Julie Caron-Malenfant (Institut du Nouveau Monde)

Aux urnes, communicateurs!

par Julie Caron-Malenfant (Institut du Nouveau Monde), le 20 septembre 2021


L’air que l’on respire. Voilà quelque chose à la fois vital et invisible. L’exemple parfait de ce qu’on tient pour acquis. Pour autant qu’il soit pur et contribue à soutenir la vie. En cet été 2021, nous constatons pourtant, dans nos propres contrées, que celui-ci est menacé.

Que diriez-vous si je vous apprenais que la démocratie, ce système d’organisation sociale dont nous nous sommes dotés en des temps lointains, est en de nombreux points comparable à cet air qu’on respire ? En 2020, The Economist nous informe que sur près de 200 pays dans le monde, seuls 23 constituent des démocraties complètes. Ou vu autrement, seulement 8 % de la population mondiale vit sous un régime réellement démocratique. Heureusement, nous faisons partie des privilégiés de la planète. Mais peut-on vraiment tenir cela pour acquis ?

Alors que la campagne électorale municipale s’organise, il y a de quoi s’inquiéter. Selon Élection Québec, 66 % de la population qui pouvait voter a exercé son droit de vote aux élections provinciales de 2018. Aux dernières élections municipales en 2017, la donnée est encore plus effrayante. Plus d’une personne sur deux n’a pas voté (taux de participation de 45 %). Si tout système est aussi fort que son plus maillon le plus faible, notre démocratie fait piètre figure.

Qu’est-ce qui cloche ? Les études se multiplient. Cynisme, baisse de confiance, sentiment que son vote ne compte pas. Ce décrochage électoral ne peut pas nous laisser indifférents. Pourtant, malgré ces données pour le moins inquiétantes, j’entends régulièrement des amis ou dirigeants d’entreprise que je côtoie me dire : nous ne voulons pas nous mêler de politique. Ma traduction : je ne veux pas me mêler de politique… partisane. Or, la démocratie est tout, sauf partisane ! Comment des gens si éduqués font pour confondre ces deux choses pourtant si distinctes ? Peut-être, car on n’a jamais pris le temps de bien se former à la chose politique ? Car la politique est subversive, taboue ?

Je rêve du jour où parler de démocratie n’aura pas l’effet d’une douche froide ou a contrario, du feu qui brûle et qu’on doit éteindre à la moindre manifestation.

L’éducation politique est une responsabilité collective. Nous avons tous la possibilité de passer de figurant à acteur, comme citoyennes et citoyens d’abord, et comme personnes qui avons la chance de nous adresser à de larges auditoires. Comme spécialiste des communications, il est possible de contribuer positivement sans polariser, et sans prendre parti. Mais comment s’y prendre ? En s’attaquant à quelques mythes tenaces.

Le plus évident
Pourquoi ne pas commencer par le plus évident ?

Comme je le disais, la démocratie, c’est « le pouvoir du peuple, le gouvernement du peuple ». C’est donc le « peuple qui choisit ceux qui le gouverneront ». Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’Assemblée nationale du Québec. Bien que ceux qui aspirent à gouverner choisissent souvent de se regrouper sous la bannière de partis politiques, rien ne les y oblige. On voit souvent des candidates et candidats indépendants se présenter à tous les paliers de gouvernement.

Pour rendre la chose moins théorique, on peut prendre la question à l’envers. Qu’est-il du contraire de la démocratie ? Les synonymes sont nombreux. Dictature, absolutisme, despotisme, autocratie, fascisme. Ces notions vous semblent abstraites ? Pas toujours. Vous-mêmes, voire des proches ou des collègues, avez peut-être des témoignages à nous livrer, pour avoir fui des pays où la démocratie n’existe que dans les livres. Pour les personnes qui ne l’ont jamais connue, ou qui l’ont perdue (Oui ! Oui !, ça se peut), démocratie rime pourtant avec des choses qui nous paraissent pourtant évidentes ici : liberté d’expression, respect de la personne, liberté de mouvement, d’association, etc.

Quel mythe aimeriez-vous qu’on déboulonne ensemble ?
Écrivez-moi à [email protected]

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