Pendant longtemps, la cybersécurité a été considérée comme un sujet exclusivement technique. Encore aujourd’hui, lorsque l’on demande aux PME si elles sont cyberprotégées, la réponse est presque toujours la même : « On a des TI qui s’en occupent. »

Cette vision est en train de devenir obsolète.

Il faut comprendre que le rôle d’une équipe TI a ses limites. Pare-feu, antivirus et mises à jour : voilà où s’arrête souvent le contrôle de l’équipe TI face aux cyberattaques.

Les cyberincidents les plus fréquents ne sont plus causés par des failles technologiques, mais par des comportements humains : un courriel ouvert trop rapidement, un lien cliqué par automatisme, un mot de passe réutilisé partout, un fichier partagé sans vérification. Autrement dit, la surface d’attaque s’est déplacée. Elle n’est pratiquement plus dans les systèmes, mais dans l’usage que les humains font de ces systèmes.

À mesure que les outils de sécurité se sophistiquent, les attaques, elles aussi, évoluent pour cibler l’humain plutôt que la machine. Elles deviennent plus crédibles, plus contextuelles, plus difficiles à détecter — notamment avec l’essor de l’intelligence artificielle, qui permet de personnaliser les tentatives de fraude à grande échelle. Dans ce contexte, même les environnements technologiques bien protégés demeurent vulnérables si les personnes qui les utilisent ne sont pas préparées.

C’est pourquoi la cybersécurité glisse progressivement hors du périmètre des TI pour devenir un enjeu organisationnel. Un enjeu de culture, de communication et de formation continue.

Les entreprises commencent à le constater : on ne peut pas « corriger » le risque humain en misant uniquement sur la technologie. L’évolution des menaces exige une approche différente, plus proche de celles utilisées en santé et sécurité au travail ou en protection des renseignements personnels. On ne parle plus seulement de conformité ou de contrôle, mais d’adoption de bons réflexes au quotidien.

Cette transformation pose un défi important aux organisations. Comment sensibiliser sans alourdir ? Comment former sans créer de peur ? Comment intégrer la vigilance numérique dans des environnements déjà saturés d’informations, de procédures et de communications internes?

Le futur de la cybersécurité passera par des réponses à ces questions. Par des formations plus courtes, plus contextualisées et mieux intégrées aux réalités des équipes. Par une communication claire, répétée et humaine. Et surtout, par la reconnaissance que les employés ne sont pas le problème à corriger, mais la première ligne de défense à outiller.

Dans les années à venir, la cybersécurité cessera d’être perçue comme un enjeu technique à déléguer. Elle deviendra une compétence organisationnelle de base.

Ce changement est déjà en cours. Les organisations qui l’auront compris tôt ne seront pas nécessairement celles qui auront investi dans le plus d’outils, mais celles qui auront investi dans la compréhension, la vigilance et l’humain.

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