Normand Miron

Sébastien Thibault : l'art de s'illustrer sur la scène internationale

par Normand Miron, le 30 mai 2018


Cet article a été publié dans le Grenier Magazine, volume 03, numéro 27.

Le New York Times, The Guardian, The Economist, Le Monde, les plus illustres médias de la planète font régulièrement appel à lui afin qu’il marque de sa touche très personnelle articles de fond et éditoriaux sérieux. Pointe de conversation avec Sébastien Thibault, illustrateur.

Pour écouter la pointe de conversation avec Sébastien Thibault, cliquez ici

Sébastien Thibault 1
Crédit photo : Carmen Tremblay

Sébastien. Depuis huit ans, ta carrière monte en flèche. Qu’est-ce qui t’a amené à choisir le métier d’illustrateur ?

Sébastien : Après des études à l’Université Laval, je suis retourné en Gaspésie pour travailler comme concepteur graphique chez Audace, une agence de Sainte-Anne-des-Monts. Publicité, packaging, je faisais un peu de tout. Mais la polyvalence exigée par la position ne me plaisait pas. J’avais le goût de trouver un style qui me soit propre, plutôt que de devoir m’adapter aux marques et aux clients. J’ai commencé l’illustration par plaisir. À l’époque, je jouais dans un groupe de musique et j’ai commencé à faire nos affiches.

Comment s’appelait ton band ? Quel style de musique ?

Sébastien : Attack of the Microphone. On appelait ça du rock fâché ! (RIRES)

Hmmm, heureusement que ton style a évolué par la suite ! (RIRES) Qui a été ton premier client ?

Sébastien : Urbania. J’aimais ce qu’ils faisaient. Je les ai contactés. Et j’ai commencé à faire des illustrations éditoriales. Je venais de trouver ma voie !

Comment un petit gars de Matane en arrive-t-il à se connecter avec toute la planète ?

Sébastien : Le véritable accélérateur fut ma décision de me faire représenter par Anna Goodson. À partir de là, j’ai commencé à recevoir des mandats des gros joueurs. Hey, le TIME Magazine qui me contacte, toi ! Pincez-moi quelqu’un !

Comment ça se passe un mandat d’illustration en éditorial ? J’imagine que tu n’as pas les mêmes échéanciers qu’en agence.

Sébastien : Vraiment pas ! C’est d’ailleurs ce que j’appréciais moins en agence. Les projets pouvant s’étirer sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, je perdais la flamme. Tandis que là, j’ai juste quatre heures pour prendre un brief et livrer un final.

Ouch ! Comment se déroule ton petit quatre heures ?

Sébastien : On m’envoie le texte. Première heure, j’en prends connaissance. Deuxième heure, je fais des esquisses de 3 à 5 idées que j’envoie au DA de la publication. Celui-ci fait son choix et il me reste généralement une heure et demie pour livrer le final.

Je comprends mieux maintenant pourquoi tu travailles de Matane ! Dans mon cas, ça serait encore trop urbain pour me remettre de ces rushes. J’opterais pour la banlieue d’Iqualuit, genre ! (RIRES)

Sébastien : C’est sûr que l’on bénéficie ici d’une qualité de vie fantastique. L’environnement, la communauté, tout ça m’apporte un sain équilibre. Au début, je ne dormais pas la veille d’un mandat. Mais après quelques mois, l’expérience aidant, on s’ajuste. La seule chose qui me stresse encore, c’est que l’internet plante ! Ce qui n'est jamais arrivé. (RIRES)

Tes principaux clients ?

Sébastien : The Guardian, NY Times, Washington Post, Rolling Stone, The Economist, The Boston Globe, Science Magazine, Fortune, Le Monde, Le Parisien. Au Québec, L’Actualité, Les Affaires, Québec Science.

Des publications très variées. Et donc des sujets qui doivent l’être aussi.

Sébastien : Très ! Je peux passer d’un mandat sur les REER à un autre sur la crise en Syrie. C’est cette variété que j’aime.

Et le fait que les délais soient courts est aussi un avantage, j’imagine. Ton délai, c’est également celui de la publication. Pas grand temps pour le client de souffrir des crises existentielles .

Sébastien : Totalement. Des fois, on va me demander de changer une couleur ou d’ajouter un petit détail ici et là. Mais il faut que ça opère.

Parlant de pub, en fais-tu ?

Sébastien : 85 % de mon travail est de nature éditoriale, mais je fais régulièrement de la publicité. Je viens d’ailleurs de terminer un projet avec LG2 pour la Journée de la Terre. Mais la dynamique est totalement différente : on m’arrive avec un concept que j’exécute. J’ai fait aussi de l’illustration de livres.

Comme « Bobos » de Hugo Léger !

Sébastien : Oui ! Chouette projet !

L’illustration dont tu es le plus fier ?

Sébastien : Hmmm... Bonne question. Je dirais celle que j’ai faite pour le magazine Walrus. Elle a remporté plusieurs prix.

C’est important pour toi, les prix ?

Sébastien : C’est surtout que ça me fait une belle publicité. Les DAs de toute la planète consultent les Communication Arts, Applied Arts et autres American Illustration. Ça me génère des mandats.

Ton futur ?

J’adore ce que je fais. Chaque mandat est un nouveau défi. Mais j’aimerais bien avoir l’occasion d’illustrer d’autres livres.

HUGO ! Sois gentil ! Écris donc un autre livre pour Seb ! (RIRES)

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Sébastien Thibault


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