Dan Nielsen (Attitude Marketing)

Ce que les acheteurs pensent des transformateurs alimentaires

par Dan Nielsen (Attitude Marketing), le 5 mars 2018


La bonne nouvelle, c’est que les consommateurs disent faire généralement confiance aux transformateurs alimentaires. Toutefois cette confiance demeure fragile.

aliments

Attitude Marketing et L’actualité ALIMENTAIRE ont réalisé une étude en deux phases auprès des consommateurs québécois. En premier lieu, ils ont réalisé un sondage sur les perspectives des acheteurs québécois à l’égard des transformateurs alimentaires.

Cette recherche a été réalisée à l’automne, en ligne, auprès de 500 répondants provenant des quatre coins du Québec. Seuls des gens identifiés comme étant « la personne qui fait l’épicerie au sein du ménage », ou qui « partage cette activité avec un autre membre du ménage », ont pu participer. Voici quelques faits saillants de cette première phase. La deuxième phase, prévue cet hiver, présentera des entrevues réalisées avec des consommateurs à la sortie des épiceries, comme complément à l’enquête. Les résultats de cette deuxième phase seront compilés et présentés aux participants dans le prochain numéro.

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UNE CONFIANCE ENVERS LES TRANSFORMATEURS, MAIS...

La bonne nouvelle, c’est que les consommateurs disent faire généralement confiance aux transformateurs alimentaires. Toutefois cette confiance demeure fragile. Les jeunes clients ont plus de préoccupations envers la transformation des produits qu’ils consomment, que les acheteurs plus âgés.

Lorsqu’on leur demande si, selon eux, les transformateurs se préoccupent de leur santé nutritionnelle, seulement 37 % des personnes sondées répondent par l’affirmative. La majorité est sceptique. Chez les plus jeunes, la méfiance est encore plus présente avec 27 % des 18-34 ans qui se disent en accord.

« C’est quand on commence à creuser que les alarmes se mettent à sonner », ajoute Dan Nielsen, président d’Attitude Marketing et conseiller sénior sur l’étude. « Les résultats nous indiquent qu’en général, les Québécois ne sont pas mécontents des transformateurs et ne leurs prêtent pas de mauvaises intentions, toutefois comme mentionné précédemment, la confiance c’est fragile. »

Une majorité des participants se sont dits en accord avec les propositions suivantes :

« Nous devons nous méfier de ce que les transformateurs revendiquent sur leurs produits » (56 %);

« Nous avons de sérieux problèmes de transparence dans l’industrie alimentaire » (55 %); et

« Les transformateurs de nourriture “trichent” sur les ingrédients pour augmenter leurs profits » (55 %).

Seulement 42 % croient que la qualité de la nourriture qu’ils achètent aujourd’hui est meilleure que celle de leur jeunesse. Lorsque les groupes d’âge sont comparés, seulement 36 % des 18-34 ans sont d’accord avec cette affirmation.

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PERCEPTIONS SUR L’ALIMENTATION

Comment interpréter de tels résultats? Selon moi, c’est une question de perception. Les consommateurs se retrouvent face à trop d’information conflictuelle et ça crée parfois de l’incertitude.

Regardons l’exemple de la sécurité alimentaire : les 18-34 ans sont plus susceptibles de penser que la sécurité alimentaire est un avantage pour les transformateurs artisanaux alors que pour les plus de 55 ans, ils sont surtout enclins à pencher vers les marques nationales (industrielles). Qui a raison?

LE DÉSIR D’ÊTRE INFORMÉ

La grande majorité affirme se garder informée sur l’alimentation, allant de 68 % du groupe le plus jeune à 92 % du groupe le plus âgé. Pourtant, 58 % des participants pensent qu’il y a un manque d’information sur les aliments transformés leur permettant de faire des choix éclairés. C’est peut-être une question de communication et du choix des sources d’information de ces groupes. « Les sources d’information peuvent être un facteur important, note Lyne Gosselin, éditrice et présidente d’Édikom. On voit une grande différence entre les façons se s’informer selon l’âge. Les 55 ans et plus ont l’habitude de se tourner vers des autorités crédibles (experts et sources gouvernementales) alors que les 18-34 font confiance aux pairs (bouche-à-oreille) et aux médias sociaux. »

Peu importe les sources d’information, on voit clairement la confusion qui règne parmi les consommateurs. Quand on leur demande s’ils trouvent difficile de savoir ce qu’ils mangent réellement, 46 % répondent oui contre 32 % qui répondent non, et 22 % se disent « indifférents ». On a vu plusieurs réponses comme ça. Certains sont solidement ancrés dans le milieu vers l’indifférence. On dirait parfois qu’ils ne savent plus quoi répondre.

« C’est pour toutes ces raisons que l’industrie de la transformation alimentaire doit faire un travail de fond en améliorant la communication et le dialogue avec les consommateurs, note Mme Gosselin. C’est la seule façon de solidifier la confiance qui est pour l’instant plutôt fragile. »

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