Il n’y a pas si longtemps, l’intelligence artificielle était présentée comme la solution à (presque) tous les problèmes. Productivité, créativité, automatisation, innovation : l’enthousiasme autour de l’IA semblait sans limites.
Mais en 2026, le ton a changé.
Selon une récente analyse de la firme de social listening Infegy, les conversations en ligne sur l’intelligence artificielle n’ont jamais été aussi nombreuses… mais elles n’ont jamais été aussi négatives non plus.
Bienvenue dans ce que certain·es commencent à appeler le « AI hangover ».
Plus de conversations, moins d’enthousiasme
L’étude d’Infegy révèle un paradoxe intéressant : le volume de discussions autour de l’IA continue d’exploser, mais le sentiment positif, lui, est en chute libre depuis 2024.
Au départ, les conversations étaient dominées par la fascination. Les utilisateur·rices partageaient des hacks ChatGPT, des gains de productivité ou des expérimentations créatives. Aujourd’hui, les discussions tournent davantage autour des pertes d’emploi, de la désinformation, de la fatigue technologique et des enjeux éthiques.
Autrement dit, l’IA est passée du statut de « wow » technologique à celui de sujet socialement sensible.
De l’émerveillement à la méfiance
Le rapport souligne notamment une montée des inquiétudes concernant les entreprises derrière ces technologies. Qui profite réellement de l’IA? Qui perd au change? Quels usages sont acceptables?
Certaines controverses récentes ont accéléré cette méfiance : contenus générés sans consentement, utilisation de données protégées par le droit d’auteur, automatisation de postes créatifs ou encore contrats militaires impliquant des entreprises d’IA.
Même sur Reddit, plusieurs utilisateur·rices parlent désormais d’un décalage entre le discours ultra-optimiste de l’industrie et la réalité sur le terrain.
Le syndrome crypto?
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’Infegy observe ce type de trajectoire.
Dès 2023, la firme comparait déjà l’explosion de popularité de ChatGPT à celle des cryptomonnaies et du métavers : une croissance fulgurante suivie d’un essoufflement de l’engagement organique.
Selon leurs données, une part grandissante des conversations autour de l’IA proviendrait aujourd’hui de contenus promotionnels plutôt que d’échanges spontanés entre utilisateur·rices.
La confiance devient le vrai enjeu
Le rapport montre aussi que toutes les entreprises d’IA ne vivent pas la même réalité réputationnelle. Certaines plateformes, moins associées aux controverses, maintiennent des niveaux de confiance plus stables.
Ce qui semble émerger, c’est une nouvelle dynamique où la performance technologique seule ne suffit plus. Les utilisateur·trices veulent désormais comprendre les valeurs, les limites et les intentions derrière les outils qu’il·elles utilisent.
Et pour les marques, cela change beaucoup de choses.
Pendant des mois, intégrer de l’IA dans une campagne suffisait presque à projeter une image d’innovation. Aujourd’hui, ce simple argument techno ne garantit plus l’adhésion du public. Dans certains cas, il peut même provoquer l’effet inverse.
La fin du hype cycle… ou le début de la maturité?
Cela ne signifie pas que l’IA disparaît. Bien au contraire : son intégration dans les outils du quotidien continue d’accélérer.
Mais la relation du public avec l’intelligence artificielle semble entrer dans une nouvelle phase plus critique, plus nuancée et probablement plus réaliste.
Après l’euphorie vient souvent la maturité. Et pour l’industrie de l’IA, le prochain défi ne sera peut-être pas de créer des outils plus puissants, mais plutôt de reconstruire la confiance.

Source : Infegy
Mots clés associés : Intelligence Artificelle