Jean-Michel Nahas (Casacom)

COVID-19: comment intéresser les médias?

par Jean-Michel Nahas (Casacom), le 30 avril 2020


Cet article a précédemment été publié sur le blogue de Casacom.

« C’est le monde à l’envers ! On traite de sujets qu’on ne couvrirait jamais en temps normal ». Cette confidence d’une journaliste de La Presse résume bien l’état d’esprit de ceux et celles qui nous informent au quotidien. Approcher les médias ces jours-ci requiert plus que jamais doigté et sensibilité. Pour mieux comprendre ce qui a changé depuis le début de la crise, nous avons recueilli le point de vue de journalistes de plusieurs secteurs. Voici ce qu’il faut savoir pour demeurer pertinents et éviter les faux pas.

Le terrain a la cote

Les journalistes se butent ces jours-ci à un enjeu de taille : ils réalisent la plupart de leurs entrevues au téléphone. Victimes du confinement quasi généralisé, ils se sentent loin de leur lieu de prédilection, le terrain. « Toutes les visites qu’on peut faire en personne valent leur pesant d’or », nous dit un journaliste de Montréal. Plus les jours passent, plus la pandémie repose sur des chiffres, des statistiques et des modélisations. « On manque d’humains qui nous parlent en vrai et nous exposent leur point de vue », ajoute ce reporter. Les organisations qui peuvent accueillir un représentant des médias — avec les protections d’usage — ont plus de chance de faire parler d’elles. « Tu as 1000 points de plus si ton sujet est assorti d’un témoignage sur le terrain », commente une recherchiste.

Besoin de positivisme

Le traitement médiatique de la COVID-19 oscille souvent entre incertitude, angoisse et contraintes. Plus la crise évolue, plus le besoin d’insuffler de l’espoir se fait sentir. « Les sujets autour de l’entraide sont particulièrement populaires », affirme une journaliste d’un quotidien montréalais. Dons divers, fabrication de matériel d’urgence et chaînes de solidarité variées — des sujets qui génèrent tout au plus des entrefilets en temps normal — captent aujourd’hui l’intérêt. « On veut parler de solutions, montrer le bon côté de l’humanité. Même les scandales sur lesquels les chroniqueurs déchirent habituellement leur chemise sont relégués au second plan », ajoute cette journaliste.

Instantanéité accrue

Sauf exception, le cycle des nouvelles ne dépassait pas quelques heures avant la pandémie. Ces jours-ci, on nage encore plus dans l’instantanéité. Les thèmes couverts se succèdent sans répit et les angles deviennent rapidement caducs. Les journalistes doivent constamment se renouveler pour maintenir l’intérêt du public. « Impossible de vendre aujourd’hui un sujet sur les meilleurs conseils pour mieux télétravailler, tout a été dit, on est ailleurs », cite en exemple une journaliste pigiste. Idem pour les nouvelles traitant d’entreprises qui réorganisent leurs installations afin de soutenir la production d’équipements de santé. « Bauer a été l’une des premières organisations à annoncer qu’ils allaient fabriquer des visières médicales, la couverture a été importante parce qu’ils ont rapidement communiqué. Si leur compétiteur avait fait une sortie similaire deux jours plus tard, il n’aurait pas eu le même traitement », soutient un journaliste.

Santé et science à l’avant-plan

Parents pauvres dans bien des médias, les articles à connotation scientifique connaissent un regain de popularité. Les journalistes recherchent des nouvelles sur le sujet en lien avec la pandémie ainsi que des sources crédibles pour commenter les nombreuses données autour de la pandémie. Les chercheurs et experts techniques deviennent des intervenants encore plus prisés. « Les lecteurs en redemandent », remarque une journaliste.

Pertinence et personnalisation

Les angles de traitement ne manquent pas. Une journaliste confie qu’elle ne regarde plus comment les médias compétiteurs couvrent le sujet tant les histoires abondent. Pour les relationnistes, il devient plus crucial que jamais d’affûter ses approches et de présenter une offre clé en main. « Je refuse des sujets qui feraient normalement la manchette, explique une journaliste. Le témoignage offert doit être exceptionnel ou apporter un regard complètement neuf pour que je m’y intéresse. » La patience et la créativité sont donc de mise.

Les yeux rivés sur la courbe

Tant que la contagion progressera, les journalistes couvriront assidûment la pandémie. « On suit la courbe au jour le jour », confie une journaliste, ajoutant que l’atteinte d’un plateau et la décroissance qui suivra ouvriront la porte à de nouveaux sujets dans l’actualité. Un journaliste souligne le manque de sensibilité de certaines entreprises ou firmes de communication qui proposent des histoires sans aucun lien avec la pandémie, avec une connotation commerciale de surcroît. « Il y a de l’opportunisme et des maladresses, dit-il. C’est malheureux, parce qu’on va s’en souvenir et ça va finir par nuire à ces organisations. »

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