Marie-Françoise Hervieu, présidente fondatrice de Zone franche

Faire carrière en communication après avoir été athlète d’élite

par Marie-Françoise Hervieu, présidente fondatrice de Zone franche, le 21 février 2022


Les Jeux olympiques de Beijing viennent de prendre fin et pour plusieurs olympien·nes, il s’agissait de la conclusion d’une longue carrière sportive. J’ai moi-même vécu cette transition après avoir été membre de l’équipe nationale d’escrime pendant une dizaine d’années. Avant de découvrir le journalisme télévisé à la maîtrise, puis les relations publiques en agence, ma plus grande passion était le sport que je pratiquais depuis l’âge de 10 ans: l’escrime.

Lorsque j’ai commencé à travailler, comme journaliste pendant quelques années et ensuite à titre de conseillère en communication, je n’ai pas réalisé immédiatement la grande valeur que toutes ces années d’entraînement, de compétitions et de voyages m’avaient apportées en matière d’expérience. Mais assez rapidement, certains acquis se sont avérés très utiles!

Un héritage utile au quotidien et dans les moments clés de la vie en agenceAu cours de ma carrière d’athlète, j’ai appris assez tôt à pratiquer la technique de visualisation que Sylvie Bernier avait utilisée pour se préparer aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984. L’objectif est d’amener son corps et son cerveau à ressentir des mouvements, des moments et des sensations positives et de bien-être lorsqu’on est en pleine action. J’ai souvent utilisé cette technique afin de visualiser certaines premières expériences: pour me préparer à des présentations et à des ateliers de formation que je donnais, lorsque j’ai dû agir comme porte-parole, ou encore avant la tenue d’importantes opérations de presse ou d’événements dont j’avais la responsabilité.

Mon expérience sportive me permet aussi, encore aujourd’hui, de rédiger dans n’importe quel environnement, même les plus bruyants. Il n’en va pas de même pour tous les sports, mais l’escrime se pratique dans de grands gymnases où plusieurs combats ont lieu en même temps durant un ou deux jours. Il y a donc beaucoup de bruit dans ces conditions, mais il faut à tout prix rester concentré sur son propre combat, sur son adversaire et sur sa stratégie. J’ai donc appris à mon cerveau comment ignorer la cacophonie. En prime: je peux aussi dormir n’importe où! J’ai souvent dormi dans des aéroports, sur le sol, la tête reposant sur mon sac d’escrime.

Inévitablement, une carrière d’athlète d’élite nous apprend à gérer notre stress. Entre les premières compétitions puis les épreuves qui arrivent assez vite en vue de se qualifier pour l’équipe nationale, entre la gestion des entraînements et celle des études, le niveau de stress était parfois très élevé, c’est le moins que je puisse dire. Mais au fil du temps, les athlètes apprennent à gérer toutes ces responsabilités, car c’est la seule façon de progresser. Cet acquis me sert d’autant plus aujourd’hui que le métier de conseiller·ère en communication est parmi les plus stressants, selon plusieurs classements annuels. Contexte auquel, dans mon cas particulier, je peux ajouter le fait d’être entrepreneure.

C’est ici qu’un autre acquis prend vraiment tout son sens: pratiquer un sport de haut niveau nous apprend autant à vivre avec les défaites qu’avec les victoires. J’ai connu mon lot de déceptions lorsque j’étais escrimeuse et cela m’aide, encore aujourd’hui, à rapidement tourner la page. C’est nécessaire, puisque personne ne gagne sans auparavant perdre. J’ai aussi le bonheur de dire que la vie en agence me permet de vivre les grands moments d’extase que l’on peut ressentir comme athlète lorsqu’on a atteint les sommets: remporter un appel d’offres, se faire confier un nouveau mandat par un client satisfait et, bien entendu, tous les bons coups que nous réalisons pour nos clients qui, souvent, ont un impact important sur leur croissance. Ce sont des sources d’adrénaline très similaires à ce que l’on ressent quand on est un·e athlète d’élite après une bonne performance.

Toujours plus haut et loin
Évoluer comme athlète a également développé chez moi un fort esprit de résilience. Il s’agit d’une qualité qui me sert à titre d’entrepreneure (cela a été particulièrement le cas depuis le début de la pandémie), mais qui m’a également servi à plusieurs reprises durant ma carrière.

Enfin, je dirais que l’une des grandes leçons apprises durant ma carrière sportive et qui me sert encore aujourd’hui, c’est de ne pas hésiter à demander de l’aide. Je n’aurais jamais pu performer au niveau élite sans mes entraîneurs, cela va de soi, mais c’est à partir du moment où j’ai fait appel à un préparateur sportif que j’ai réellement pris mon envol sur la scène internationale. Je n’ai jamais oublié cette décision. J’ai également pu compter sur le soutien ponctuel de psychologues sportif·ves, de nutritionnistes et de massothérapeutes. Il ne m’est jamais venu en tête que je pouvais réussir seule. Aujourd’hui, j’applique toujours cette même règle. Lorsque j’atteins les limites de mon expertise ou de mon expérience (ou quand j’atteins tout simplement ma limite!), je vais chercher d’autres expert·es pour m’épauler ou soutenir mon équipe.

Un·e athlète d’élite cherche avant tout à se dépasser pour atteindre les plus hauts niveaux, et en cours de route, il ou elle aura développé plusieurs expertises et vécu des expériences qui lui serviront toute sa vie. Ce sont des expériences qui apportent un savoir qui se partage ensuite. Je souhaite tout le meilleur à ceux et celles qui entament aujourd’hui ce nouveau chapitre. Appliquez ces principes et tout le monde y gagnera.

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Marie-Françoise Hervieu, a été championne canadienne, championne du Commonwealth et membre de l’équipe canadienne aux Jeux olympiques de Barcelone de 1992 (escrime).

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