grande liberté. Êtes-vous plus libre ?

Guillaume : J’appelle ça être enfermé dans sa liberté. Oui, tu es libre. Mais comme tes potes travaillent, cette liberté, tu la vis seul. Tu fais quoi cet après-midi, Laurent ?

Laurent : Ben je travaille. Tu oublies que je ne suis plus pigiste ! (RIRES)

Les avantages de la pige ?

Stéphane : Je me retrouve avec ben de la place dans ma tête. Je peux me concentrer sur ce que j’aime faire, concevoir. Et je peux toucher à d’autres univers que la pub.

Guillaume : Si tu penses que je vais répondre à cette question et ainsi donner le goût à tous les créatifs de se lancer à la pige. J'ai assez de concurrence comme ça. (RIRES)

Kristina: Tout est plus léger. J’ai vu mon stress et ma fatigue disparaitre. Chaque projet m’amène maintenant une nouvelle dose d’énergie. Et comme ils ont un début et une fin assez clairs, fini le surinvestissement émotif.

La relation entre un pigiste et un projet serait donc l’équivalent de celle des grands-parents face à leurs petits-enfants ? (RIRES)

Simon : On est effectivement engagé pour éteindre des feux. Après ça, au revoir ! Moi, ça m’a créé énormément de frustration puisqu’à mon avis la réalisation de l’idée est aussi importante que sa conception.

Qu’est-ce que ça prend pour durer à la pige ?

Guillaume : Il faut avoir le cœur bien accroché. Les créatifs d’agence me disent : « Ah mon chanceux, je devrais faire ça moi aussi ! » Sauf que lorsque ça ne roule pas, ils ne savent pas qu’en trois mois, je n’ai gagné que 500 $.

Kristina: Ça prend une grande souplesse sociale et beaucoup de discipline. Mon petit côté maitresse d’école m’aide beaucoup à ce niveau ! (RIRES)

Il y a des avantages à un boulot en agence ?

Stéphane : Absolument. Tu as de beaux projets. Tu es bien entouré. Et tu as une paie qui entre chaque semaine !

Laurent : Je suis beaucoup plus zen. Avec l’expérience, on peut prendre un certain recul, tout en s’investissant autant. Ma récompense, c’est de voir l’impact de mes campagnes sur les ventes de mon client. Mais je dirais pas non à un autre Créa pareil ! (RIRES)

Simon : Je n’ai toujours pas plus de temps ! (RIRES), Mais j’apprends à combiner cette nouvelle carrière avec ma carrière d’artiste. 

Kristina: Depuis la pige, j’ai entamé des études en création littéraire. J’ai publié de la poésie. J’ai passé tout l’été à travailler de Natashquan. Et là, j’ai l’air d’être parmi vous, mais je vous parle de la Toscane d’où j’écrivais un texte pour un client ce matin. Tchin-tchin les boys !

Donc, si je comprends bien, tu ne retournerais pas en agence ? (RIRES)

Kristina: Pas tellement, non ! (RIRES)

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