Amour safe, love pluriel·le naît d'une rencontre entre la recherche et le design. Chercheuse collaboratrice de l’Équipe Violence conjugale du RAIV (Recherches appliquées et interdisciplinaires sur les violences intimes, familiales et structurelles) de l'Université Laval, la professeure en design Marie-Pier Lemieux a proposé de transformer des avancées scientifiques sur la violence conjugale chez les populations LGBTQIA+ en une campagne de sensibilisation. La campagne fait le choix de rendre visibles des relations saines, fières et plurielles ; là où les jeunes se trouvent, dans leurs premières relations de couple.
Un projet alliant recherche et création qui change de registre
Au Québec et en Belgique, des équipes de recherche, en partenariat étroit avec des organismes du terrain, avaient produit récemment des recherches importantes et nécessaires sur la violence conjugale chez les populations LGBTQIA+. Des connaissances qui méritaient de sortir des cadres académiques habituels pour rejoindre les personnes directement concernées. C'est ce déplacement qui a été initié dans le projet: transformer cette connaissance en campagne de design, en mobilisant les outils et le langage du design graphique au service d'un enjeu social.
« Le comité avait produit du contenu construit avec rigueur et avec les communautés. Ce que je voulais, c'était qu'on parte de là pour montrer ce à quoi ressemble une relation saine, concrètement, visuellement, dans des contextes où les jeunes se reconnaissent. Rendre visible ce qui est bien, beau et porteur, plutôt que pointer ce qui blesse », souligne Marie-Pier Lemieux, professeure adjointe, École de design, Université Laval.
Trois scènes, trois modèles relationnels
La campagne s'articule autour de trois scènes illustrées, chacune incarnant des compétences relationnelles positives dans des contextes LGBTQIA+ diversifiés :
- Soutien et autonomie, Un couple trans en début de transition
- Respect et sécurité, Un couple bisexuel et pansexuel
- Communication et consentement, Un trouple polyamoureux
Chaque scène fonctionne comme un repère relationnel concret, dans un registre proche des 18-25 ans. Les messages ont été co-construits avec les organismes partenaires..
Une présence numérique sur Instagram et TikTok
Déployée sur Instagram et TikTok (@amoursafeloveplurielle), la campagne s'appuie sur deux micro-sites, un pour le Québec, un pour la Belgique, qui centralisent les ressources et services disponibles dans chaque territoire. Un guide de modération a également été développé pour accompagner la gestion des commentaires sur les plateformes, offrant aux équipes terrain des repères clairs pour intervenir avec justesse auprès des publics rejoints.
Pour assurer le déploiement média de la campagne au Québec et en Belgique, l'équipe s'est associée à Kabane, agence de marque établie à Québec. Une collaboration naturelle pour la professeure, qui a travaillé une dizaine d'années au sein de l'agence.
« Des campagnes comme celle-ci, on n’en voit pas assez. Quand Marie-Pier nous a approchés, c’était naturel de dire oui et de mettre nos ressources au service de cette initiative pour qu’elle soit vue. Pour nous, c’est aussi une façon d’encourager les étudiant·es qui l’ont portée et de faire rayonner les communautés qu’elle rejoint », expliquent Justine Moreaux et Marie-Pier Roy-Dubé, équipe stratégie média, Kabane.
Une mobilisation Québec–Belgique
La campagne a été portée par un comité réunissant des chercheur·euses, des organismes communautaires du Québec et de la Belgique, ainsi que des étudiant·es, uni·es autour d'un même enjeu : promouvoir des relations LGBTQ+ saines auprès des jeunes. Elle est rendue possible grâce au soutien financier de l'Atelier DIR de l'Université Laval et de Tels Quels (Bruxelles). Les recherches qui l'ont nourrie ont été financées par le Fonds de recherche du Québec, l'Agence de santé publique du Canada et dans le cadre d'un projet collaboratif entre le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (Québec) et la Fédération Wallonie-Bruxelles.
« Nos recherches ont mis en évidence que les premières relations amoureuses sont particulièrement à risque de violence conjugale pour les personnes de la diversité sexuelle et de genre, notamment en raison de leur invisibilité dans les espaces publics et du peu de modèles positifs qui leur sont offerts. Pour agir en prévention, avec nos partenaires, il nous a semblé important de miser sur ces aspects », concluent Valerie Roy, professeure-chercheure, Université Laval, et Sylvie Thibault, professeure-chercheure, UQO.






Crédits :
Recherche et direction de projet
Marie-Pier Lemieux, professeure adjointe, École de design, Université Laval
Valérie Roy, Université Laval
Sylvie Thibault, Université du Québec en Outaouais
Kabane, expertise média :
Justine Moreaux, Stratège média numérique
Marie-Pier Roy-Dubé, Directrice de la stratégie, lead média
Équipe créative, École de design, Université Laval
Mélodie Parent, direction artistique et illustration
Laurence Jobin, conception et développement de la landing page
Aurelie Desormeaux, motion design
Étudiant·es contributeur·ices
Samuel Gagné, Université Laval
Cecilia Carotenuto, Université Libre de Bruxelles
Gabrielle Rioux, UQAM
Partenaires communautaires
Philippe Artois, Tels Quels (Bruxelles)
Marine De Tilesse, Tels Quels (Bruxelles)
Céline Mélignon, Tels Quels (Bruxelles)
Audrey Mantha, Centre de Solidarité Lesbienne (Montréal) Sam Asselin-Mailloux, Divergenres (Capitale-Nationale) Mathé-Manuel Daigneault, Interligne (service provincial) Ariane Brodeur-Fakhoury, La Débrouille (Rimouski)
Pierre-Vincent Morvant, RÉZO (Montréal)
Olivia Baker, Fondation Émergence (service provincial)
Soutien institutionnel
Équipe Violence conjugale du RAIV
Atelier DIR, Université Laval
Typographie
Plusieurs polices utilisées dans la campagne proviennent de la fonderie BBB Binary Fonderie (Bye Bye Binary). La typothèque rassemble une collection de caractères post-binaires.