Ce dimanche 2 novembre, nous serons appelés à voter. Comme le rappelait Claude Ryan avec justesse : « La vraie démocratie n'existe qu'une seule journée, et c’est le jour du vote. »

Voter, c’est un acte sérieux. C’est confier à une personne la gestion des fonds publics, des priorités collectives et de la vision de notre milieu de vie. En communication publique, nous savons qu’un message ne peut être crédible que s’il repose sur une compréhension sincère des besoins du public. Il en va de même pour les décisions politiques.

Or, trop souvent, des décisions majeures, parfois structurantes pour des décennies, sont prises sur la base d’intuitions, de perceptions personnelles ou d’un « feeling » du moment. Sans démarche rigoureuse de consultation. Sans écoute active. Sans dialogue citoyen. Pourtant, nous le savons : en communication, écouter a toujours plus de valeur que simplement diffuser.

Dans notre domaine, les bonnes pratiques sont claires. La Société canadienne des relations publiques recommande depuis longtemps de commencer par une phase de recherche : prendre le temps d’analyser l’environnement, de sonder les besoins, d’identifier les parties prenantes et de comprendre les véritables enjeux. Cette approche est aussi valable pour bâtir une campagne que pour bâtir… un aréna.

Prenons l’exemple de La Prairie. L’administration précédente a fait l’impasse complète sur l’étape de l’écoute. Résultat : nous avons hérité d’un aréna de plusieurs dizaines de millions de dollars : notre propre Stade olympique. Une décision prise sans consultation sérieuse, ni données probantes, ni validation citoyenne.

Si l’on transpose cette décision à une échelle individuelle, c’est comme si une famille de classe moyenne achetait une voiture de luxe à 100 000 $… sur une marge de crédit. Une décision financièrement intenable, déconnectée des besoins réels.

Pourquoi cette décision a-t-elle été prise ? Parce que certains amateurs de hockey, bien intentionnés, certes, étaient convaincus que ce sport était toujours le cœur battant de notre communauté, comme dans les années 1980. Pourtant, aujourd’hui, c’est le soccer qui rallie le plus grand nombre de jeunes.

La vraie question à poser est simple, comme le répète souvent Pierre-Yves McSween, idole de mon fils Émile, étudiant en comptabilité : « En as-tu vraiment besoin ? »

C’est cette question fondamentale qui doit guider toute décision publique, surtout lorsqu’il s’agit de projets de plusieurs millions de dollars. Et, c’est cette question qui, si elle avait été posée avec rigueur et ouverture, aurait peut-être mené à un autre choix. Une piscine municipale, par exemple, où nos enfants apprendraient à nager, une compétence qui, elle, peut sauver des vies. Car, disons-le franchement : savoir nager peut être vital. Savoir patiner, non.

Aujourd’hui, la dette de cet aréna pèse lourd sur les finances de la Ville. Le maire actuel, reconnu pour son écoute, n’est pas responsable de cette décision, mais il doit en porter les conséquences. Comme nous tous.

Les principes fondamentaux de la communication publique n’ont pas changé. La recherche, l’écoute, la transparence et la proximité demeurent les piliers d’une relation de confiance entre les élus et la population.

Oui, nous sommes en 2025. Les réseaux sociaux dominent. Mais, malgré l’omniprésence des écrans, le contact humain reste irremplaçable. On voit de moins en moins de candidats frapper aux portes. Pourtant, c’est souvent dans ces échanges simples et authentiques que naît la confiance.

Je pense souvent à Louise Harel, qui, au début de chaque campagne, s’achetait une nouvelle paire de souliers. Elle les usait à marcher et rencontrer chaque citoyen. Une fois élue, elle rangeait ses souliers dans leur boîte d’origine… et les envoyait à l’adversaire qu’elle avait battu. Un geste symbolique.

Cette « stratégie Louise Harel », empreinte d’humilité et de respect, nous rappelle une vérité essentielle : la politique, comme la communication, commence par la rencontre. Le regard franc. L’écoute sincère. Et cette simple question, posée avec cœur : « Je suis ici pour vous. Que croyez-vous que nous avons vraiment besoin ? »

Simon Falardeau, PRP, ARP
Agréé en relations publiques par la Société canadienne des relations publiques (SCRP)