Des employé·es ont signé des pétitions contre la surveillance alimentée par l’IA et tentaient de comprendre qui avait été congédié mercredi, alors que le géant de la Silicon Valley accélère sa transformation vers une entreprise centrée sur l’intelligence artificielle.
Depuis plusieurs semaines, l’ambiance est tendue chez Meta. En avril, l’entreprise avait annoncé que 8 000 personnes, soit environ 10 % de ses effectifs, seraient licenciées le 20 mai dans le cadre d’une réorganisation axée sur l’IA. Quelques jours plus tard, 7 000 autres employé·es apprenaient qu’il·elles seraient réaffecté·es à de nouvelles initiatives liées à cette technologie.
Mercredi, les mises à pied ont commencé à tomber à travers le monde. Des salarié·es ont échangé des messages inquiets, consulté les répertoires internes pour voir qui avait disparu des équipes et multiplié les réactions sur les forums internes.
L’entreprise, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, illustre de plus en plus une réalité qui gagne l’industrie technologique : des emplois sont supprimés au nom de l’IA, parfois par les mêmes équipes qui contribuent à développer ces outils. Ces dernières semaines, Cisco, Microsoft, Block et Coinbase ont aussi annoncé des compressions ou des restructurations liées à l’intelligence artificielle.
Mark Zuckerberg poursuit pour sa part une vision ambitieuse autour de la « superintelligence », une IA capable d’agir comme assistant personnel ultime. Meta prévoit investir entre 125 et 145 milliards de dollars cette année, principalement dans ses infrastructures et projets liés à l’IA.
En interne, cette transition suscite toutefois beaucoup d’anxiété. Malgré des revenus records annoncés récemment, plusieurs employé·es remettent en question la nécessité des coupures. Des pétitions circulent également contre de nouveaux programmes de collecte de données internes servant à entraîner les modèles d’IA de l’entreprise.
« L’IA est un train lancé à toute vitesse, mais l’avenir n’est pas encore écrit », aurait notamment écrit un ingénieur logiciel dans un message interne relayé par plus de 2 000 collègues.
Source : The New York Times