Garance Fielding Philippe (bec)

Vaut mieux en rire qu’en pleurer

par Garance Fielding Philippe (bec), le 3 mai 2022


Les systèmes humains s’orientent naturellement vers ce qui est le plus lumineux. Selon Marine Miglianico, psychologue et fondatrice de la Clinique de Psychologie Positive de Montréal, les émotions positives permettent d’élargir notre vision des choses et créent de la ressource psychologique. Nombreux sont ses bienfaits, pensons entre autres à l’engagement, la créativité et l’énergie.

Dans cet ordre d’idée, le bec a tenu à s’entretenir avec Patrick Rozon, VP contenu du Groupe Juste pour Rire et directeur général et artistique du Zoofest et de Off-JFL, un événement orienté vers la relève multiartistique, qui rassemble chaque année plus de 150 000 spectateur·trices.

Patrick Rozon

Il est aussi le cofondateur du OhMyFest!, festival célébrant la culture YouTube, et qui a vu ses trois éditions être un grand succès à Montréal et au Québec. Il est aussi l’instigateur de Juste pour Senior, qui est destiné aux aînés de la province, avec de nombreuses activités en juillet et durant l’année. Plus récemment, il a participé à concevoir le premier festival d’humour numérique international HAHAHA diffusé en mai 2021.Il fait partie également du conseil d’administration de l'École nationale de l’humour ainsi que du conseil d’administration de l’association des professionnels en humour.

Selon toi, pourquoi de nombreux·euses scientifiques, psychologues et humoristes s’entendent pour dire que le rire est un des meilleurs remèdes
Patrick:
Le rire nous permet de nous détendre, de dédramatiser et de faire tomber toutes les barrières sociales. C’est universel. Moi-même, c’est le remède que j’utilise en toutes circonstances! Ça fait deux ans que mes collègues ne m’ont pas vu au bureau à cause de la pandémie, mais je suis pas mal certain qu’il·elles se souviennent de mon rire sonore qui traverse les murs plusieurs fois par jour!

Plus spécifiquement, les écrits de Freud citent que l’humour permet de se dégager de ses tensions et d’avoir du recul sur ses émotions. Selon toi, comment l’humour arrive-t-il à nous détourner de ce qui est préoccupant? Des problèmes personnels en passant aux catastrophes mondiales.
Patrick:
On peut l’affronter avec une plus grande légèreté, mais je ne crois pas que l’humour nous détourne de ces sujets-là. On peut trouver des solutions grâce à l’humour. Justement, si on prend du recul sur nos émotions, nos idées deviennent plus claires. L’humour nous permet de faire de l’air dans notre cerveau, de la place pour de nouvelles idées. Il n’y a rien de drôle dans les catastrophes mondiales qui sont en cours, mais si on s’offre un peu de détente, que ce soit avec l’humour ou tout autre procédé, ça ne peut jamais être une mauvaise chose. 

Crois-tu que l’humour puisse contribuer à la notion de cohésion communautaire?
Patrick:
Oui, tout comme les grands orateurs de la Grèce antique, l’humoriste est celui qui rassemble les gens pour pouvoir discuter de sujets qui nous touchent tous. Donc oui, nécessairement, ça participe à la cohésion communautaire. Que ce soit de parler de sujets sensibles, de faire ressortir un élément banal de la vie ou de nous faire réfléchir à de réels enjeux, l’humour est une clé de voûte complète pour ouvrir la discussion. L’humour sert aussi à nous rapprocher.

Une blague peut mettre en lumière des sujets sensibles qu’on éviterait d’aborder dans d’autres contextes. Ce «flirt avec l’inacceptable» — comme dirait Louise Richer, ­directrice de l’ENH —aberration ou catharsis?
Patrick:
Catharsis. On est dans une société qui est contrainte à la politesse. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de l’art pour sortir de cette structure. Que ce soit théâtre, danse, humour, ces arts nous permettent d’exprimer ce que nous ne disons pas. Et je pense que c’est ce qui a cruellement manqué durant la pandémie et qui a prouvé l’importance des arts dans notre vie. Collectivement, nous avons grand besoin de retrouver cette libération possible, entre autres, grâce à l’humour et aux blagues. 

Dirais-tu qu’on puisse rire de tout?
Patrick:
Oui, absolument, on peut rire de tout! Cependant, ça doit être bien fait, ça doit être mis dans un contexte clair et bien placé pour profiter pleinement de cette liberté d’expression.

Étant aux premières loges de l’évolution de l’humour au Québec, quels changements as-tu vus s’opérer dans le milieu au cours des dernières années?
Patrick:
Je pense qu’il y a un souci de professionnaliser encore plus l’industrie de l’humour en intégrant mieux les femmes, la diversité et en se dotant d’un code d’éthique au niveau professionnel pour contrer le harcèlement. C’est du moins ce que j’ai constaté dans notre industrie récemment. Chez Juste pour rire, c’est non seulement une priorité, mais aussi très naturel de mettre tout ça en place. Je pense qu’il ne faut jamais cesser d’évoluer, c’est vrai pour notre milieu, mais aussi à l’échelle humaine. Au fond, évoluer, c’est grandir et prendre de l’expérience. 

Dans tes mots, quelle est ta définition de bien-être?
Patrick:
S’exprimer en transparence et en liberté, être avec les gens qu’on aime et rire. Tous les jours, plusieurs fois par jour. (Rires!)

Pour en savoir plus sur l’expertise de Patrick Rozon et Juste Pour Rire, visitez hahaha.com  


La ligne d’assistance du bec est là pour vous, 24/7. Pour être accompagné selon vos enjeux, suffit de composer le 1-888-355-5548.


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