Je vois passer sur Linkedin de nombreuses publications d’experts de tout acabit sur les limites de l’intelligence artificielle. On met de l’avant des réponses maladroites, des erreurs de jugement, des résultats trop génériques et on arrive rapidement à la conclusion que l’expertise humaine reste irremplaçable. « Fiou, je suis à l’abri de IA! »

J’en conviens, les limites de l’IA peuvent être réelles et importantes, mais ce qui m’intéresse là-dedans c’est la vitesse à laquelle on se forge des certitudes et qu’elles deviennent une garantie pour l’avenir.

Je me demande si nous ne faisons pas parfois de l’analyse pour nous rassurer.

Le raisonnement est séduisant. On trouve ce que ça fait mal, on rappelle ce qu’on fait mieux et on écrit nos constats sous forme de vérité. Notre valeur est confirmée, on peut retourner travailler comme avant.

Mais à la vitesse où vont les choses, une faiblesse actuelle n’est pas une assurance.

Certaines prises de parole vieillissent mal, non pas parce qu’elles étaient nécessairement fausses au moment de leur publication mais parce que le développement finit par rattraper la conclusion. Aujourd’hui, beaucoup plus rapidement que jamais.

Je pense que la question est plutôt de savoir ce qui motive notre lecture.

Quand une technologie touche directement notre gagne-pain et notre statut d’expert, pouvons-nous vraiment considérer que nous l’observons de l’extérieur ? Dans le domaine de l’IA, il me semble qu’on a autant à comprendre que quelque chose à défendre.

Je nous invite à prendre du recul et à nous donner du temps.

J’aime l’idée que nos publications constituent la ligne du temps de notre compréhension collective. Nous n’avons pas à avoir raison pour toujours. Mais cette trace devient plus intéressante si nous acceptons d’y inscrire aussi nos révisions, nos surprises et nos erreurs.

Sommes-nous en train d’aider les autres à comprendre ce qui change, ou de nous convaincre que nous n’aurons pas à changer ?

Dire « voici ce que j’observe aujourd’hui » laisse une place à ce qui va suivre. Dire « voilà pourquoi rien ne remplacera notre expertise » risque surtout de fermer une réflexion qui a tout intérêt à rester ouverte.

Avant de publier un texte qui expose un parti pris, j’aime me poser la question : pourquoi ai-je autant envie que ce soit vrai ?

P.-S. BTW, ce texte est dicté puis travaillé avec l’aide de l’IA, je dirais qu’une fois retravaillé j’en ai réécris plus de 70% et malgré tout Pangram affirme qu’il est « 100% humain », incapable de distinguer les passages générés des passages assistés.

Pangram est fou man…
im

Je trouve ça challengeant pcq je vois beaucoup de publications, souvent dans les médias de références, affirmant que Pangram est fiable à plus de 99%...

Pourquoi ont-ils autant envie que ce soit vrai ?
et pourquoi ai-je autant envie que ça ne le soit pas ?