Garance Fielding Philippe (bec)

C’est notre devoir de faire notre part

par Garance Fielding Philippe (bec), le 15 février 2022


Harry Julmice

Le bec est allé à la rencontre d’Harry Julmice, un visionnaire résilient à la tête de la communauté Never Was Average (nwa), une agence dont la mission est de créer des ponts entre les générations conscientes et les organisations afin d’aborder le changement social par une réflexion non seulement stratégique, mais authentique et intentionnelle.

Lauréat de l'édition 2020 du Mois de l'histoire des Noirs, Harry cofonde et dédie son attention à nwa depuis 2017. L’entrepreneur aguerri, ayant œuvré dans l’industrie de la mode avant la création de sa société de production, base son approche du changement social sur les objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. Les dix-sept objectifs proposés par l’Organisation des Nations unies visent à diminuer inégalités d’ici à 2030. Selon lui, «C’est en renforçant l'autonomie et en favorisant l'inclusion sociale, économique et politique des personnes issues de communautés sous-représentées, privilégiées et marginalisées qu’on parviendra à un changement. C’est notre devoir de faire notre part.»

Encore aujourd’hui, Harry est régulièrement confronté à des inégalités sociales. «Certaines croyances et pratiques qu’on a datent du 18e et du 17e siècle!» Selon lui, ces dogmes désuets peuvent non seulement détruire le bien-être professionnel, mais bien l’état de la société en soi. «Si on ne prend pas le temps de déconstruire cet enjeu culturel, on ne peut pas aller de l'avant.»

La mission de Never Was Average est de faciliter l'inclusion autant au travail, dans la communauté, que dans le numérique par le biais de la conversation, d’expériences artistiques et culturelles et la production de contenu inclusif. Cependant, cette vocation ne vient pas sans biais. Il nous explique que beaucoup pensent que la diversité est en soi une assez grande preuve d’inclusion et est communément encore approchée comme une simple valeur à célébrer dont les actions pour l’appuyer manquent à l’appel. Harry nous raconte qu’à l’approche de dirigeants, il se fait dire des choses telles que: «Nous, on a toujours été pour la diversité, même avant le meurtre de Georges Floyd». Et selon lui, il est exactement là le problème: «Ces propos peuvent être miroités à l’externe, mais lorsque tu t’assois et parles avec les employé·e·s, cette réalité n’est clairement pas reflétée et promue à l’interne.»

Comment nwa aide les organisations à ouvrir le dialogue sur la diversité et le changement social?
Harry
: La première étape est la prise de conscience. Nous introduisons d’abord le sujet à travers un atelier de conversation. Souvent, la meilleure façon de savoir si sa culture d’entreprise est réellement inclusive est en offrant un espace sécuritaire où les membres peuvent partager leur expérience sans crainte ni jugement. Même si une compagnie se dit woke ou progressive et «valorisant la diversité et l'inclusion», cela ne veut pas nécessairement dire que sa culture et ses pratiques sont considérées comme inclusives par la diversité.

Notre travail est de simplifier les concepts de l’inclusivité et du changement social et voir comment l’on pourrait intégrer ces notions dans leur modèle d'affaires afin de mieux servir diverses communautés, mais aussi la pérennité de leurs activités puisqu’on prédit que les entreprises qui n’investiront pas d’efforts et de ressources à redéfinir leur culture, et ce sur une base régulière perdront leur pertinence auprès des générations Y et Z, autant en tant qu’employé·e·s qu’en tant qu’audience cible.

Qu’est-ce qui distingue les millénariaux, la Gen Z et les personnes BIPOC comme générations conscientes?
Harry
: En tant que millénial et afro-montréalais, je peux dire qu'une des raisons que nous sommes plus conscient.e.s est qu’on ne se fie plus qu’aux médias traditionnels pour s’informer sur ce qui se passe dans notre société. La technologie et les réseaux sociaux nous permettent de partager nos réalités et nos perspectives sans filtre. Grâce à cette forme de sensibilisation, nous sommes en mesure de former nos propres opinions et intervenir sur les choses qui vont à l'encontre de nos croyances.

Contrairement aux générations précédentes, je crois qu’on voit le marché du travail comme un marché pour les travailleurs et travailleuses plutôt qu’uniquement pour les employeurs. On n’a pas de problème à refuser des offres d'emploi de compagnies qui ne reflètent pas nos valeurs. On tient à prioriser notre bien-être, et donc, on se donne le droit de dire non à nos patrons ou même de démissionner, évitant ainsi le surmenage et le stress qu'on a vu nos parents vivre au quotidien.

Chez nwa, on croit à une culture où le sentiment de pouvoir est accessible à tou.te.s et où tout le monde se sent valorisé. Pour nous, c’est en célébrant chaque aspect de son identité qu’on devient maître de son propre épanouissement et pour nous c’est ça ne pas être average. Notre façon de contribuer est en utilisant les médias sociaux pour partager diverses réalités afin de créer un dialogue en communauté.» ajoute Joanna Chevalier, directrice et commissaire de Never Was Average.

On peut lire sur votre site que vos initiatives entraînent les cœurs et les esprits dans des voyages multidisciplinaires et centrés sur l'humain, tout en établissant des relations significatives entre les organisations et les communautés. Pourquoi l’art pour connecter?
Harry
: L'art visuel améliore le bien-être psychologique et physique de plusieurs façons. L'art sous toutes ses formes peut nous faire vivre des expériences mémorables et significatives. L’art nous touche d'une manière émotionnelle, parfois même viscérale. Pour nwa, l'art peut se connecter à certaines parties de l'inconscient et nous ouvrir les yeux sur nos propres vérités, nous offrant de nouvelles perspectives.

Comme la conversation, l'art est une forme d’expression qui nous donne le pouvoir de manifester une réalité qui nous fait sentir bien. C’est pourquoi on met de l’avant des projets artistiques et culturels à fort impact social pour rassembler les communautés entre elles, notamment autour de la représentation positive des personnes racisées dans le domaine des arts et de la culture.


Êtes-vous plutôt verre à moitié plein ou vide face à l’avenir social de la province et des initiatives actuelles d’inclusion?
Harry
: Notre travail consiste à toujours voir le verre à moitié plein, car on ne peut pas inspirer le changement sans l’espoir. 

En quelques mots, quelle est ta définition du bien-être?
Harry
: C’est le processus de se sentir libre et accompli financièrement, émotionnellement, psychologiquement et socialement; en ayant une carrière qui te fullfill et en faisant partie d’une communauté où tu partages un sentiment d'appartenance.

Pour en savoir plus sur les projets et initiatives de Harry Julmice et Never Was Average, visitez neverwasaverage.com.

 


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