Ezra Belotte-Cousineau

Et ensuite?

par Ezra Belotte-Cousineau, le 26 avril 2016


Les plus vieux se souviennent sûrement de l’époque où Internet est arrivé dans nos vies. Je me rappelle qu’il fallait un bon 30 minutes de téléchargement pour enfin voir une publicité de 30 secondes, disponible sur le site adcritic.com. C’était l’époque où tous les communicateurs criaient à tout vent « Il faut absolument que tu aies un site Internet, et vite ! ».

Aujourd’hui, avoir un site Web, c’est une évidence… mais ce qu’il faut désormais « absolument » faire, c’est être présent sur les réseaux sociaux, et vite! Pour beaucoup, une autre réalité devient évidente : le développement d’agences spécialisées dans la gestion des réseaux sociaux. Entendons-nous bien, on parle ici de Facebook, en grande partie. De la même façon que, 20 ans auparavant, des agences en design de sites Web sont apparues aux quatre coins de la ville, un mouvement similaire se développe pour la gestion de votre réseau social.

Voici donc le pari qu’a fait Daniel Forman et Jack Elias, il y a déjà près de 5 ans. Il avait lui-même besoin de ce service; il ne l’a pas trouvé; il a donc fondé Ensuite Média pour remplir ce vide. Et ça fonctionne! Voici donc une agence entièrement dédiée à la gestion de marque sur les réseaux sociaux. Je dis « agence », car c’est bien de cela qu’il s’agit : l’entreprise est structurée comme une agence que l’on pourrait qualifier de traditionnelle. En effet, Ensuite a son département de stratégie, de service-conseil, de graphisme et de création de contenus.

D’ailleurs, selon Catherine Angehrn, directrice de comptes chez Ensuite : « Ce service de gestion est présentement encore offert par des particuliers. Des gestionnaires de communautés, il y en a beaucoup et on voit aussi des gestionnaires à l’interne. Ce sont eux notre compétition. Mais, avec l’évolution rapide des plateformes et des réseaux, c’est de plus en plus difficile de gérer adéquatement une marque sans raffiner les stratégies. Un gestionnaire à l’interne ne maîtrisera pas forcément tous les volets nécessaires pour créer une campagne complète et efficace. »

Catherine Angehrn

Avec les réseaux sociaux s’est ouvert un nouveau front, où les marques peuvent croiser le fer. Et le territoire à conquérir est riche : non seulement de clients potentiels, mais aussi de données comportementales, sociales, géographiques, démographiques, etc. Bref, devant la candeur avec laquelle nous divulguons nos informations personnelles, les possibilités pour cibler les consommateurs atteignent une précision ahurissante.

Et loin de « protéger » ses utilisateurs, certains réseaux, tels que Facebook, participent à l’effort de guerre en créant des outils pour les entreprises, tels que le Facebook pixel, comme nous l’explique Catherine Angehrn : « Les données et datas des profils sont utilisés pour le ciblage. Il y a une grande quantité de données que l’on peut aller chercher pour cibler : sont-ils mariés ? Quels sont leurs intérêts ? Ont-il déménagé récemment ? Certains affichent même jusqu’à leur salaire. Facebook Business Manager a donc été établi afin d’aider les agences comme nous. Dès que tu as un compte “business”, toutes ces données sont accessibles ! Et, avec Facebook, on peut tellement cibler de près. Notez que ce site prend en compte toutes les pages que vous aimez. Ainsi, tous les gestes que vous faites sont enregistrés. D’ailleurs, si votre page Facebook est ouverte et que vous ouvrez un autre onglet, ces informations sont aussi prises en compte. C’est ça, le “Facebook pixel”. Par la suite, le site visité pourra donc envoyer des pubs sur votre page Facebook. »

Dès lors, on comprend donc que retrouver sa cible sur les réseaux sociaux relève simplement d’une bonne analyse des données fournies par les différents réseaux. Il faut maintenant trouver la bonne approche pour arriver à charmer et à retenir l’attention d’un consommateur potentiel. Et ce, tout en incitant à l’achat de produits ou de services. Pour ce faire, Ensuite Média utilise une approche en trois étapes : rassembler – engager – monétiser. C’est dans la façon d’engager le public que se développe une toute nouvelle approche pour communiquer avec sa clientèle. Déjà, étant plus précise sur les besoins et envies de sa cible, la publicité sur les réseaux semble le plus souvent moins intrusive. Aussi, visuellement, ces publicités se fondent dans la masse de votre fil de nouvelles et ont l’apparence de n’importe quelle autre publication de votre ami le plus cher. À partir du moment où on fait le choix d’« aimer » une marque, la communication qui s’enclenche n’a plus rien à voir avec les fatigantes lettres de direct marketing ou les importunes « newsletter » qui vont directement dans la corbeille. Finalement, le renouvellement quasi quotidien des communications donne un vague sentiment de rester collé sur l’actualité.


Article paru dans le Grenier magazine du 12 décembre 2015. Pour vous abonner, cliquez ici.



«Derrière nos écrans de fumée»: qu’en pensent nos communicateurs ?

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