Alors que les guides pour «maîtriser l’IA» se multiplient à vitesse grand V, un nouvel ouvrage propose une approche différente : arrêter de traiter l’IA comme une machine distributrice de réponses et commencer à dialoguer avec elle.

Dans un article publié par Creative Review, le média s’intéresse à PromptED: How to Create and Communicate with AI, un livre signé par Antti Innanen, fondateur de la firme de design juridique Dot et cofondateur du cabinet-conseil en IA Legit.

Son constat est simple : les meilleurs résultats en IA ne viennent pas nécessairement des «bons prompts», mais plutôt de la capacité à entretenir une conversation, à itérer et à réfléchir avec l’outil.

De la commande au dialogue
Selon Innanen, plusieurs utilisateur·rices abordent encore l’IA comme un guichet automatique : on entre une demande, on attend une réponse parfaite. Or, cette logique montrerait rapidement ses limites.

L’auteur propose plutôt de voir l’IA comme un partenaire de réflexion. Une approche qui s’inspire directement du design thinking : tester, ajuster, reformuler, challenger les réponses et laisser place à l’exploration.

Dans cette optique, le rôle du prompt change complètement. Il ne s’agit plus d’écrire une formule magique, mais de structurer un échange.

Creative Review souligne d’ailleurs que le livre évite volontairement les recettes toutes faites ou les listes de «100 prompts parfaits». À la place, Innanen cherche à comprendre ce qui distingue réellement les personnes qui travaillent bien avec l’IA : leur manière de penser, de cadrer un problème et d’itérer.

Une approche qui parle particulièrement aux créatif·ves
Le parallèle avec les processus créatifs n’est pas anodin. Innanen estime que les designer·euses et les créatif·ves possèdent déjà plusieurs réflexes utiles pour collaborer avec l’IA : accepter l’imperfection, tester rapidement et comprendre que la première version n’est jamais la bonne.

Cette idée rejoint aussi plusieurs recherches récentes sur l’écriture assistée par IA. Une étude publiée sur arXiv note que les auteur·rices qui utilisent l’IA de manière intentionnelle l’intègrent davantage comme outil de collaboration que comme remplaçant créatif.

Même constat du côté de la recherche sur le «prompt engineering», qui décrit désormais cette pratique comme une véritable compétence créative nécessitant expérimentation et apprentissage.

L’humain demeure le filtre
Malgré son enthousiasme pour l’IA, Innanen ne tombe pas dans l’utopie technologique. Le livre aborde aussi les biais, les hallucinations, les enjeux éthiques et la question du droit d’auteur.

Pour lui, la valeur humaine réside moins dans la production brute que dans le jugement : savoir reconnaître ce qui mérite d’être conservé, peaufiné ou rejeté. En d’autres mots, le goût, l’intuition et la capacité à donner du sens restent profondément humains.

Et c’est peut-être là que réside le principal changement de paradigme : l’IA ne remplacerait pas la réflexion créative, mais modifierait la manière dont on réfléchit.

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