Gilber Paquette (Hebdos Québec)

Culture et tolérance des Québécois

par Gilber Paquette (Hebdos Québec), le 7 octobre 2011


Immigration. Homosexualité. Vieillissement. Ces thématiques interpellent et bouleversent les Québécois dans leurs valeurs les plus intrinsèques. Leur ambivalence est palpable à l’égard des personnes de cultures étrangères, alors qu’un certain malaise plane toujours autour des relations amoureuses entre personnes de même sexe.

Autant d’informations précieuses qu’Hebdos Québec dévoile aujourd’hui, données recueillies avec le souci de connaître davantage les 4 millions de personnes qui, chaque semaine, lisent le journal hebdomadaire de leur communauté.

La firme Léger Marketing a été mandatée pour évaluer l’opinion publique québécoise à propos de plusieurs enjeux et faits de société dans le cadre de la 3e édition de l’enquête sociale Découvrez le vrai visage du Québec. La cueillette des données s’est déroulée entre le 30 avril et le 29 juin 2011, auprès de 29 000 adultes de 18 ans et plus, vivant dans 150 localités.

La culture la tolérance chez les Québécois est le deuxième de quatre volets scrutés par cette vaste enquête.

L'immigration en mal d’amour
Le Québec a besoin d’immigrants pour assurer sa pérennité, c'est bien connu. Qu'à cela ne tienne, il y a légèrement plus de Québécois qui considèrent comme une menace plutôt qu’un enrichissement l'arrivée de personnes d’autres origines.

Quelque 42% des répondants de l’enquête estiment que l’immigration est une menace pour la culture québécoise. Ce sont les régions de Laval (51%), de Lanaudière (50%) et des Laurentides (47%) qui comptent le plus de personnes craintives face à la solidité de la culture québécoise. Les gens de 40 à 59 ans sont ceux qui se sentent le plus menacés.

Pendant ce temps, 39% des Québécois croient au contraire que l’arrivée d’immigrants de différentes origines ethnique et culturelle est un enrichissement pour notre société. Les régions du Nord-du-Québec (50%), de Montréal (46%) et de Québec (44%) font preuve de la plus grande ouverture d’esprit quand il est question d’immigration. Les 18-39 ans de Montréal sont ceux qui voient le plus positivement l’apport des néo-Québécois à notre société.

Les mariages interculturels assez bien acceptés
Que dire lorsque l’immigration touche directement la cellule familiale? La majorité des Québécois (47%) affirment qu’ils seraient très heureux pour leur enfant s’il annonçait son mariage prochain avec une personne d’origine ethnique différente. C'est en Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine qu’on retrouve le plus grand nombre de réponses positives, avec 53%. Suivent les régions de Montréal avec 51% et l'Outaouais, à 50%.

Personne ne sera surpris d'apprendre que quatre des cinq localités où la réaction des répondants serait la plus favorable au mariage interculturel sont situées sur l’île de Montréal. Les habitants d’Outremont (69%), de Ville Mont-Royal (67%), de Villeray (66%) et du Plateau Mont-Royal (63%) côtoient dans ce palmarès les citoyens de Gaspé, qui détiennent la deuxième place (68%). Les 18-29 ans (68%) et les 30-39 ans (57%) forment les générations des plus ouvertes au mariage interculturel.

Un inconfort est cependant palpable dans la province, particulièrement chez les 60 ans et plus, moins à l’aise avec l’idée du mariage interculturel. À cet effet, 44% des répondants seraient dérangés par l'idée que leur enfant puisse épouser une personne d’une autre origine ethnique, mais respecteraient ce choix. L’embarras est surtout présent dans les régions de Chaudière-Appalaches (49%), de la Mauricie et de Lanaudière (48% les deux).

Seulement 2% des Québécois s’opposeraient à une union interculturelle pour l’un de leurs enfants. C’est dans Lanaudière, à Laval et en Outaouais, à égalité à 3%, que la contestation serait la plus grande. Les résidents de l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, s’objecteraient quant à eux à 10% à ce type de mariage, ce qui en fait la localité la plus réfractaire.

Quelque 38% des répondants seraient bons princes, et accepteraient d’accueillir une vieille personne s'il s’agissait d’une solution de dernier recours.

L’amour qui dérange
L’homosexualité, bien que de plus en plus acceptée dans notre société, dérange encore une partie des Québécois. Ils sont 14% à affirmer qu’ils ressentiraient un certain malaise si un ami du même sexe qu’eux dévoilait son homosexualité. Cet inconfort serait surtout palpable en Abitibi-Témiscamingue, à 20%. Viennent ensuite les régions de Laval et de Chaudière-Appalaches, à 18%. C’est à Gaspé (26%) que les gens se disent le moins confortable avec l’idée, suivis de près par les habitants de Lac-Mégantic et de l'arrondissement de Ville Saint-Laurent, à Montréal, à 25%.

La grande majorité des Québécois accueilleraient positivement une telle nouvelle: 83% des répondants affirment que l’homosexualité d’un ami de même sexe ne changerait rien à leur relation d’amitié. Les Lavallois dans la quarantaine sont les plus ouverts à la question, avec 93% de réponses positives. C’est dans les Laurentides et en Montérégie que les Québécois seraient les plus enclins à maintenir la même relation d’amitié.

Seuls 2% de la population québécoise serait incapable d’entretenir la même amitié après un tel aveu. C'est à Montréal que le malaise est le plus grand sur cette question, particulièrement dans le quartier Rivière-des-Prairies (9%) et à Montréal-Nord (9%).

Les Québécois qui ressentent une forme de malaise face à l’homosexualité sont plus susceptibles de trouver que l’immigration représente une menace pour la culture québécoise. Alors que 42% des gens voient dans l’immigration une menace à la culture québécoise, cette proportion passe à 51% chez les répondants qui ne pourraient accepter l’homosexualité d’un ami ou qui en ressentiraient un certain malaise.

La suite…
Ne manquez pas dans quelques jours le prochain volet de l’enquête Découvrez le vrai visage du Québec, où il sera question de l’état d’âme des jeunes.


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