Aurélie Ponton (Dialecto Web)

Pourquoi le rédacteur a-t-il peur du web?

par Aurélie Ponton (Dialecto Web), le 25 mai 2012


LES CHRONIQUES DE L'[email protected]

par Aurélie Ponton, présidente de Dialecto Web, 514-845-9191

Souvent, il m’arrive de me dire que j’ai eu bien de la chance de démarrer dans le métier en touchant directement au Web. Les moments où je me le dis le plus, c’est lorsque je discute avec des concepteurs-rédacteurs davantage versés dans les formats imprimés.

C’est précisément à des moments comme ceux-là que je me dis que je suis tombée à la bonne place et surtout, surtout, au bon moment.

Mais pourquoi est-il difficile, pour un rédacteur plus traditionnel, de faire le pont vers le Web?

De la prose à un style concret pratique
Pour ceux qui ont la chance de frayer avec des experts de l’écriture, vous remarquerez qu’il est très agréable de les lire. Ils ont une maîtrise des mots déconcertante qui leur permet de faire d’un texte, à peu près n’importe quoi. Toutefois, en Web, pas de temps pour les valses linguistiques! Il faut du concret, de rapide. Il faut un contenu qui puisse être davantage technique et orienté vers une action précise. Pour un concepteur plus prosaïque, c’est un deuil certain à faire.

D’un environnement unidirectionnel à bidirectionnel
Bon, je ne réinvente pas la roue en vous apprenant que l’environnement Web, c’est quelque chose d’unique. D’unique et de plus en plus omniprésent. Le consommateur qui consommera un contenu radio ou TV n’aura pas la possibilité d’engager une conversation avec la marque. Il prend ce qu’on lui dit et n’a pas droit de parole (si l’on peut dire). Toutefois, en Web, c’est quelque chose de bien différent. C’est donc une tout autre façon d’écrire et de concevoir. Ça nécessite une autre façon d’intercepter les réactions. Disons que ça demande une adaptation.

Une rapidité de consommation des contenus
Le rédacteur qui produira des contenus pour une campagne TV ou encore pour des spots radio aura, pour habitude, de produire selon des cycles. En effet, les campagnes offline ont quelques semaines de cycle de vie. Toutefois, quand il est question des médias Web, il faut produire plusieurs fois par semaines et même, parfois, plusieurs fois par jour! Nous parlons d’une rapidité de consommation des contenus bien supérieure qui peut, c’est certain, freiner quelques concepteurs ayant fait leurs classes dans le traditionnel.

Beaucoup de compétences complémentaires
En plus des points mentionnés ci-haut, il faut également mentionner que le rédacteur qui veut faire le saut dans le Web se doit d’ajouter quelques cordes à son arc... qui n’ont, apparemment rien à voir avec la rédaction (d’un premier coup d’oeil). Je parle ici du référencement organique (le bon vieux SEO), de l’architecture de l’information, de l’ergonomie, de l’intégration (avoir un minimum en HTML est pas mal indispensable), etc.

En conclusion?
Je dirais, pour conclure, que je suis, encore une fois, contente d’être tombée dans l’industrie au bon moment. Je peux aisément concevoir qu’il n’est pas facile, pour un professionnel d’expérience, de devoir revoir presque de fond en comble les fondements de sa pratique.

On lui demande non seulement d’ajuster (beaucoup) sa façon d’écrire, mais aussi de devoir composer avec une foule de nouvelles notions et de réalités. De senior, il doit souvent reprendre la casquette de junior, afin de se faire expliquer les "nouvelles façons de faire".

Conclusion? Apprendre le Web doit demander, aux rédacteurs traditionnels, une sacrée dose d’humilité. Toutefois, c’est souvent suite à cet apprentissage que l’on voit naître, en ces rédacteurs, des bêtes linguistiques tout à fait redoutables sur Internet!


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