Année après année, le concours Idéa s’impose comme un véritable baromètre de la créativité d’ici. Porté par l’Association des agences de communications créatives (A2C) en partenariat avec la Société des designers graphiques du Québec (SDGQ), il met en lumière ce qui se fait de plus pertinent, audacieux et efficace dans l’industrie.
À l’occasion de cette nouvelle (et déjà septième) édition, le Grenier vous invite à ses désormais traditionnels «Brin de jasette» avec les président·es des jurys — Création publicitaire, Craft/Production, Produits et expériences numériques, Design, Résultats d’affaires et stratégie, ainsi que Média. Au menu : un accès privilégié aux coulisses des délibérations!

Sous la présidence de Sann Sava, cheffe de la création et fondatrice de Nosolo, le jury a reconnu les concepts créatifs les plus innovants de la dernière année.
Composition du jury Création publicitaire d’Idéa 2026 :
- Sann Sava, Cheffe de la création et fondatrice, Nosolo (présidence)
- Sarah-Catherine Lacroix, Directrice de création adjointe, Bleublancrouge
- Alice Gendron, Conceptrice-rédactrice, BonClub
- Richard Rochette-Villeneuve, Vice-président, création, Cossette
- Marc Guilbault, Directeur de création, LG2
- Jean-François Béliveau, Directeur exécutif de la création, marque et communication, Pigeon
- Nicolas Labbé, Directeur de création adjoint, Rethink
- Marty Martinez, Chef de la création, TANK Worldwide
- Alexandra-Julie Poirier, Directrice de création, TBWA Canada
- Camille Forget, Directrice artistique

Grenier aux nouvelles : Y a-t-il une approche, une posture ou une tendance qui s’est particulièrement démarquée dans les projets soumis à Idéa 2026?
Sann Sava : Les catégories d'activation ont été particulièrement populaires cette année. Que ce soit avec des campagnes d’envergures ou des plus petites campagnes, il y avait souvent un événement de marque, une activation terrain ou une bonne utilisation des relations publiques pour amplifier l’idée.
GAN : Qu’est-ce qui a le plus retenu l’attention du jury dans les dossiers — un détail, un réflexe, une qualité qu’on retrouve chez les meilleurs? Et à l’inverse, quel piège revient encore trop souvent dans les soumissions?
SS : Les meilleurs maîtrisent autant l’idée que la façon de la raconter. En tant que juge, on regarde plusieurs fois les case study et certains d’entre eux ont le pouvoir de nous divertir à répétition. Le point commun des bons cas, c’est évidemment le bon storytelling et le craft, mais aussi le choix de la musique et le sound design.
Le piège qui revient est la difficulté à trouver l’information. Parfois, même en épluchant les pièces et en lisant les descriptions, ce n’est pas clair. Une astuce serait de soumettre votre matériel à une personne qui n’a jamais entendu parler de votre projet et de voir si elle comprend tout ce que vous désirez qu’un jury comprenne.
GAN : Comme présidente de jury, quel a été le plus grand défi dans votre rôle : aligner les visions, trancher, ne pas pouvoir débattre?
J’ai eu la chance d’avoir un jury exceptionnel. Le mélange des expériences, des cultures, des langues, des âges et des origines a provoqué de très beaux échanges. C’était un privilège à écouter.
Je leur avais partagé ma vision en 3 points : être attentifs à la catégorie, être généreux, et faire confiance à leur jalousie. J’aurais pu leur donner des filtres comme : est-ce que c’est clair, pertinent, mémorable, courageux, et ce que l’insight est bon, etc. Mais je voulais leur donner quelque chose de plus empathique. Je voulais qu’ils imaginent le brief et qu’ils se demandent s'ils auraient aimé avoir cette idée. Je peux vous dire que ça a beaucoup jasé de jalousie durant les débats.
GAN : Qu’est-ce qui fait basculer un projet de «bon» à «vraiment marquant» lors des délibérations?
SS : Le niveau était vraiment haut cette année. La plupart des projets étaient bons, certains avaient des éléments exceptionnels et, dans plusieurs cas, tout était exceptionnel. Il y a eu des décisions crève-cœur et des pièces ont changé de places sur le podium à plusieurs reprises. On en a déplacé certaines pour pouvoir mieux les récompenser dans d’autres catégories. C’est vraiment tout un casse-tête d’arriver à un palmarès faisant l’unanimité, mais bonne nouvelle, on l’a fait!
GAN : Une anecdote, un moment marquant ou un fun fact des délibérations à partager ?
SS : La plupart des juges ne se connaissaient pas personnellement, c’était vraiment plaisant de constater en direct les liens qui se tissaient. En plus, comme il n’y avait pas de gros égos autour de la table, tout le monde était à l’aise de donner son opinion, que ce soit durant les journées de délibérations avec l’A2C ou, le dernier soir, en buvant du Mezcal dans un speakeasy du Vieux-Montréal.
GAN : Et finalement, comment l’IA a changé la «game» créative ?
SS : L’AI n’a pas du tout été au cœur de débats. Le jury s’est focalisé sur la grande idée et sur la jalousie qu’elle leur provoquait. Les moyens pour y arriver n'étaient pas tant un enjeu.
Merci Sann!